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Vincent Peillon, la « neutralité » à géométrie variable.

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Vincent Peillon, la « neutralité » à géométrie variable.

Le 12 décembre dernier, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre adresse une lettre à ses chefs d’établissement les invitant à organiser, en lien avec les parents d’élèves, des débats en dehors des heures de classe sur le projet du « mariage pour tous ».

Patient, le ministre de l’Education nationale a attendu le moment le plus opportun, plus de trois semaines après l’envoi de cette lettre, pour médiatiser et adresser à son tour une lettre aux recteurs. Prétextant des risques de dérapages homophobes, il les appelle «  à la plus grande vigilance à l’égard du débat légitime qui entoure le mariage pour tous dans le cadre du projet de loi prochainement soumis au Parlement, notamment dans les établissements privés sous contrat ». Le ministre ne se contente pas de ces sous-entendus. Dans un interview au Monde, il déclare : « Il ne me semble pas opportun d’importer dans l’école le débat sur le mariage pour tous. Je considère même qu’en adressant une lettre aux chefs d’établissement, le secrétaire de l’enseignement catholique a commis une faute. » Cette faute serait de méconnaître « le principe de neutralité. »

La neutralité du service public ne s’applique pas à tous de la même façon.

Vincent Peillon affirme qu’importer ce débat à l’école n’est pas opportun. Il n’a pourtant jamais dénoncé l’intervention de sa collègue du gouvernement Nadjat Vallaud Belkacem qui le 15 octobre dernier faisait la promotion du texte du gouvernement dans un collège du Loiret.

Lors de cette visite de classe, la porte-parole du gouvernement avait évoqué ainsi le projet de loi du gouvernement : "ça veut dire que finalement pourront se marier des gens qui s’aiment, même s’ils sont de même sexe, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent"."Ça va permettre plus d’épanouissement, plus de liberté, plus d’égalité dans la société. Il faut comprendre ça comme une avancée.”

Quant au respect du « principe de neutralité », tous les acteurs de l’éducation ne sont pas logés à la même enseigne. Si le ministre n’hésite pas à rappeler son devoir de neutralité à l’enseignement catholique, alors qu’aucun manquement n’a été signalé, il ne fait pas preuve de la même exigence avec l’association SOS homophobie.

En effet, le tribunal administratif de Paris, dans un jugement du 23 novembre 2012, a retiré à l’association SOS Homophobie son agrément pour intervenir dans les écoles jugeant que le prosélytisme de l’association n’était pas conforme au « principe de neutralité ». Immédiatement, le ministère de l’Education nationale a volé au secours de l’association. Dans un communiqué, le ministère de l’éducation nationale affirme que « ce jugement ne remet pas en question la qualité du travail éducatif de l’association SOS Homophobie. » Sic.

Protégé par le ministre et son administration, cette association continue, malgré le jugement du tribunal administratif, à travailler en étroite collaboration avec le ministère et les établissements scolaires.

Cela confirme que Vincent Peillon a une approche très personnelle de la notion de neutralité, tout comme celle de laïcité à l’école. Pour le ministre, comme il l’a d’ailleurs écrit dans un précédent livre, au cœur du régime républicain, l’école a une importance stratégique. Elle est « aussi un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste. » [1] Selon que vous serez partisans ou adversaires du gouvernement et de ses projets, vous serez ou non soumis au principe de neutralité.

Ainsi dévoyé, le principe de neutralité de l’enseignement n’est qu’un bâillon supplémentaire pour tenter de réduire au silence les adversaires du projet du gouvernement.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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