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Denis Tillinac évoque la convergence de l’UNI

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Denis Tillinac évoque la convergence de l'UNI

Vu de ma fenêtre.

Fins de cycles


Denis Tillinac le jeudi, 09/02/2012

Les responsables de l’Uni, syndicat étudiant “de droite”, m’ont convié samedi dernier à intervenir lors de leur congrès. Je leur ai dit en gros que la gauche française ressemble comme une soeur un peu débile, un peu fanée, à celle de la fin des années 1960.

J’étais étudiant à l’époque et pour n’être pas réputé complice des CRS, voire de la CIA, il fallait décliner ses quartiers de marxo-freudisme. L’anticommunisme, forcément “primaire”, valait réclusion dans l’enfer des “réacs” ou des “fachos”. Le stalinisme pur sang prenait l’eau et les gauchos se proclamaient “libertaires” mais la dogmatique des trotskistes ou des maoïstes était tout aussi sommaire, brutale et inquisitoriale que celle de Marchais.

Les jeunes de l’Uni sont confrontés au même manichéisme, à cela près que l’utopie, identique sur le fond, est véhiculée par des écolos, des altermondialistes et autres “alternatifs” qui prônent le cosmopolitisme, l’androgynat et l’indifférencié. On y retrouve la même vision à la baisse de l’humain, réduit à ses fonctionnalités, avec la complicité des “sciences humaines”. On y fomente le même propos de socialiser les êtres dans toutes leurs instances, depuis la crèche jusqu’à la maison de retraite. On s’y obstine à diaboliser le dissident pour occulter la réalité. Jadis il était inconvenant de dénigrer Mao, Castro, Marcuse et Reich ; de nos jours, il est malséant de récuser la culture gay, le culte de Bourdieu et l’activisme des “socio-culs” à catogan et oreilles baguées. Jadis l’“impérialisme américain” et son bras armé la CIA étaient les ennemis du genre humain ; aujourd’hui c’est un mixte du sarkozysme et de la “finance”. Marine Le Pen, comme son père, tient le rôle de Satan dans la démonologie théâtralisée par les intellos de l’empire du Bien. Une seule différence : jadis les gauchos croyaient pour de bon aux vertus rédemptrices de la révolution. Les bobos ne croient plus qu’aux aises de leur ego, qu’ils maquillent en progrès “sociétal”. Leur pharisaïsme est au bout du rouleau.

Que la jeune garde de l’Uni ne se laisse pas abuser par les sondages : la gauche française est moralement à sec. Elle ne survit que par les atermoiements de la droite “officielle”. Le moment est peut-être venu d’en improviser une, “officieuse”, pour ensoleiller le débat politique. Il en aurait besoin.

Lire le reste de la chronique sur le site de Valeurs actuelles

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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