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Sélection à l’université : Encore une occasion gâchée

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Sélection à l'université : Encore une occasion gâchée

Le ministère de l’éducation nationale s’apprête à signer un accord mettant en place la sélection en master pour la rentrée 2017.

C’est à la suite de la décision du 10 février 2016, dans laquelle le Conseil d’Etat avait rappelé « qu’une sélection ne peut être mise en place pour l’accès aux formations de première ou deuxième année de master à l’université que si ces formations figurent sur une liste établie par décret » ; que le gouvernement avait publié un décret autorisant 40 % mentions de masters à sélectionner. Cette liste limitative portait gravement atteinte à la qualité et au prestige de nombreux masters ainsi qu’à leur reconnaissance sur le marché du travail. Le gouvernement avait fait le choix de céder face aux pressions égalitaristes menées par les organisations syndicales, UNEF et FAGE, hostiles à toute sélection à l’université.

Le texte en cours de finalisation est une nouvelle preuve du "consensus mou" qui règne au sein du gouvernement et de son incapacité à prendre des décisions.
En effet, cet accord prévoit que la sélection ne sera mise en place à l’entrée du master 1 que pour certaines mentions tandis que les autres continueront à sélectionner à l’entrée de la deuxième année.

De plus, le ministère prévoit l’instauration du " droit à la poursuite d’études" géré par les recteurs. C’est-à-dire qu’un étudiant pourrait, en cas de refus dans les masters qu’il a demandés, faire appel au rectorat qui devra lui faire trois propositions, dont au moins une dans son établissement, si l’offre de formation le permet, ou, à défaut, dans son académie, le tout en tenant compte de son projet professionnel.
C’est une nouvelle mesure qui va à l’encontre de l’autonomie des universités en les obligeant à fixer leurs capacités d’accueil et de sélection selon les désidératas des rectorats.

L’UNI n’est pas rassurée par ce texte qui semble être une véritable usine à gaz. Les premières victimes seront les étudiants qui auront à subir les rapports de force qui se mettront en place entre les recteurs et les présidents d’universités.

Ouvrir le débat sur une sélection juste et transparente

Rappelons que 45% des titulaires de masters ont déjà des difficultés à trouver un emploi dans l’année qui suit l’obtention de leur diplôme (source APEC). En dévalorisant de la sorte ces formations, madame le ministre va nuire à l’insertion professionnelle des diplômés et bloquer ainsi pour longtemps l’ascenseur social qu’était l’université.

Au delà de la publication de ce texte, l’UNI appelle le ministre de l’enseignement supérieur à prendre ses responsabilités et à ouvrir un grand débat sur la sélection dans l’enseignement supérieur.

Pour l’UNI, une sélection transparente dans les universités permettra d’en finir avec le nivellement par le bas mais surtout ouvrira de nouvelles perspectives, autrement plus optimistes, dans le domaine de l’emploi et de l’insertion professionnelle des jeunes.

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Publié par Clément