Grenoble

Le président de l’Unef Grenoble a essayé d’enfumer Grenews.com

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 Le président de l'Unef Grenoble a essayé d'enfumer Grenews.com

On voulait faire un reportage sur les jeunes qui arrêtent les cours parce que ça coûte trop cher d’être étudiant. On s’est retrouvé devant une imposture…On vous explique.

C’était mardi 6 octobre, à l’Amphi Weil. Une réunion d’info, des chiffres. Et une idée de reportage, soufflée par l’Unef Grenoble : de plus en plus d’étudiants n’arrivent plus à étudier. Loyer trop cher, bouffe trop chère, obligé de prendre un job, ou deux. Mais les notes qui trinquent. Seule issue : arrêter les cours, pour recommencer plus tard. Coup de fil de Grenews à l’Unef, trois fois : “Si vous pouviez nous trouver un étudiant qui témoigne…” “Ok”, nous dit Hugo, le président du syndicat.

C’était vendredi sur la fac, rendez-vous à 15h à l’arrêt de tram. « Hugo n’est pas là », nous dit Jules, “bientôt 19 ans”, en première année de socio, qui raconte la galère, l’arrêt des cours de droit en novembre 2008, la bourse à 160 euros/mois, “les parents qui aident comme ils peuvent”, mais le loyer à 143 euros + l’abonnement aux transports + la bouffe, “des pâtes tous les jours et jamais de viande”. Et pas de téléphone portable, pas de clopes, pas de sorties. Et une demi-heure comme ça, un témoignage touchant, révoltant… “J’ai l’impression qu’on me refuse la possibilité d’apprendre. J’éprouve un sentiment d’injustice”.

Jules… c’est Hugo !

Sauf que voilà : on a essayé d’enfumer Grenews. Jules n’est pas Jules. Après vérification sur des photos, puis des coups de fil un peu partout et finalement une visite surprise dans les bureaux de l’Unef Grenoble le soir-même, on tombe sur le Jules rencontré plus tôt, qui est en fait… Hugo, le président de l’Unef Grenoble, qui, de sa propre initiative, a pipeauté trois heures plus tôt, à la première personne, une vie de Jules, étudiant 100% précaire.

Après avoir nié l’évidence à plusieurs reprises au téléphone, Hugo avoue enfin une “grosse connerie”. “Les gens que j’avais trouvés ne voulaient pas être pris en photo, du coup, j’ai pris leurs témoignages. C’est lamentable. J’ai appelé le bureau national à Paris, ils m’ont dit que j’avais fait de la merde”. Qui ne sert pas, mais alors vraiment pas, les étudiants précaires qui savent chaque jour ce qu’être dans la vraie merde veut dire.

par Stéphane Echinard, le 12 octobre 2009

Lien vers le site de Grenews.

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Publié par Gabriel A

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