Dictionnaire

Normal

Partager cet article:
Normal

Grâce à 18 004 654 électeurs (39,08 % des 46 066 506 inscrits) nous sommes dotés d’un président de la République qui poursuit un idéal. M. Hollande l’a dit lui-même : il veut être un président normal. Que faut-il entendre par là ?

Un complément récent du Littré nous donne la définition la plus nette : « qui n’est ni exceptionnel, ni extraordinaire ». La formule a le mérite d’attirer notre attention sur l’étroite proximité qui existe entre normal et ordinaire. Le Robert précise : « qui est conforme au type le plus fréquent ». Il y aurait donc un type présidentiel fréquent auquel M. Hollande aspirerait à se conformer.

Lorsqu’il a revendiqué sa normalité, M. Hollande voulait essentiellement se présenter comme l’opposé de son prédécesseur, ce qui implique qu’il le considérait comme exceptionnel et extraordinaire. Nicolas Sarkozy ne saurait recevoir d’appréciation plus flatteuse.

En somme, M. Hollande voudrait normaliser la fonction présidentielle. Le Robert nous dit que la normalisation est l’action « de rétablir (une situation) dans l’état antérieur ». L’état antérieur à Nicolas Sarkozy, chacun le connaît. Ainsi se précise et s’incarner l’idéal de M. Hollande : c’est Jacques Chirac. À moins qu’il ne s’agisse d’humour corrézien ou d’un délicat renvoie l’ascenseur.

Quoi qu’il en soit, M. Hollande nous aura prévenu : il ne faut attendre de lui rien d’exceptionnel ni d’extraordinaire. Les Français qui veulent que notre pays s’endorme peuvent compter sur lui pour ne pas les réveiller. Chacun sait que la situation mondiale et d’un calme qui nous permet de nous laisser aller aux délices du sommeil. Sur cette lancée, nous pourrons même aller jusqu’au sommeil définitif. M. Hollande est cohérent avec lui-même : ne se propose-t-il pas d’autoriser l’euthanasie ?

Partager cet article:

Publié par Jacques Rougeot

Jacques Rougeot est président du comité d’honneur de l’UNI.

Jacques Rougeot est professeur de langue française à l’université de Paris IV-Sorbonne. Il est l’auteur de Guilleragues Epistolier (thèse de doctorat d’Etat, 1978) et, avec Frédéric Deloffre, de l’édition des Lettres portugaises et autres œuvres de Guilleragues (1ère éd. Librairie Garnier 1962, 2e éd. Droz) et de l’édition de la Correspondance de Guilleragues (Droz ; 1976), de la Contre-offensive (Albatros ; 1974), de Socialisme à responsabilité limitée (France-Empire ; 1981.)

Ses derniers livres sont :

- "Ah ! Laissez-nous respirer ! Contre la censure des bien-pensants"
- "UNI, 40 ans de combats, 40 affiches