Strasbourg

Les temps sont durs pour l’homme blanc, hétérosexuel, catholique, de droite, profession libérale et patriote...

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Les temps sont durs pour l'homme blanc, hétérosexuel, catholique, de droite, profession libérale et patriote...

Les temps sont durs pour moi, pauvre homme blanc, hétérosexuel, catholique, de droite, exerçant une profession libéral et patriote ! Je suis responsable de toutes les misères du monde, de toutes les inégalités, de toutes les guerres, de toutes les injustices, de toutes les dominations !

Les temps sont durs pour moi, pauvre hétérosexuel ! A l’heure où la mode veut que l’identité sexuelle soit multiple, mes désirs simples sont d’un ringard !

Les temps sont durs pour moi, pauvre catholique ! Comme chacun sait, on peut tout dire et écrire à l’encontre de l’Eglise catholique et de son Pape : c’est tellement tendance de dénoncer la pédophilie ecclésiastique, l’Inquisition, le célibat, etc. Les Catholiques sont parmi les Chrétiens (comme tout le monde le sait, évidemment braves gens...) des attardés sociétaux et des crypto-fascistes qui n’attendent qu’un geste pour précipiter la France dans les bras des LE PEN...

Les temps sont durs pour moi, pauvre homme de droite ! Les chamailleries risibles des ténors de l’UMP font passer de bons moments aux commentateurs et saliver les apprentis TORQUEMADA du politiquement correct : qui pourra dire que nous n’avons pas été prévenus, que la droite n’a évidemment plus qu’un rêve, celui de s’allier aux "fascistes" du FN ! Ah, pauvres de nous, qui flirtons soir et matin avec la Bête immonde, nous qui formons forcément le troupeau docile des fidèles lecteurs forcément complices d’un ZEMMOUR montré du doigt par les crétins et les suiveurs...

Les temps sont durs pour celui qui exerce une profession libérale, ce nanti, cet héritier, ce profiteur des pauvres, ce voleur, cet assoiffé de dividendes indus, ce défenseur des prébendes injustifiées et des profits arrachés aux masses prolétariennes exploitées !... Ah, que n’ai-je pas ce bon réflexe, cette générosité de tout donner à ceux qui souffrent, de ne rien garder de cet argent qui tue, qui corrompt, qui avilit ! A poil, illico presto et au trot, venir rejoindre les rangs des citoyens obéissants et lobotomisés par la doctrine socialo-communiste !

Les temps sont durs pour moi, patriote, qui aime naïvement un pays où je suis né et où j’ai grandi en rêvant aux exploits de nos pères, de nos aïeux, de nos chefs d’avant 1789 comme de ceux d’après... Mes parents ont eu la bête idée de vouloir me faire apprendre des choses, par le B.A.-BA, l’apprentissage par cœur, les devoirs, par les notes, dans une école où apprendre aux enfants à lire, écrire et compter n’était pas encore considéré comme un acte fasciste odieux et traumatisant. Malgré des ancêtres venus des quatre coins d’Europe (Allemagne, Yougoslavie, Lorraine, excusez du peu !), j’ai eu le bonheur de frémir d’orgueil en entendant les exploits de NAPOLEON durant ses campagnes, et de pleurer en lisant le détail de Waterloo ; j’ai eu du plaisir à apprendre la carte de nos Empires successifs et de constater que nous avions éduqué des peuplades autrefois arriérées et aujourd’hui indépendantes ; j’ai ressenti une admiration sans borne pour le général de GAULLE, parce que le frère de ma mère est mort à Londres en 1941 après s’être engagé dans les Forces Navales Françaises Libres ! Dois-je m’excuser aussi parce que j’aime parler le mieux possible ma langue, le français, auquel j’ajoute sans rougir l’allemand et l’anglais quand il faut voyager ? Dois-je m’excuser d’aimer nos poètes et nos écrivains, nos chercheurs et nos médecins, nos explorateurs et nos entrepreneurs, qui ont bâti la France et lui ont fait vivre mille aventures, mille déboires aussi, dont nous nous sommes toujours relevés ? Les temps sont durs pour moi, puisqu’il paraît qu’effectivement, on m’a menti depuis ma tendre enfance. Car la France, ce n’est que massacres, exploitations, colonisation, conversions forcées, guerres injustes et racistes, désir de lucre immonde, xénophobie et discrimination, viols et violences sexistes, et ce depuis la nuit des temps !... Rien à sauver de cette France trop... française ? Pitié pour ma France, mon pays, ma patrie !

Le patriotisme aujourd’hui, disent les penseurs et les média, c’est forcément le nationalisme, le rejet, le mal, la cause de tous les maux ! La mondialisation ouvre des perspectives si enthousiasmantes avec cette Europe si sexy, incarnée par VAN ROMPUY, BARROSO ou maintenant TUSK et JUNCKER, ces Adonis de la politique qui montrent tous les jours la voie indépassable du progrès, de la prospérité, du bonheur pour tous, de l’indifférent, de l’amnésie et de la paix éternelle ! Et si je ne le crois pas (à défaut de le voir...), c’est que je suis un affreux nationaliste en réalité -le nationalisme étant au patriotisme ce que l’ultra-libéralisme est au libéralisme, sa forme tordue, pervertie, indigne, nauséabonde, meurtrière en somme !

Les temps sont durs pour moi, moi qui ne vis vraiment pas sur la planète de ces commentateurs et donneurs de leçon patentés !

Mais en y réfléchissant bien, dois-je vraiment me plaindre de ces temps soi-disant si durs ? Au moins, moi, je sais qui je suis, d’où je viens, grâce à qui et mon avenir est nourri d’un passé d’une infinie richesse !

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Publié par Philippe Morel

Adhérent depuis 1998.

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