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De l’école de la République à "l’école des fans"

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De l'école de la République à "l'école des fans"

Vincent Peillon vient de présenter au conseil des ministres son projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école : un titre bien ronflant pour un projet en réalité très plan-plan.

Derrière le vernis républicain affiché par le ministre, on retrouve dans ce projet de loi de programmation les mêmes inspirations syndicales (toujours plus de postes, toujours plus de moyens, refus de l’évaluation) et « pédagogistes » (refus des notes, dilution de l’apprentissage des savoirs fondamentaux, baisse du niveau d’exigence, etc..) qui ont conduit notre système éducatif dans l’impasse.

Depuis 30 ans, la dépense consacrée par les Français à l’éducation a doublé alors que les effectifs d’élèves restaient relativement stables. En 2012, un quart du budget de l’Etat est destiné à l’Education nationale et l’Enseignement supérieur, et près d’un fonctionnaire sur deux travaille pour l’un de ces ministères. Si les résultats de l’école et le bien-être des élèves et des enseignants étaient directement proportionnels aux moyens investis, comme essaie de nous le faire croire le ministre, nos écoles compteraient déjà parmi les plus efficaces du monde. Or, ce n’est évidemment pas le cas.

La racine des problèmes de l’école est à chercher ailleurs. Au fil des années, l’école s’est éloignée de sa mission essentielle, la transmission des savoirs, pour se laisser enrégimenter au service de l’égalitarisme le plus stérile. Le projet de loi proposé par Vincent Peillon persiste dans ces travers qui ont miné notre système éducatif.

Pour l’UNI, fédération de la droite dans l’éducation, ce projet de loi consacre une vision de l’école où la responsabilité des parents, comme celle des élèves, est réduite à la portion congrue ; où l’apprentissage de comportements citoyens et de nouvelles « disciplines » comme l’éducation à la sexualité, l’enseignement de la morale, les parcours d’éducation artistique et culturelle viennent concurrencer l’apprentissage des savoirs fondamentaux.

C’est un projet de loi qui contrairement aux apparences et aux déclarations du ministre tourne le dos aux fondements et à l’exigence du projet de l’école de la République pour lui préférer ceux de la célèbre émission « l’école des fans », dans laquelle, quelle que soient les efforts et les talents des candidats, tout le monde obtient la même chose.

Quant à la méthode du ministre, elle tient plus de l’incantation que de la concertation. Les difficultés rencontrées dans la mise en application de la réforme des rythmes scolaires sont le résultat du manque de concertation et du manque de confiance que Vincent Peillon accorde aux différents acteurs de l’éducation.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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