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Université de Strasbourg, des choix stratégiques

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Université de Strasbourg, des choix stratégiques

Lu dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 11 décembre 2013 :

"Si un budget rigoureux, des gels de postes... permettent à l’Université de Strasbourg de traverser ces temps de crise, l’Unistra n’échappera pas à une réforme structurelle. Elle lancera l’an prochain un grand débat pour définir ses choix stratégiques.

Avant la présentation du budget définitif 2014 devant le conseil d’Administration, le 17 décembre prochain, Alain BERETZ, président de l’Université de Strasbourg, s’est fait le chantre, hier, d’une gestion "saine, rigoureuse et transparente".

Saine car l’Unistra fait partie des Universités en France qui ne piochent plus dans leurs fonds de roulement pour boucler leurs fins de mois.

Au 31 décembre 2012, son fonds de roulement était de 34,8 millions. Une somme qui couvre les 27,5 millions d’euros qu’elle doit sortir chaque mois pour payer les salaires. S’il faudra attendre le 31 décembre pour connaître le montant du fonds de roulement 2013, l’Unistra disposait sur ses comptes courants, en novembre dernier, d’une trésorerie de 123 millions d’euros, estime Alain BERETZ.

Des ressources de l’Etat qui ne sont pas à la hauteur

Avec un budget total de 482 millions d’euros, dont 337 millions pour la masse salariale, l’Université de Strasbourg est le troisième employeur du Bas-Rhin.

Elle emploie 4700 personnels permanents, personnels techniques et enseignants-chercheurs, et compte autant d’intervenants extérieurs. Cependant, les ressource de l’Etat pour cette Université de 44000 étudiants "ne sont pas à la hauteur de ce que nous attendons, je suis tenté de dire de ce que nous méritons", estime Alain BERETZ.

Ainsi, l’augmentation automatique de la masse salariale, qui est de 2,5 millions d’euros par an, n’est pas compensée à 100% par le ministère.

Le gros entretien des 110 bâtiments de l’Unistra, qui représentent une surface totale de 660.000 m2, nécessiterait un investissement annuel de 16 millions d’euros. "En 2014, on en mettra cinq", lâche Alain BERETZ.

De même, dans la recherche, les frais d’environnement, les charges supplémentaires liées aux investissements d’avenir, ne sont toujours pas pris en compte par le ministère, alors "qu’un euro récolté à l’extérieur nous coûte 28 centimes". Alain BERETZ a porté ce dossier au ministère. "Les choses avancent, mais avec beaucoup de résistance".

Jouer sur son trains de vie pour équilibrer son budget

Pour équilibrer son budget, l’Université doit jouer sur son train de vie, et notamment sur la masse salariale. "Nous y sommes obligés". Outre le non-renouvellement des CDD, "le gel des postes est notre seule marge de manœuvre. Nous profitons des départs à la retraite. Mais les fonctions de ces personnels sont occupées par d’autres", assure Alain BERETZ. "Nous n’avons fermé aucun diplôme, ni aucun laboratoire. Les efforts sont faits partout".

Pour l’an prochain, 29 postes de personnels techniques et 21 postes d’enseignants-chercheurs devraient être gelés, prévoit Alain BERETZ. Un président qui a tenu à "donner leur vraie signification" aux chiffres avancés par les élus de l’opposition (RDC) et de plusieurs syndicats très critiques à l’égard du budget de l’Unistra. des chiffres "sortis de leur contexte" qui ne tiennent pas compte "des augmentations, ni des diminutions mécaniques". Le soutien à la formation des enseignants est préservé, les dotations aux composantes sont reconduites, assure Alain BERETZ.

Seule certitude, la crise pousse aux économies budgétaires dans tous les pays d’Europe. La France n’est pas la plus mal lotie en comparaison avec la situation que connaissent les universités en Grèce, en Italie, ou même en Angleterre, constate le président de l’Unistra. Avant de prévenir : "On regrettera ces coupes quand on sortira de la crise, car investir dans l’université, c’est investir pour l’avenir".

Pour préparer cet avenir, Alain BERETZ souhaite ouvrir en 2014 un débat sur les réformes structurelles que l’université devra engager. "Nous avons des choix stratégiques à faire pour que nos missions de service public soient préservées. Une réforme qui n’est guidée que par l’argent est une mauvaise réforme".

L’application logicielle Alisée qui "facilite les démarches de nos étudiants, améliore leur suivi pédagogique", sera mise en œuvre en 2015. "Cela vaut la dépense qui est encadrée par un marché public".

Les investissements d’avenir sont un facteur de dynamisme

L’avenir de l’Unistra passe par 58 projets d’investissement d’avenir. Malgré les coûts induits, "Idex est un facteur de dynamisme, qui a permis d’ouvrir de nouveaux champs interdisciplinaires", note Alain BERETZ avant d’évoquer le contrat de site signé cette année entre l’Unistra, l’Université de Haute-Alsace (UHA), l’INSA et la Bibliothèque nationale universitaire (BNU).

"La mutualisation stratégique conduira, je l’espère, à une diminution des coûts de fonctionnement".

Quant au rapprochement avec l’UHA, il n’aura "aucune répercussion financière directe, puisque les budgets sont indépendants".

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Publié par Philippe Morel

Adhérent depuis 1998.

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