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Pourquoi les derniers sondages font l’affaire de la gauche ?

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Pourquoi les derniers sondages font l'affaire de la gauche ?

"Les sondages ont cela de commun avec le langage des fleurs que l’on peut leur faire dire n’importe quoi ! ", pourrait-on dire en parodiant Jean Gabin et Michel Audiard dans le Président

L’institut Harris Interactive en publiant à la suite deux sondages, donnant Marine Le Pen en tête du premier tour des présidentielles, a réussi son coup : faire parler de lui ! Pour cela, il n’a pas fait dans la nuance, de l’avis même de ses collègues sondeurs. Ainsi, le directeur de l’institut CSA a dénoncé les méthodes de l’Institut Harris, dans un entretien au journal Libération en date du 7 mars. Pour lui, ce sondage est un coup éditorial "on ment pour avoir de la reprise médiatique". En 2002 et en 2007, ce même institut avait déjà utilisé la même ficelle pour faire monter la cote de Chevènement en 2002 (14 %) et celle de Bayrou en 2007 (25 %).

Les leçons de ce sondage

A 14 mois des présidentielles et alors que tous les candidats ne se sont pas encore déclarés, les sondages ont à peu près la même fiabilité que les prévisions météo à 1 an. Toutefois, ils permettent de souligner quelques tendances ou faits nouveaux.

Le sondage Harris, comme ceux qui l’ont précédé au cours du mois de février font apparaître comme une évidence que Marine Le Pen dispose, aujourd’hui, d’un potentiel électoral plus important que celui de son père, et cela grâce, à la fois, à un traitement médiatique plutôt favorable et à la montée, dans toute l’Europe, de thèmes liés à l’immigration et à la sécurité.

A qui profite ce type de sondage ?

Aux instituts de sondage eux-mêmes, qui espèrent, ainsi, pouvoir nous tenir en haleine durant plus d’un an en vendant aux différents journaux leurs enquêtes quasi-quotidiennes.

Mais aussi à la gauche, qui a tout de suite compris quelles opportunités elle pourrait tirer d’un tel sondage. François Hollande en a profité pour appeler à la recomposition de la gauche…. autour du PS. Naturellement !

La seconde opportunité consiste à utiliser ce sondage pour culpabiliser une partie de la droite en l’accusant de faire "le jeu du Front National", selon la formule bien rôdée par le PS depuis le milieu des années 80. Cette méthode n’est pas nouvelle. Dans les années 70, on l’appelait la subversion, " l’action destinée uniquement à déconsidérer le pouvoir et à détacher de lui ceux qui auraient eu l’intention de le défendre en cas de péril. C’est un ensemble de techniques destinées à affaiblir l’adversaire en sapant les fondements de ses défenses naturelles, mais aussi en tendant à le démoraliser."  [1]

Afin de démoraliser et de faire douter l’électorat et les militants de la majorité, les leaders socialistes se sont relayés dans les médias pour accuser le Président, le gouvernement et la direction de l’UMP d’être responsable de la montée du FN. Dans leurs arguments, le point Godwin n’était jamais loin.

Les socialistes accusent la droite de parler de l’immigration, de l’échec du multiculturalisme, de la sécurité. Comme si ces problèmes n’existaient en France que parce que la droite en parle ! Les socialistes préfèrent ne pas voir que l’ensemble des sociétés européennes sont confrontés aux mêmes sujets et, que le thème de l’immigration est revenu au premier plan des préoccupations des français en raison des conséquences imprévisibles des révolutions arabes. Le déni de réalité leur tient lieu de politique.

Ce que le sondage Harris ne dit pas, c’est que le discours de fermeté tenu par le président et la majorité sur ces différents thèmes commence à produire son effet. Le dernier baromètre SOFRES pour le Fig Mag, montre par exemple que la cote de Nicolas Sarkozy progresse fortement (+ 12 points) au sein de l’électorat du FN. Pour faire baisser le FN, il n’existe qu’une seule méthode : répondre aux préoccupations des français, ne pas craindre de regarder la vérité en face, même quand elle ne fait pas plaisir aux bien-pensants.

Ne soyons donc pas les idiots utiles de la gauche  ! Celle-ci en tentant de faire porter la responsabilité de la montée du FN sur la droite essaie surtout de nous interdire d’aborder certains débats (immigration, identité, sécurité) dans lesquels elle n’est pas à l’aise, et où elle sait que si le gouvernement continue de faire preuve de fermeté, il finira par en récolter les fruits.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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