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Diversité

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Diversité

Mais cette bonne impression initiale ferait vite place à la perplexité, car la connaissance la plus intime et la plus étendue de la langue française ne permet absolument pas de comprendre ou de deviner ce sur ce mot désigne. Qui sont ces mystérieux « représentants (ou issus) de la diversité » qui semblent n’avoir ni nom ni identité ? Pour avoir la clé, il faut être familiarisé avec les contorsions verbales auxquelles on se livre, dans le traitement de certains sujets, pour éviter comme la peste d’employer les mots propres.

En fait, on sait bien que ce mot n’est qu’un cache-misère, un voile de pudeur, ou plutôt d’inconscience, jeté sur la réalité pour éviter de la regarder en face et de prononcer des mots qui fâchent : immigrés, musulmans, Africains…, alors que ces mots, après tout, ne sont que des étiquettes objectives, neutres en elles-mêmes. Mais pour ne pas les employer, on les remplace par des substituts si édulcorés qu’ils fournissent une évocation évanescente et abstraite de ce qu’ils sont censés désigner, soit par une ridicule atténuation du sens (incivilités au lieu de violences), soit par une généralisation qui interdit toute représentation concrète (jeunes, minorités visibles).
Comme exemple de cette entreprise de désincarnation, la « diversité » représente un condensé qu’il sera difficile de dépasser. Ce terme totalement abstrait et général, employé dans l’absolu, sans référence explicite à un contexte concret, peut s’appliquer à n’importe quoi, que ce soit dans le domaine humain (diversité des individus, des capacités intellectuelles, des apparences physiques, des conditions sociales, etc.) ou dans tout autre domaine. Si l’on s’avise, de plus, que la notion de diversité, présentée favorablement, est difficilement compatible avec celle de métissage, que les mêmes manipulateurs nous présentent comme un idéal obligatoire pour un avenir radieux, on se dit que les mots français sont réduits au triste état d’ingrédients dans une indigeste bouillie pour les chats.

Cet effet obstiné, quasi pathologique, pour éviter à toute force l’emploi du mot propre relève en fait d’un esprit prélogique, d’une mentalité magique qui s’imagine que les réalités n’existent que quand elles sont nommées et qu’il suffit, par conséquent, de ne pas les nommer pour les escamoter, les abolir, elles et leur cortège de difficultés. Mais l’expérience apprend que les faits sont têtus et que, quand la vérité finit par éclater, elle explose au visage de ceux qui ont voulu la comprimer. Malheureusement, c’est aussi la France tout entière qui sera atteinte par les éclats, d’autant plus gravement si l’on attend plus longtemps.

Retrouvez d’autres définitions dans le dictionnaire de l’UNI, rédigé par le Pr. Jacques Rougeot.

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Publié par Jacques Rougeot

Jacques Rougeot est président du comité d’honneur de l’UNI.

Jacques Rougeot est professeur de langue française à l’université de Paris IV-Sorbonne. Il est l’auteur de Guilleragues Epistolier (thèse de doctorat d’Etat, 1978) et, avec Frédéric Deloffre, de l’édition des Lettres portugaises et autres œuvres de Guilleragues (1ère éd. Librairie Garnier 1962, 2e éd. Droz) et de l’édition de la Correspondance de Guilleragues (Droz ; 1976), de la Contre-offensive (Albatros ; 1974), de Socialisme à responsabilité limitée (France-Empire ; 1981.)

Ses derniers livres sont :

- "Ah ! Laissez-nous respirer ! Contre la censure des bien-pensants"
- "UNI, 40 ans de combats, 40 affiches

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