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Tolbiac : dialogue de sourds entre le président de l’université et la préfecture de police

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Tolbiac : dialogue de sourds entre le président de l'université et la préfecture de police

Dans un document que s’est procuré Le Figaro, l’université Paris I, qui réclame sans succès l’intervention des forces de l’ordre pour déloger les bloqueurs, pointe l’attitude « ambiguë » de la préfecture sur ce dossier politiquement sensible.

La Préfecture de police de Paris est-elle prête à intervenir sur le site de Tolbiac, occupé par quelque 200 bloqueurs ? Rien n’est moins sûr. Georges Haddad, le président de Paris I, « a effectivement sollicité le concours de la force publique en vue de l’évacuation de Tolbiac le 9 avril ». Mais « il n’a été donné suite, ni positivement, ni négativement, à la demande du président de l’université ». Et ce, malgré des incidents dans la nuit du 6 au 7 avril à Tolbiac et la découverte de cocktails molotov.

Dans un mémoire de délibéré, répondant à un recours de l’Uni - le syndicat étudiant classé à droite y demande le recours aux forces de police —, que Le Figaro s’est procuré, le président de Paris I ne mâche pas ses mots à l’égard de la préfecture. Laquelle, dans un communiqué sibyllin, publié le 11 avril, indiquait ne pas avoir « donné suite » à la demande du président et qu’ « aucune nouvelle demande » n’avait été adressée, « depuis ».

Difficile décision politique

Petite remise au point de l’université dans sa note de délibéré : « le seul écoulement d’un délai de deux jours ne saurait avoir rendu caduque la demande du président », explique le texte qui ajoute : « Un simple communiqué aux termes équivoques, n’émanant pas directement du préfet de police, mais du service de la communication de la préfecture (...) ne peut être regardé comme formalisant une décision de rejet ».

« Le préfet de police n’ayant pas explicitement rejeté la demande présentée par le président (...), il demeure saisi de cette demande de concours de la force publique », écrit Paris I, qui invite implicitement la Préfecture de Police de Paris et Beauvau à prendre leurs responsabilités sur le dossier Tolbiac.

L’université précise que « le préfet de police doit apprécier techniquement les modalités d’intervention, réunir les moyens humains et matériels nécessaires, mais également s’assurer que l’intervention peut avoir lieu tout en garantissant la sécurité des personnes et sans qu’il résulte de troubles graves à l’ordre public ». En d’autres termes, la préfecture et le Ministère de l’Intérieur doivent mesurer si une évacuation menace davantage l’ordre public que l’occupation de l’université. Difficile décision politique.

Des recours de l’UNI

En tout état de cause, comme le précise la note produite pas Paris I au tribunal administratif de Paris, il est clair que depuis l’officialisation de la demande de concours de la force publique, « les occupants du site de Tolbiac ont cherché à durcir leurs conditions d’occupation ». Le 11 avril, dans la matinée, le compte twitter de la « commune libre de Tolbiac, géré par les bloqueurs, appelait à « venir à Tolbiac » pour faire face à une « évacuation imminente ». Laquelle n’a pas eu lieu.

Depuis le 5 avril dernier, l’Uni a déposé plusieurs recours - dont le dernier en date, le 9 avril — pour « libérer Tolbiac et rétablir la sécurité ». De son côté, la préfecture de police peut rejeter explicitement la demande d’intervention du président de Paris I, ou implicitement, à l’issue d’un délai de deux mois. Délai qui mènerait jusqu’aux vacances d’été, alors que le « blocage illimité » de Tolbiac a été voté depuis le 3 avril en AG.

Source Le Figaro

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Publié par UNI

Par l’éducation, pour la Nation.
Contre les blocages, pour la liberté d’étudier !

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