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Charte de la laïcité : entre incantations et mauvaises intentions

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Charte de la laïcité : entre incantations et mauvaises intentions

Si face à la montée du communautarisme à l’école, il est important de rappeler certains principes, dont ceux de la laïcité, l’UNI regrette que derrière les incantations de Vincent Peillon, il n’y ait pas d’engagement plus déterminé de la part du gouvernement. Seuls des actes forts et concrets peuvent faire reculer le communautarisme dans nos écoles, comme l’atteste le bon bilan de la loi de 2004 qui avait interdit le port du voile à l’école.

Pour contrer le nombre croissant des revendications religieuses dans les écoles, l’autorité du professeur doit être rétablie. Le professeur est le garant de la laïcité dans sa classe et le premier rempart contre les débordements. Malheureusement le gouvernement fait preuve de schizophrénie sur ce sujet. Le ministère fait mine de renforcer le pouvoir du professeur alors que sa parole est de plus en plus remise en cause au sein même de son établissement, preuve en est : le laxisme et l’extrême tolérance des conseils de discipline à l’égard des élèves perturbateurs.

La laïcité selon Peillon

Par ailleurs, l’UNI déplore la vision politique et idéologique de la laïcité à la sauce Peillon. Quelle sera la teneur de la « pédagogie de la laïcité » si chère au ministre ?

En effet, Vincent Peillon est un ennemi assumé de la religion, spécialement si elle est catholique. En 2008, il affirmait « on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique » et il appelait de ses vœux l’instauration d’une « religion républicaine ». Par ailleurs dans son livre « La Révolution française n’est pas terminée » Vincent Peillon s’inscrivait dans la lignée de Jean Jaurès et écrivait que « la morale laïque » enseignée à l’école « est aussi un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste ».

Ces propos nous feraient oublier que les principales revendications communautaires et religieuses actuelles, telles que l’instauration de cantine confessionnelle ou le port d’attributs religieux en cours, ne sont pas le fruit de l’action des mouvements catholiques.

Les principes de la laïcité peuvent servir de ciment à la communauté éducative à la condition que ces derniers ne soient pas instrumentalisés à des fins idéologiques et partisanes. Au vu des déclarations passées du ministre, nous appelons, parents, enseignants et élèves à la plus grande vigilance.

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Publié par Philippe Thomazo