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Arsouille

mardi 24 janvier 2012, par Jacques Rougeot

Ce nom (généralement employé au féminin) n’a plus guère cours aujourd’hui. Il mériterait pourtant d’être sauvegardé, car il est lié à une décision politique importante prise au cours du XXème siècle. Littré le définit comme le « nom à Paris des mauvais sujet du plus bas étage ». Il est à peu près l’équivalent de voyou.

C’est ce mot que de Gaulle appliquait à Mitterrand. Il est en particulier avéré qu’il l’a employé dans une occasion précise. Lors de l’élection présidentielle de 1965, il avait contre toute attente, été mis en ballotage par Mitterrand.

Il en avait été si ulcéré qu’il avait spontanément envisagé de ne pas se présenter au deuxième tour. Mais c’eût été donner la victoire à Mitterrand. C’est cette conséquence qui le fit changer d’avis, comme l’atteste la phrase par laquelle il s’en est expliqué auprès de son entourage cette conséquence qui le fit changer d’avis, comme l’atteste la phrase par laquelle il s’en est expliqué auprès de son entourage : « Je ne peux tout de même pas laisser la France à une arsouille ! ».

On pourrait peut-être faire observer que Mitterrand ne présentait pas les apparences d’un mauvais sujet « du plus bas étage ». Proposons donc, pour mieux rendre compte de sa personnalité à double face, d’enrichir la formulation gaullienne en reprenant le surnom d’un personnage qui jouait sur les deux tableaux, qui eut son heure de gloire dans les années 1830 et qui, plus d’un siècle plus tard, donna son nom à un surnom populaire, à un film et à un cabaret. On l’appelait Milord l’Arsouille.