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Le Projet de François Hollande va ruiner les étudiants avant de ruiner la France

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Le Projet de François Hollande va ruiner les étudiants avant de ruiner la France

François Hollande a présenté, jeudi 26 janvier, son "programme". Simultanément, le programme a été diffusé sur le site du Parti socialiste. L’UNI, la fédération de la droite dans l’éducation s’inquiète de l’imprécision générale du programme du candidat socialiste et s’interroge : la direction du PS aurait-elle publié le brouillon du programme ?

Un programme inspiré par les vieilles lunes du socialisme

Fidèle aux vieilles lunes socialistes, François Hollande confirme sa volonté d’augmenter massivement les impôts (+ 100 milliards en 5 ans), tout en affirmant que, malgré ce matraquage fiscal, la croissance, comme par magie, augmentera fortement dès 2013. Avec de tels raisonnement, on comprend comment François Hollande est devenu le président du conseil général, le plus endetté de France.

En matière d’éducation, la leitmotiv du candidat socialiste reste la même que celle de tous ses prédécesseurs. Le changement, c’est pour quand ?

Il se contente de proposer la réaffectation de 60 000 postes supplémentaires dans l’Education nationale, comme si les problèmes de l’école pouvaient se résumer à cette seule question. Il oublie, au passage, de préciser, quel secteur fera les frais de ce petit cadeau fait aux syndicats de l’Education. Supprimera t-il des policiers, des juges, des infirmières ?
Pas un mot sur la revalorisation des carrières des enseignants, pas une ligne sur la nécessaire évaluation des enseignants et des élèves, rien sur les programmes, ni sur la violence scolaire. En matière d’éducation, le projet du PS a été écrit avec une gomme. Il n’est fait que de non-dits et d’imprécisions.

Un projet d’allocation d’autonomie qui va appauvrir plusieurs centaines de milliers d’étudiants

Comme, par exemple, lorsqu’il annonce la création "d’une allocation d’étude et de formation sous conditions de ressources dans le cadre d’un parcours d’autonomie ». A qui s’adressera cette mesure ? Comment sera-t-elle financée ?

L’UNI et le MET ont interrogé sur cette question le candidat, sans obtenir de réponse. Comme le dit, Martine Aubry, "quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup". Et ce loup pourrait bien, en réalité, s’attaquer au pouvoir d’achat des étudiants boursiers et à celui des étudiants issus des classes moyennes.

Dans le texte que le PS a adopté en décembre 2010, les modalités de versement de cette allocation ne sont pas plus précises. On peut, notamment, s’interroger sur la nature des critères de ressources qui seront retenus, puisque les revenus des parents semblent exclus. Il est, cependant, affirmé, que cette mesure serait intégralement financée par la fusion de l’ensemble des aides existantes (ALS, demi-part fiscale, bourses, ...), soit 4,54 milliards d’euros.
Si tel était le cas, cela signifierait que l’allocation moyenne ne dépasserait pas 131 euros par mois (ce qui correspond à peine à l’échelon 1 des bourses sur critères sociaux).

Au delà de l’effet d’annonce, la proposition de François Hollande ne sera qu’une mesure de saupoudrage faisant de nombreuses victimes, au premier rang desquels les 373 625 boursiers les plus pauvres, ainsi que les 671 478 étudiants (100 597 d’entre-eux touchent l’APL et 570 881 l’ALS) qui perçoivent les ALS et les APL, dont le montant moyen est de 159 euros par mois. (chiffres de 2009).

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.