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REFORME PEILLON : le retour des péda-gogos ?

vendredi 5 juillet 2013, par Philippe Morel

Refonder l’école : telle est l’ambition affichée par Vincent PEILLON, le pétulant ministre de l’Education nationale, qui emboite ainsi le pas de ses très nombreux prédécesseurs, tous désireux de laisser dans l’histoire la trace de leur bref passage.

Vincent PEILLON n’étonne personne lorsqu’il annonce les mesures composant cette "vaste" réforme ayant pour objectif de "refonder" un ministère dont la déliquescence n’est plus à démontrer, malheureusement. Car ce sont toujours les mêmes recettes dépassées que le sémillant titulaire du maroquin éducatif propose aux foules ébahies. Plus de personnel (pour faire quoi ?), plus de moyens (argent et matériels donnés en offrandes pieuses aux pédagogistes sanctifiés) et des idées "modernes" toujours plus consternantes pour déboussoler des enfants qui n’en ont pas besoin.

Les théories de BOURDIEU, MEYRIEU et DOLTO, ainsi que les pratiques aberrantes issues de la philosophie de l’enfant créateur de son propre savoir, sont remises au goût du jour par leurs représentants planqués à l’Inspection générale de l’Education nationale et par les écologistes, au sein desquels Philippe MEYRIEU tient sa cour.

Les nouvelles âneries de la pseudo "théorie du genre" et de l’anti-sexisme vont pouvoir être dispensées par quelques porte-voix exaltés auprès des enfants, dès le primaire, dans le but avoué de "changer la civilisation" française (dixit PEILLON ou TAUBIRA) et faire de nos très chères têtes blondes de futurs électeurs "de gôche" bêlants et formatés. Car il ne faut pas en douter, le problème à résoudre n’est pas de sortir les trop nombreux élèves en échec de l’ornière, mais bien plutôt de les y enfoncer encore plus en leur bourrant le crâne d’idées absconses, bien-pensantes et débilitantes, pour mieux les utiliser ensuite dans l’isoloir. Tant qu’à faire la dernière chose dont ils soient encore capables, autant préparer les futures générations de frustrés et de déçus auprès desquelles la parole venimeuse de la gauche cynique pourra avoir un impact !

Pendant ce temps-là, personne ne nous explique comment rendre l’efficacité perdue de l’ancienne Instruction publique, alors que se développe de manière étrange un secteur privé de l’enseignement, dans et hors contrat, dont les méthodes plus "traditionnelles" ou "conservatrices" voire "réactionnaires" portent de très nombreux fruits. Bien souvent, ces établissements alternatifs doivent refuser des candidats par dizaines et ne connaissent pas autant de problèmes de discipline et de violence, parce que, justement, la discipline y est assurée par des équipes fortes, soutenues par leur direction et les parents, désireux de donner aux enfants les savoirs et l’instruction que le système public ne peut plus, ne veut plus, ne sait plus, dispenser !

Les englués socialistes dans les difficultés économiques tentent par tous les moyens de donner des gages à leurs soutiens électoraux, et les enseignants sont une base historique des socialistes. Déjà, beaucoup d’enseignants avaient cru que la gauche allait revenir à la retraite à 60 ans, ce qui les arrangeait bien. Ce reniement a été douloureusement ressenti. La droite avait timidement tenté de leur demander des résultats et de modifier leurs méthodes vaines, ce que les syndicats politisés avaient combattu virulemment. Le retour des IUFM baptisés ESPE est un gage donné en tremblant aux péda-gogos courroucés d’avoir été floués. Là encore comme dans d’autres secteurs ministériels, le réel doit le céder à la démagogie et au copinage, et surtout à l’absence totale de responsabilité vis-à-vis des besoins de la Nation.

Messages

  • 20. L’École égalitaire

    La France a toujours cru que l’égalité consiste à trancher ce qui dépasse.
    [Jean Cocteau, Discours à l’Académie Française]

