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Liberté d’expression, l’UNI fait appel devant le Conseil d’Etat

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Liberté d'expression, l'UNI fait appel devant le Conseil d'Etat

Le tribunal administratif de Nancy, qui avait été saisi en référé par l’UNI suite à l’annulation par le Président de l’Université de Lorraine, de sa conférence prévue le 26 mars à la faculté de droit, vient de rendre son ordonnance.

Le Président de l’Université a décidé d’annuler la conférence « L’école manipulée par le pouvoir socialiste » tenue par Olivier Vial, président de l’UNI, au motif que le thème de cette conférence « possède une forte connotation polémique puisqu’il met en cause le gouvernement et le principal parti de sa majorité. » Sic !

La défense de l’Université est allée jusqu’à produire des captures d’écran du compte Twitter d’Olivier Vial afin de prouver son engagement politique à droite. Tous ces arguments avaient pour objectif de prouver que la tenue d’une conférence de l’UNI était de nature à « troubler l’ordre public » et à attenter « à la neutralité du service public ».

Pourtant, au cours de la même période, l’université a autorisé la tenue d’une conférence de l’UNEF, principal syndicat étudiant de gauche, autour de l’IVG, le mariage pour tous, et la question du genre.

Le tribunal administratif reconnaît que l’université n’avait pas de réelles raisons d’annuler cette conférence, puisque elle n’attentait pas au « principe de neutralité du service public ». Il a cependant rejeté la requête de l’UNI estimant que l’UNI pouvant organiser sa conférence ailleurs ou à une autre date, il n’y avait pas d’ « atteinte grave et manifestement illégale au droit de réunion et d’expression ».

L’UNI regrette que le juge ait ainsi ouvert la voie à une forme de relativisme. Les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, ne devraient pas être ainsi limitées. L’UNI estime qu’il est dangereux de considérer que l’on a le droit d’interdire, même temporairement, à une organisation représentative de s’exprimer et de se réunir.

Nous ne pouvons accepter l’argument selon lequel il n’y a pas d’urgence à tenir notre réunion et que celle-ci doit être reportée après la période électorale ! En effet, la période électorale est la période la plus propice pour débattre des sujets de société et notamment de la politique éducative.

C’est pourquoi, l’UNI vient d’interjeter appel devant le Conseil d’Etat de la décision du tribunal administratif, pour faire respecter son droit à organiser une réunion d’information le jeudi 26 mars à Nancy.

De plus, l’UNI rappelle que l’article 225-1 du code pénal incrimine la discrimination à raison des opinions politiques, et qu’en l’occurence c’est de cela dont il s’agit. L’UNI étudie la possibilité de déposer rapidement une plainte pénale auprès du procureur de la République cette infraction étant en l’espèce punie de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

La liberté d’expression, la liberté de réunion ne peuvent pas être à géométrie variable. Depuis trop longtemps, c’est pourtant ce qui se pratique dans les universités, les mouvements de gauche, voire d’extrême-gauche, bénéficient d’une réelle complaisance des administrations des universités, alors que les militants de l’UNI sont de plus en plus souvent empêchés de « tenir des tables d’information », d’organiser des réunions, de bénéficier de panneaux syndicaux, etc…

L’UNI n’acceptera pas plus longtemps ce 2 poids 2 mesures qui bafoue la démocratie universitaire.

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