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“400 millions d’euros, c’est pas cher : c’est l’Etat qui paye”

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“400 millions d'euros, c'est pas cher : c'est l'Etat qui paye”

Manuel Valls a sorti son chéquier pour acheter le désengagement de l’UNEF des manifestations contre la loi travail.

Dans la hotte, des cadeaux sur le dos des contribuables et des entreprises. La première mesure est relative aux bourses : le gouvernement promet une augmentation de 10% de celles-ci, fait passer les étudiants à l’échelon 0 (qui permet juste l’exonération des frais d’inscription et de sécurité sociale) à l’échelon 0 bis et prolonge les bourses pendant les quatre mois qui suivent l’obtention du diplôme, en attendant de trouver un emploi. And last but not least, les "décrocheurs" de 16 à 18 ans qui reprennent leur scolarité recevront, eux aussi, 1 000 euros. Ici, Manuel Valls a montré combien il est finaud : ceux-ci ne percevront la prime de reprise qu’une fois afin de ne pas provoquer plusieurs décrochages successifs pendant le cursus scolaire mais… un seul.

La rémunération des apprentis va elle aussi augmenter et c’est l’Etat qui va prendre en charge l’augmentation, histoire de ne pas définitivement décourager les patrons, déjà rebutés par la lourdeur et l’inadaptation du système. Cela dit, ils ne sont pas oubliés pour autant puisque les taxes sur le contrat à durée déterminée (CDD) seront augmentées.

Enfin, Manuel Valls s’est engagé à imposer un quota de places pour les bacheliers des filières technologiques en Institut universitaire de technologie. Manifestement, il ne lui est pas venu à l’esprit de consulter les directeurs d’IUT avant d’annoncer une pareille mesure. C’est vrai que ceux-ci ne défilent pas contre la loi travail…

On constate une fois de plus que les classes moyennes sont les grandes oubliées des promesses gouvernementales : elles ne bénéficient pas des bourses puisque les critères sociaux ne sont pas revus et aucune mesure n’est prise en leur faveur.

La qualité et la professionnalisation des diplômes ne sont apparemment pas non plus un problème qui préoccupe Manuel Valls ni ses interlocuteurs de la réunion de ce matin.

D’ailleurs, aucun de ces cadeaux n’a pour but, ou ne serait-ce que pour ambition, d’améliorer la situation de l’emploi des jeunes. Il n’est nullement question de les aider à décrocher une première embauche. Au contraire, avec la taxation des CDD, on est certain que le nombre de ceux-ci va baisser tandis que les embauches en CDI ne vont pas augmenter. En revanche, l’interim ne devrait pas trop mal se porter. Heureusement que le but de tout ce beau monde est de lutter contre la précarité…

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.