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Les universités françaises s’organisent pour accueillir des étudiants réfugiés

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Les universités françaises s'organisent pour accueillir des étudiants réfugiés

Lu dans le Figaro étudiant

Plusieurs universités françaises ont annoncé leur volonté d’accueillir les étudiants réfugiés désireux de poursuivre leurs études en France. Mais pour l’instant, rien de concret.

Vague d’humanisme à l’université. Suite à l’annonce de François Hollande, lundi 7 septembre dernier, de l’accueil de 24 000 réfugiés, plusieurs universités françaises ont décidé de se mobiliser. Paris I Panthéon-Sorbonne, l’université de Toulouse III - Paul Sabatier, de Nanterre, de Poitiers mais aussi celle de Strasbourg se sont engagées à ouvrir leur porte aux étudiants réfugiés.

Responsabilité historique

« Il faut avoir le sens de l’Histoire, et pas que le sens de la comptabilité », lance Bertrand Monthubert, le président de Toulouse III - Paul Sabatier. L’université souhaite accueillir bientôt des réfugiés désirant poursuivre leurs études en France. « Nous sommes confrontés à plusieurs situations : des étudiants réfugiés, mais aussi des collègues universitaires en danger dans leur pays ». L’université est notamment en contact avec un ancien étudiant syrien passé par Toulouse III. Devenu maître de conférence à Alep, il souhaite quitter la Syrie. S’agissant des étudiants réfugiés, l’université est résolue à faciliter la poursuite de leurs études, même en tant qu’auditeur libre dans un premier temps, afin d’accélérer leur inscription dans un cursus adapté.

Un accompagnement personnalisé

Philippe Boutry, président de la Paris I - Panthéon-Sorbonne, s’est lui aussi engagé à accueillir une centaine d’étudiants réfugiés sur les bancs de son université. « Sur 42 000 étudiants, cela peut paraître peu, mais ça demande de l’organisation », détaille Nadia Jacoby, la vice-présidente du conseil d’administration, chargée de la communication et du numérique. L’université parisienne va donc mettre en place un dispositif afin de pouvoir accompagner au mieux ces étudiants « un peu perdus dans un premier temps ». Un système de tutorat va être assuré notamment par des étudiants de Master, qui « ont déjà été nombreux à se manifester ». L’objectif : aider les étudiants réfugiés, qui souvent ne parlent pas le français, à effectuer leurs démarches administratives à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école. De son coté, l’université toulousaine prévoit « l’ouverture de missions de service civique », explique Bertrand Monthubert. Une aide juridique va également être mise en place. « Des consultations vont être organisées par des enseignants et des étudiants en droit », assure Nadia Jacoby. Le dispositif mis en place par la Sorbonne ayant vocation à être complet, une aide au logement sera également proposée et les étudiants réfugiés pourront bénéficier d’un exonération des droits d’isncription, comme le prévoit déjà le droit français pour les demandeurs d’asile.

Un financement controversé

L’aide aux frais de vie et au logement apportée par la Sorbonne sera en partie financée par le Qatar, qui a signé lundi dernier avec l‘université un protocole d’accord prévoyant le versement de 600 000 euros par an pendant trois ans, soit un total de 1,8 millions d’euros. Un partenariat qui a suscité de vives critiques de la part de l’UNI. Le syndicat étudiant craint que ce partenariat n’entame l’indépendance de Paris I. « Nous avons les coudées totalement franches », assure Nadia Jacoby. « Nous bénéficierons d’une totale liberté pour intégrer ces étudiants réfugiés ». Il est également reproché à la direction de Paris I d’accueillir ces étudiant alors que « des bacheliers sont toujours en attente » d’une affectation. « J’aimerais bien avoir la possibilité de décider des affectations, mais cette responsabilité revient au rectorat », explique Nadia Jacoby. Concernant l’affectation des étudiants réfugiés, « la procédure est très cadrée, nous n’inscriront aucun réfugié qui ne soit pas directement adressé par le rectorat ». Reste à savoir comment le rectorat lui-même sera en contact avec les personnes souhaitant suivre un cursus universitaire.

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Publié par UNI