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2009-2010 : une rentrée (encore) agitée ?

jeudi 15 octobre 2009, par Gabriel A

Cette année, comme toutes les autres, sera sans nul doute, l’objet d’un énième mouvement d’opposition aux réformes du Gouvernement. En effet, après les mouvements de 2003 contre la réforme Ferry, de 2004 contre la réforme LMD, de 2005 contre la réforme du bac, de 2006 contre le CPE, de 2007 contre la LRU, de 2008/2009 contre la réforme du statut des enseignants chercheurs et la masterisation, la rentrée 2009-2010 semble réunir tous les ingrédients pour assurer la désormais coutumière « mobilisation annuelle ».

1/ La poursuite des réformes.

Cette rentrée universitaire 2009-2010 aura la particularité de débuter sur les cendres encore chaudes des mouvements d’oppositions aux réformes récentes. Tout d’abord, la contestation de la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités ou loi Pécresse) qui n’étant autre que le socle de l’ensemble des réformes de l’enseignement supérieur du quinquennat de Nicolas Sarkozy, reste l’ennemi public numéro un à abattre.

Naturellement, l’ensemble des mesures découlant de la loi Pécresse ont fait l’objet de protestations :

- la masterisation de la formation du personnel enseignant, qui, du fait de son ambition de porter à 5 ans la durée de la formation des maîtres, conduit à la suppression des IUFM : réforme repoussée d’un an, qui devrait donc devenir effective cette année ;

- la réforme du statut des enseignants-chercheurs, dont l’entrée en vigueur du décret est intervenue le 1er septembre dernier ;

- les 900 suppressions de postes au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche (450 au ministère ; 450 dans les universités dont la majorité d’emplois administratifs) avaient l’année précédente été repoussées d’un an, autrement dit à cette année.

Mais au delà de ces braises, certaines buches risquent d’alimenter d’autant plus le brasier contestataire, notamment l’annonce du député de la Marne Arnaud Robinet d’instituer un vote électronique pour les élections universitaires, système pouvant même être transposé pour évaluer de façon systématique le soutien des étudiants aux blocages.

Cette mesure nous interroge tout particulièrement.

D’une part, l’article L811-1 du Code de l’éducation dispose que « Ils [les usagers du service public de l’enseignement supérieur] disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public ». Première nouvelle, les blocages sont illégaux !

D’autre part, que le Gouvernement envisage le fait de recourir au vote électronique au sujet des blocages ne reviendrait-t-il pas à obliger les étudiants lambda qui souhaite aller en cours de se prononcer sur un moyen d’action manifestement illégal sous peine de blocage dans le cas contraire ?Serait-ce aux étudiants de se justifier de vouloir aller en cours ? Cela ne reviendrait-il pas à reconnaître la possibilité pour un groupe de personnes de légiférer à la place du législateur ? Une loi existe, mais un vote électronique pourrait permettre de s’en affranchir, et si on faisait un vote électronique sur la libre consommation de la drogue, cela fonctionnerait-il ? Et en cas de vote positif pour le blocage à hauteur de 51%, quel est donc le fondement juridique pour empêcher les 49% autres d’aller en cours ?

Il est très regrettable d’assister à ce revirement idéologique seulement 3 mois après la proposition de loi plus qu’intéressante de Damien MESLOT, député de la première circonscription du Territoire-de-Belfort disposant qu’« est puni d’une amende de 1 000 euros par jour de blocage tout étudiant ou personne extérieure à l’université qui entrave, même partiellement, l’accès aux enseignements et aux bâtiments de l’université. »

Rappelons pour finir, qu’au delà du contexte universitaire, la période est particulièrement propice à l’émergence d’un mouvement de masse : approche des régionales, réforme du statut de la Poste, suppression de la taxe professionnelle, lancement du « grand emprunt », et bien d’autres.

Le contexte semble idéal pour une convergence des luttes.

2/ L’apparition d’un nouveau syndicat étudiant d’extrême gauche : la FSE

Le 29 septembre, l’hebdomadaire Grenews annonçait sur son site internet la réapparition de la FSE (Fédération Syndicale Etudiante) sur le campus Grenoblois sous le nom de ASEG (Action Syndicale des Étudiants de Grenoble), se revendiquant un « syndicalisme de lutte », qui ne fera « pas de compromis avec le gouvernement ». Cette organisation d’extrême gauche « cherche à favoriser les convergences des syndicats de lutte » notamment avec SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques), la CNT (Confédération Nationale du Travail) ou la CGT (Confédération Générale du Travail). Lors de l’annonce de la restructuration de la FSE, la couleur a été annoncée d’entrée : l’objectif est de faire un travail d’ « information » pour que le mouvement reparte de lui-même.

Cependant, la FSE n’est pas le seul groupuscule d’extrême gauche à s’organiser pour relancer le mouvement. La CNT est également particulièrement active en cette rentrée : collages, présence lors des chaines d’inscriptions ainsi que tenue d’une table à la « fête de la rentrée ».

L’extrême gauche s’organise, se structure, et cela dans un but bien précis : relancer le mouvement.

3/ Le lancement des Assemblées Générales à l’amphi Louis WEIL

Heureusement, cette Assemblée Générale aura fait un « flop » réunissant seulement 70 personnes dans le plus grand amphithéâtre du campus (750 places). Le journal grenews y fait d’ailleurs allusion avec une certaine ironie sur son site internet en soulignant que l’amphithéâtre Weil « était trop grand » et qu’« alors qu’il restait 15 personnes dans l’Amphi quasiment vide, une nouvelle date était fixé pour une prochaine étape ». Le journal poursuit en consignant l’accablement de certains : « mais cette fois, c’est peut-être pas la peine de réserver l’Amphi Weil ». Rappelons pour finir que l’UNEF était de la partie.

Retrouvez cet article sur le site de l’UNI Grenoble !

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