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L’UNI-MET demande l’ouverture d’un débat sur la sélection à l’université

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L'UNI-MET demande l'ouverture d'un débat sur la sélection à l'université

A l’occasion de cette rentrée universitaire, plusieurs universités ont mis en place des tirages au sort pour sélectionner leurs futurs étudiants. Tout indique que cette pratique pourrait se généraliser à la rentrée prochaine. Face à ce phénomène, la ministre pratique la politique de l’autruche.

En effet, pour des raisons idéologiques, le gouvernement se refuse à aborder la question de la sélection à l’université.

Pourtant, dans les faits, la sélection existe déjà. Mais à défaut d’être réfléchie, elle est subie et des pratiques inacceptables se développent.

Il existe actuellement 2 types de sélection que l’UNI-MET dénonce vivement :

- La sélection par tirage au sort : le comble de l’arbitraire.

Cette sélection a récemment été pratiquée à l’université de Nantes pour la filière STAPS où 25% des candidats ont été recalés sans que leurs motivations ou à leurs aptitudes n’aient été prises en compte.

D’autres universités, comme Montpellier 1, Toulouse 3 (Paul Sabatier), Poitiers ou encore Bordeaux 2 (Segalen), utilisent la même technique.

La présidente de Montpellier 3 envisage même d’étendre cette procédure de sélection à l’ensemble des filières afin de limiter le nombre d’inscrits.

Elle affirme ainsi au journal La Croix :

« Je suis obligée d’accueillir certains jeunes gens qui, après avoir obtenu 0,5/20 la première année et 0,75/20 pour la seconde, s’inscrivent dans la même filière pour la troisième fois… L’an dernier, sur mes 5000 étudiants, 700 ont obtenu entre 0 et 2/20 de moyenne ! Je ne suis pas pour la sélection. Mais il faut regarder les choses en face : beaucoup s’inscrivent à la fac pour avoir un statut, une couverture sociale, éviter le chômage. Ce qui arrange l’Etat… ».
L’UNI MET condamne ce genre de méthode qui revient à jouer à la roulette russe avec l’avenir des étudiants. Comment peut on accepter un système qui rejette aveuglément les étudiants motivés au profit d’étudiants "fantômes" !

- La sélection par l’échec : au prétexte que le bac serait le premier titre universitaire, l’université laisse certains bacheliers suivre une voie qui les conduira à un échec certain.

Ainsi, les titulaires d’un bac pro n’ont que 2,7% de chance d’obtenir une licence en 3 ans et pourtant ils sont de plus en plus nombreux à poursuivre leurs études, notamment à l’université.

L’UNI-MET dénonce l’hypocrisie que représente cette forme de sélection par l’échec, où les étudiants sont volontairement mis en difficulté durant leur première année afin de pousser les plus faibles à l’abandon, faute de pouvoir choisir les profils recherchés dès l’entrée en première année. Tout cela conduit à un important gâchis financier et humain.

Passer de la sélection hypocrite pratiquée par les universités à une sélection assumée plus juste basée sur les aptitudes et les motivations des étudiants.

L’UNI-MET demande donc à la ministre Geneviève Fioraso la mise en place d’un groupe de travail national sur la sélection afin de préparer la rentrée prochaine, d’évaluer les pratiques des universités et de réfléchir aux modifications législatives nécessaires afin de remplacer les pratiques de sélection arbitraires par des procédures plus justes, plus transparentes basées sur les aptitudes et les motivations des étudiants.

De nombreuses pistes peuvent s’ouvrir : développement des tests d’aptitudes à suivre une filière, réforme des procédures de sélection en IUT et BTS afin de sélectionner les bacheliers selon leurs aptitudes et non sur la base de quotas, introduction d’une sélection en M1.

Pour mettre fin à la sélection sauvage et arbitraire qui se développe dans les universités, faute de réelle réflexion sur le sujet, il est urgent d’assumer un véritable débat sur cette question afin de proposer la voie d’une sélection juste et transparente basée sur les aptitudes et les motivations des candidats.

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Publié par JRC