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Action étudiante - automne 2004

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Action étudiante - automne 2004

« Egalité des chances », le slogan est aujourd’hui sur
toutes les lèvres. Pourtant, longtemps, la gauche lui a
préféré des artifices plus médiatiques - discrimination positive, politique d’assistanat, projet de RMI jeunes, emplois jeunes - qu’efficaces.
Durant la précédente législature, l’échec universitaire s’est accru et les diplômes n’ont pas cessé de se déprécier. L’insertion professionnelle des jeunes,
même diplômés, s’est ainsi nettement compliquée.
Une étude récente de l’Université de Bourgogne a démontré que certains diplômes universitaires sont devenus moins efficaces pour trouver un emploi que le simple bac.
Face à ce terrible gâchis humain et financier, on ne
peut plus se contenter de maquiller la réalité en jouant avec des statistiques et des quotas. Les politiques
de discrimination positive, si elles permettent encore
de soulager quelques bonnes consciences, ne constituent en rien une solution au problème de l’échec massif des jeunes aussi bien au niveau scolaire que professionnel.
On connait trop bien le discours misérabiliste et méprisant qui consiste à penser qu’une personne d’origine sociale modeste est nécessairement intellectuellement limitée et ne pourra jamais réussir par la voie habituelle un examen ou un concours. Ce type de discours est d’autant plus dangereux qu’il est doublement déresponsabilisant. Il décourage ceux à qui on le tient et dans le même temps, il permet à certains responsables politiques de légitimer leur immobilisme : “on ne peut rien faire d’autre.”

Les réformes engagées

Heureusement, afin de restaurer “l’égalité des chances” et permettre à chacun de réussir selon ses aptitudes, ses
aspirations et son mérite, des réformes ont été engagées.
Le gouvernement a notamment bâti “un programme d’égalité des chances pour l’enseignement supérieur“ et appelé l’ensemble des acteurs à se mobiliser. Déjà, des initiatives ont été prises. L’ESSEC a mis en oeuvre un
plan intitulé « une prépa, une grande école, pourquoi pas moi ? », visant à aider les élèves de milieu modeste à
préparer le concours d’entrée des Grandes Ecoles. Ce dispositif qui prend le contre-pied exact de la discri-
mination positive mis en place par l’IEP de Paris connait un grand succès et aujourd’hui, la Conférence des Grandes Ecoles s’est engagée à le généraliser.
Dans le même esprit, la réforme de l’apprentissage, élaborée dans le cadre du projet de loi de cohésion sociale, vise notamment à développer les formations par apprentissage post-bac. Cela permettra à des jeunes ne souhaitant pas poursuivre des études uniquement académiques de bénéficier d’un niveau plus élevé que celui auquel ils pouvaient prétendre jusqu’à présent.
D’autre part, François FILLON a d’ores et déjà annoncé sa volonté d’améliorer le système d’orientation afin
que tous les jeunes puissent disposer d’une information claire et honnête notamment sur les débouchés des étu-
des qu’ils désirent entreprendre. La loi sur l’école devrait aussi permettre de renforcer la place des savoirs fondamentaux qui, trop souvent mal assimilés sont la première cause de l’échec à l’Université.
Enfin, l’Etat doit continuer à lutter contre toutes les discriminations. Ce serait, en effet, la plus grande des injustices de laisser penser à des jeunes que parce qu’ils ont un nom ou une couleur de peau différente, ils n’auront pas en France les mêmes chances de réussite que les autres. Mais ce serait également leur mentir que de leur laisser croire que, pour ces mêmes raisons, ils seraient dispensés de travail et d’effort, caractéristiques propres - et communes - à tous ceux qui réussissent.

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Publié par Sebastien

Délégué national de l’UNI
en charge de la communication web et des NTIC

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