    A propos de l’Égalité dont le beau nom
    Rehausse les plus majestueux de nos frontons,
    Un vieil enseignant retraité
    M’a confié, légèrement désabusé,
    Ce qui suit : « Au temps de l’Instruction Publique
    Et des zélés instituteurs,
    En ces temps où la République
    Avait encore à cœur
    D’apprendre à tous ses enfants, à lire, à écrire,
    À compter et à bien se tenir,
    L’irruption du syndicalisme 1
    Fut, pour notre belle profession, un séisme.
    Il aura dévoyé l’esprit et le génie
    De nos hussards noirs, qui,
    Se haussant au rang de démiurges,
    [Bien que n’étant souvent que moutons de Panurge],
    Se crurent dès lors appelés
    Pour insuffler une délétère utopie,
    Dans de juvéniles esprits.
    Déjà, ajouta-t-il, parmi mes écoliers,
    Certains, voyant poindre l’aube des temps
    Nouveaux, me vantaient ordinairement
    Les bienfaits de la sacro-sainte Égalité.
    Égalité... Le mot magique était lâché !
    Refuge des amorphes et des frustrés,
    Veau d’or d’une falote République
    Phagocytée par sa pensée unique
    Qui demain, allait nous sauver !
    Or, reprit-il, il peut arriver de chuter
    Par cela même qui devait nous élever :
    De nouveaux manuels scolaires
    Rédigés par des mercenaires, 2
    Plutôt équarrisseurs
    Que professeurs],
    Disséquèrent notre passé, notre Patrie.
    Ce qui faisait notre fierté
    Fut critiqué puis rejeté ;
    De reniement en palinodie 3,
    Il nous fallu nous excuser,
    D’être et d’avoir été !
    On nous servit un passé neuf,
    D’une France née en quatre-vingt neuf,
    D’où toute espèce d’élitisme,
    Était honnie, décriée ou bannie.
    Distinctement ou en catimini,
    Un seul mot avait droit de cité : Socialisme,
    Donc ayant maintes fois entendu rabâcher
    Cet incantatoire slogan,
    Je leur déclarais un matin : « Mes chers enfants,
    Prudence est mère de la Sûreté.
    Voyons ce qu’il en est exactement :
    Pour ça, j’ai noté une à une les copies
    De votre dernier devoir, puis j’ai établi
    La moyenne de la classe : Treize sur vingt.
    C’est bien ! En toute et bonne égalité
    Ce sera donc votre note à chacun !
    Ceux qui avaient peu fait, furent enchantés.
    Mais ceux qui avaient travaillé,
    Le furent beaucoup moins.
    Le mois suivant, ceux qui faisaient déjà peu,
    En firent encore moins, trop heureux
    De profiter du travail des bons écoliers ;
    Mais ceux-ci pensèrent : « Pourquoi se fatiguer ? »
    Dès lors ils travaillèrent moins.
    La moyenne en chut de deux points !
    Mois après mois, inexorablement,
    L’effritement s’affirma : Neuf sur vingt !
    Huit sur vingt ! Je dus alors, dit-il souriant,
    Faire face à une fronde ! - Enfin mes enfants,
    Pourquoi en vouloir à votre instituteur,
    Leur dis-je ? Car de quoi avez-vous peur ?
    Vous partagez fraternellement un gâteau,
    Qui bien sûr, sera chaque fois un peu moins gros.
    Mais chacun sait qu’un escalier égalitaire,
    Dont toutes les marches sont au même niveau,
    Ne peut jamais monter bien haut. 4
    Pourtant mes enfants, soyez fiers,
    C’est là, la véritable égalité !
    Et n’est-ce pas ce que vous espériez ?
    Maintenant, si vous briguez la Justice 5,
    Oubliez vos mirages socialistes !
    Pour être juste il faut être équitable ;
    Il n’y a là rien d’effroyable :
    Exécrer le riche 6 ou spolier l’effort,
    N’aura jamais amélioré le sort
    D’un seul indigent, mais à coup sûr, condamné
    N’importe quelle Société
    A la bureaucratie et la médiocrité !
    Furent-ils, par la suite, un peu moins envieux ?
    Conclut-il. Je ne sais, mais, c’est là ma fierté,
    Ce jour-là, quelques-uns d’entre eux
    Auront perçu à quel point cette égalité,
    Tant vantée par la logorrhée marxiste,
    Pouvait être dévastatrice
    Pour le Pays comme pour eux ! »

    Là-dessus mes amis, je me suis éveillé ;
    Oui, Dieu merci j’avais rêvé !
    Car un pays comme ça, ça n’existe pas !
    Car enfin, quel pays pourrait rester longtemps
    Indifférent à l’avenir de ses enfants ?
    Et donc mes amis, aucun doute :
    Un tel mammouth,
    Ça n’existe pas ! Ça n’existe pas !

    Yves Tarantik

    1. « Il faut dégraisser le mammouth. » Claude Allègre Ministre de l’Éd. Nle. [24. 06. 97]. Mais le Mammouth est immuable ! Vidé de son contenu altruiste, le syndicalisme français, s’apparente le plus souvent à une Cosa nostra. Spoliant les uns au profit quasi exclusif des siens. C’est M. Thorez, secrétaire général du P.C. et stalinien bon teint, alors vice-Pdt du Conseil [Le Gouvernement] qui a préparé le Statut de la Fonction Publique. De là découle son obésité croissante et son irréformabilité. Nous en payons les conséquences depuis trois générations.
    « Mammouth », rappelons que seule l’Armée rouge, du temps de l’ex-URRSS, surpassait en nombre les personnels de l’Education Nationale sous un même Commandement !
    2. Mercenaire : Qui ne travaille que pour un salaire. « Les mères n’ont plus voulu nourrir leurs enfants, il a fallu les confier à des femmes mercenaires. [Rousseau].
    3. Palinodie : Désaveu. « Autre temps autres mœurs ! » dit la sagesse populaire. Pourtant nos partisans de la repentance, s’obstinent à blâmer les comportements d’hier avec l’esprit d’aujourd’hui. « J’assume tout, de Clovis au Comité de Salut public... », dit Bonaparte nommé 1er Consul. Lui ne pratiquait pas le tri sélectif : La France, en ce temps-là, devait rester : Une et indivisible.
    4. La métaphore de l’escalier égalitaire est d’André Frossard.
    5. Justice : Vertu qui les contient toutes, dit Aristote.
    6. Quand le riche maigrit le pauvre meurt. [Prov. Chinois] Il ne faut évidemment pas confondre les « riches », créateurs d’industries et d’emplois avec la Haute finance, [La Banque et les puissants spéculateurs], qui font de l’argent avec de l’argent. Ce sont eux, ces changeurs, que le Christ chasse du Temple en les traitant de race de voleurs !

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