Budget de la Recherche (Assemblée nationale, 26 mars 2003)

Par UNI Archives

Le 28 mars 2003 à 11h33

Image Budget de la Recherche (Assemblée nationale, 26 mars 2003)

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Question du député Michel Charzat

Monsieur le Premier Ministre, lors de votre discours de politique générale le 3 juillet dernier, vous vous exprimiez en ces termes : une France créative, c’est une France qui mise sur l’innovation, et nous ferons les efforts nécessaires pour porter nos moyens financiers, nos efforts de recherche à 3% du PIB pour l’horizon 2010.
Mes chers collègues, l’affichage était bon, les résultats ne le sont pas.
Le budget pour 2003 a vu les crédits de la recherche diminuer.
Depuis, de report en gel et en annulation de crédits, ainsi qu’en suppression d’emplois dans les établissements publics, scientifiques et techniques, la recherche est la première victime de la rigueur budgétaire. C’est une baisse sans précédent de 30% des moyens de la recherche publique, baisse qui provoque une profonde inquiétude de la communauté scientifique de notre pays. Comme chaque fois qu’elle est au pouvoir, la droite sacrifie les choix d’avenir, la recherche, l’information, l’éducation. Le gouvernement fait des prisons plutôt que de mettre des financements sur les perspectives de l’avenir, vient de déclarer récemment Axel KAHN, le directeur de l’Institut Cochin.

Madame la Ministre déléguée à la Recherche, vos compétences, vos convictions, votre carrière sont unanimement respectées… Comment pouvez-vous encore cautionner, par votre participation, les mauvais coups de ce gouvernement qui démotive nos chercheurs, qui diminue notre potentiel scientifique, qui affaiblit la compétitivité à long terme de notre économie ? Monsieur le Premier Ministre, il est nécessaire de résister à l’hégémonisme des Etats-Unis dans le domaine militaire et diplomatique. Il est tout aussi nécessaire de relever le défi technologique américain. Ma question est simple : Monsieur le Premier Ministre, allez-vous donner aux chercheurs des conditions de travail favorables, allez-vous remettre en cause des choix qui nous entraînent dans la spirale du déclin scientifique, technique et économique ?

Réponse de Claudie Haigneré,
ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Député Charzat

L’ensemble de nos concitoyens, et donc tout naturellement l’ensemble des chercheurs, connaissent le contexte budgétaire actuel ; ils savent que le gouvernement ne peut laisser s’accroître ce déficit qui hypothèque notre avenir.
Vous avez parlé d’avenir… La recherche, c’est justement la préparation de l’avenir de notre pays, de l’avenir de notre jeunesse, de l’avenir de nos entreprises, de l’avenir de nos emplois. Le gouvernement s’est donc confronté, trouvé confronté à la conciliation de deux termes qui n’étaient pas spontanément conciliables.
D’une part, annuler des crédits pour limiter le déficit et, d’autre part, maintenir le potentiel de haut niveau de la recherche dans nos entreprises, dans nos organismes de recherche publics, dans nos universités.
Alors, oui, le gouvernement a annulé des crédits. Les chiffres que vous signalez, qui ont été un agrégat de données hétérogènes, sont tout à fait excessifs, l’annulation est de 9,4% des crédits de fonctionnement et d’investissement de nos laboratoires.
J’ai entendu l’inquiétude des chercheurs, en particulier des jeunes chercheurs qui se sont mobilisés. Cette annulation, elle ne met pas en danger la vie de nos laboratoires, ils disposeront en 2003 du même montant de crédit que ce qu’ils ont consommé en 2002 par le jeu de la diminution des fonds de roulement des organismes.

Je voulais vous dire que la recherche, pour le gouvernement, est une priorité et vous donner quelques exemples… laissez-moi vous donner quelques exemples. Un des rares ministères où l’on ait totalement reporté les crédits de 2002 sur 2003. Pour les jeunes qui se sont mobilisés, les allocations de recherche revalorisées à 5,5%, la création de 400 emplois de post doctorant.
Et l’engagement de la France dans des grands projets : le projet ITER de production de l’énergie propre, dont je vous ai déjà parlé ; il y a quelques jours, le président de la République a fait une large part à la recherche dans le plan cancer qu’il a proposé. Et puis, nous avons un potentiel excellent, c’est vrai, vous le reconnaissez.
Ce qui est paru dans la presse, c’est justement desservir la recherche parce que ça ne met pas en avant la capacité de nos chercheurs à travailler et à être talentueux. Nous avons un potentiel excellent, nous avons des outils, et nous avons des opportunités pour re-dynamiser notre système de recherche : la réforme de l’Etat, qui donnera simplification, flexibilité, plus de souplesse dans la gestion de nos moyens, humains et financiers ; la décentralisation, avec les partenariats à mettre en place, et, bien sûr, le rayonnement de la France dans la construction de l’espace européen de la recherche.
Je voudrais terminer en vous disant que je fais confiance en nos chercheurs pour relever ce défi dont vous avez parlé, ce défi dans une dynamique constructive, et vous dire que je suis complètement engagée à leurs côtés.

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