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Le statut d"emploi d’avenir professeur" exclut de facto les étudiants étrangers et viole le principe constitutionnel d’égalité républicaine

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Le statut d"emploi d'avenir professeur" exclut de facto les étudiants étrangers et viole le principe constitutionnel d'égalité républicaine

Lundi 27 juillet, le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a présenté aux organisations étudiantes le projet de loi sur les emplois d’avenir professeur qui doit être présenté mercredi 29 juin devant le conseil des ministres.

L’UNI, fédération de la droite dans l’éducation, demande le retrait immédiat de ce texte qui introduit une double discrimination dans l’accès aux carrières de l’enseignement.

Ce texte exclut, en douce, les étudiants étrangers

Alors que les missions confiées aux futurs "emplois d’avenir professeur" sont comparables à celles des assistants d’éducation, ce futur statut est beaucoup plus contraignant puisqu’il exclut, lui, de facto les étudiants étrangers. En effet, si le projet de loi n’exclut pas explicitement les étudiants étrangers, il leur interdit pourtant dans les faits de prétendre à intégrer ce dispositif en exigeant d’eux qu’ils se présentent " à un concours de recrutement des corps enseignants de l’éducation nationale", concours qui restent réservés aux nationaux et aux ressortissants européens.

L’UNI constate, une nouvelle fois, que le gouvernement Ayrault pratique avec brio le double discours. Après s’être auto-proclamé le défenseur des étudiants étrangers, voilà que le gouvernement les exclut en douce des "emplois d’avenir professeur".

Ce texte viole le principe constitutionnel d’égalité

Pour le gouvernement, les "emplois d’avenir professeur" constitueront également une "filière de pré-recrutement" aux carrières de l’enseignement. Le fait que ces emplois soient réservés aux seuls étudiants boursiers de l’enseignement supérieur qui sont « résidant dans les zones urbaines sensibles, […] ou ayant effectué tout ou partie de leurs études secondaires dans un établissement implanté dans ces zones ou relevant de l’éducation prioritaire » constitue une rupture du principe constitutionnel d’égalité républicaine.

En réservant des emplois dans les établissements scolaires aux seuls étudiants issus de ZEP, ce dispositif introduit une discrimination, que seule la gauche juge positive. Cette soi-disant discrimination positive va à l’encontre du modèle républicain français.

Les étudiants ne pourront accepter que des candidats aux métiers de l’enseignement soient discriminés en fonction de leur seul code postal. L’UNI demande donc au gouvernement de retirer son projet de loi.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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