Campus – Mai 2003

Par UNI Archives

Le 2 mai 2003 à 20h51

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Main-basse sur la République

Galvaudé, critiqué, montré du doigt, l’idéal républicain semble de plus en plus frappé d’obsolescence. La France, l’une des plus vieilles démocraties libérales au monde, avait su depuis 1789, concilier libertés individuelles et libertés collectives afin d’assurer un avenir commun à la
Nation. Jusqu’à présent, on ne résonnait pas en termes d’individu ou de communautés dont il aurait fallu garantir les particularités et caractéristiques propres. Le seul individu qui vaille était le citoyen, la seule communauté reconnue était la Nation, dont le principe fondamental d’égalité devant la loi
constituait le ciment. L’unité de la République était ainsi assurée par un droit applicable à tous sur tout le territoire.

La dilution de l’Etat-Nation

Pourtant depuis près de 30 ans, la République n’a cessé de se déliter, de se vider de sa substance et s’est rendue incapable de réinventer constamment le pacte social passé entre les Français. Peu à peu, la primauté de l’individu dans la société a cédé la place à un individualisme soit disant démocratique
mais de toute évidence anarchisant. Au nom de la démocratie, l’Etat – Nation ne cesse dès lors de se décomposer au profit de groupes particuliers qui s’affirment, s’auto-proclament et demandent la reconnaissance des droits inhérents à leurs tribus : la religion, la sexualité, l’origine ethnique, la langue, la culture, la région, l’âge, la situation sociale…

Contre le communautarisme

On assiste alors à une sorte de repli communautaire, une «ghettoisation» de la société avec ses zones de non-droit pour ceux qui incarnent la République «une et indivisible». Véritable poison de la République, le communautarisme semble ne jamais devoir s’arrêter et fait le lit des extrémismes
de droite comme de gauche. A terme, l’exaltation du droit à la différence et la reconnaissance de véritables régimes d’exception ne peuvent que menacer la cohésion nationale jusqu’alors garantie par l’égalité des droits et du droit. Liberté, Egalité, Fraternité : mais que reste-t-il aujourd’hui de notre idéal républicain ? N’ y a t il donc que son inscription sur les façades des bâtiments publics pour nous rappeler le sens de la République ?

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