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Peillon favorable à un « réarmement idéologique » des professeurs. Non à l’instrumentalisation politique de l’école.

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Peillon favorable à un « réarmement idéologique » des professeurs. Non à l'instrumentalisation politique de l'école.

Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur, Vincent Peillon se déclare favorable à « un réarmement idéologique » des professeurs en parlant, notamment du futur enseignement de la morale laïque.

Dans la continuité de Jean Jaurès, Vincent Peillon avait écrit, en 2008, dans son livre La Révolution française n’est pas terminée que la morale laïque enseignée à l’école républicaine « est aussi un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste ». (cf. note du CERU)

Alors que les experts, qu’il avait missionnés, faisant preuve de sagesse, lui recommandaient de ne pas mettre en place un enseignement spécifique de « morale laïque », Vincent Peillon annonce qu’il « veut un enseignement » : « je connais l’Éducation nationale. Si l’on ne consacre pas cet enseignement, si l’on ne lui dédie pas un horaire, si on ne lui fixe pas un programme et une évaluation, si on ne forme pas les enseignants, il ne se fera pas ».

Conformément au projet du parti socialiste adopté dans le cadre de la convention « Pour l’égalité réelle  » en décembre 2011, Vincent Peillon semble bien décidé à utiliser l’école pour livrer une bataille idéologique. Dans son projet, le parti socialiste fixe à l’école l’objectif d’"éduquer pour changer les mentalités et transformer la société". Vincent Peillon ne fait qu’appliquer cette politique, quand, par exemple, le 4 janvier dernier, il donne consigne aux recteurs « de s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités ».

Au nom de la lutte contre les stéréotypes en tous genres, le PS invite également l’école à se mobiliser pour lutter contre les discriminations qui "prennent racine dans les mécanismes de rejet, de domination, qui persistent dans l’inconscient collectif. Les préjugés et les stéréotypes ont la vie dure : le seul moyen de les faire reculer durablement est un engagement politique déterminé de la puissance publique. En agissant sur les représentations, la puissance publique dispose d’un levier fort pour transformer l’égalité formelle en égalité réelle." ( Sic ! ) Quelle belle définition de la propagande !

Comment ne pas s’inquiéter quand on voit la théorie du genre faire son entrée dans les missions de l’Éducation nationale, quand on sait que le ministre veut revoir l’intégralité des programmes scolaires et des manuels ?

Quelle morale sera enseignée ? Quelle garantie de neutralité a-t-on ?

Quand le ministre parle de « réarmement idéologique », on ne peut que condamner ce qui s’apparente à une instrumentalisation politique de l’école et de son enseignement !

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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