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Edito : Après les européennes, la droite doit affirmer ses valeurs

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Edito : Après les européennes, la droite doit affirmer ses valeurs

Les résultats des européennes (abstention élevée + vote FN et FDG) étaient, en réalité, forts prévisibles. La surprise surjouée hier soir par certains commentateurs politiques ne visait qu’à retenir l’attention des « télé-électeurs » tentés de zapper tout cela, en leur offrant, comme dans une mauvaise sitcom, ce qu’il faut de drame et de pathos.

Les Français méritent mieux que cela. Ils attendent surtout autre chose.

Les résultats des élections européennes ne sont pas la conséquence d’un vote d’humeur, d’un simple vote sanction. C’est un vote d’adhésion solide, mais à une posture plus qu’à un projet : celle d’une défiance et d’un profond rejet vis-à-vis de notre système politique et médiatique.

Les Français et spécialement les plus jeunes n’ont plus confiance. 80 % des moins de 30 ans pensent que la situation de notre pays va continuer à s’aggraver au cours des 10 prochaines années, sans que les politiques puissent changer le cour des choses. Ils ne sont d’ailleurs que 2 % à croire encore dans l’engagement politique.

Il n’en faut pas plus pour que la jeunesse française soit qualifiée de pessimiste. En réalité, elle est assez lucide, quoiqu’un peu trop fataliste.

Se défier du système ne suffira pas à le changer

Quand notre pays connaît de grandes difficultés (économiques, sociales et politiques), que ce qui a fait l’essence de notre nation et la spécificité de la « civilisation française » (culture, art de vivre, valeurs) est menacé, rejeter le « système » ne suffit pas. Nous devons trouver en nous la détermination nécessaire pour proposer à nos compatriotes une alternative crédible. En politique, la fatalité n’est souvent que le nom que l’on donne à nos renoncements.

En premier lieu, nous ne pouvons plus accepter que l’on puisse, même sincèrement, confondre la gauche et la droite.

La gauche et le gouvernement qui en est issu ressemblent à une véritable entreprise de démolition. Si nous les laissons faire, rien ne leur résistera : ni notre pouvoir d’achat, ni notre conception de la famille, ni notre ambition pour l’Ecole, ni notre attachement à l’identité séculière de notre patrie, ni le dynamisme de nos entreprises … C’est pourquoi, nous devons continuer à mener une opposition résolue à la politique menée par François Hollande et à l’idéologie promue par la gauche et ses satellites.

Mais la droite doit également faire ses preuves. Elle doit prouver qu’elle est différente par essence de la gauche, que son action est guidée par des principes et de solides valeurs (la primauté de la personne, la liberté, la responsabilité, le sens du devoir, l’enracinement aussi bien au sein de sa famille que de la nation …), et qu’elle préférera toujours la vérité au confort du prêt-à-penser.

Péguy regrettait déjà les lâchetés commises par les Français à cause de la « la peur de ne pas paraître suffisamment à gauche. » Le mal n’est donc pas nouveau, mais avec le temps, il s’est propagé, contaminant toujours plus notre vie politique et culturelle. Nous devons briser cette malédiction qui touche la droite. Ce n’est qu’en réaffirmant avec fierté nos valeurs que nous pourrons réconcilier les Français et la politique.

Ne se tromper ni d’adversaire, ni de combats

Au moment où certains barons de la droite s’apprêtent à sortir leurs épées du fourreau pour les retourner contre leurs « amis », rappelons leur que nos seuls adversaires sont ceux qui affaiblissent la France, au premier rang desquels se trouvent la gauche, mais aussi ceux qui détournent nos compatriotes des efforts dont notre pays a cruellement besoin, par facilité ou démagogie. Désigner des bouc-émissaires ne fait pas une politique.

L’UNI, depuis deux ans, a été le fer de lance de l’opposition. Nous devons également être en première ligne pour imposer à la droite le rassemblement autour de ses valeurs.

En 45 ans, l’engagement dans un mouvement comme l’UNI a toujours été une affaire de tempérament. Du caractère, les nouvelles générations de militants ne devront pas en manquer. Il ne s’agira pas pour elles de faire table rase du passé, mais au contraire de renouer le fil des générations et de reprendre le combat de ceux qui les ont précédés, et notamment de ces militants du parti gaulliste, les tous premiers, à qui Malraux un soir de 1948 a tenu ces propos :

« un immense honneur vous est fait ! Ce grand corps de la France qui tâtonne dans l’ombre, (…) il vous est donné de le relever de vos mains périssables. Et nous n’avons pas, en face de l’absurdité d’un tel combat, aujourd’hui ou demain, à nous décourager, ni à nous plaindre. Nous avons à dire : si une génération de volontaires a reçu l’honneur de reprendre entre ses mains la France, qu’elle ne dise pas : Hélas ! Qu’elle dise : Merci ! »

Que dire de plus ! Si ce n’est rejoignez nous pour militer ensemble au service de la France et de nos valeurs.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.