COLOCATION, une alternative à la solitude et à la cherté des logements ?…

Par UNI Archives

Le 10 octobre 2007 à 14h29

Image COLOCATION, une alternative à la solitude et à la cherté des logements ?…

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Article repris des D.N.A., 28 août 2007, page Région 7., par Emmanuel VIAU. Commentaires par Philippe MOREL.

 » Si vous avez moins de trente ans, il y a de fortes chances que vous l’ayiez fait. Ou que vouq ayiez connu des gens qui l’ont fait. Au CROUS, dans la presse et maintenant sur internet, la colocation a pignon sur rue. Dans les grandes villes, il y a le choix de l’appartement et du colocataire. Mais comment trouver la colocation idéale ?

« Salut, je m’appelle Yannick, 27 ans, étudiant en médecine ». Sur les sites internet spécialisés dans la colocation, on passe de la fiche CV au style « petites annonces », comme avec Brice, 21 ans : « Je suis souriant de nature et possède un tempérament très calme, j’aime beaucoup rire et déconner, mais je sais être aussi sérieux ».

Pour quelques euros, internet dévoile un peu de l’intimité de la vie en commun. Exemple : « On se fait de petites bouffes, des apéros ». Ou encore : « Il y a un chat d’un an avec nous, un peu fou-fou, mais très mignon ». Ou plus basique : « Nous sommes fumeurs, mais on fume devant la fenêtre ». On trouve aussi tarifs, conditions, superficie, avec ou sans internet, TV, machine à laver et même parfois « des plantes et le toutou ».

Fille ou garçon ? La petite vingtaine ou (déjà) la trentaine ? Pour s’inventer sa nouvelle vie à plusieurs, il suffit de quelques coups de fil.

Après plusieurs vaines sonneries et autre messages d’absence, Tom, 24 ans, répond. Voix sympa. Son annonce, là où d’autres se répandent en détails personnels, fait dans le sobre : « Salut je cherche un colocataire sympa pour partager mon appartement ». Je me fais passer pour un étudiant en Lettres. Rendez-vous dans une heure, près de la gare de Strasbourg.

Dans la rue, un couple. Cherchant une adresse. C’est la même. Je les rejoins en vas de l’immeuble : vous aussi, c’est pour la colocation ? Méfiance. Le gars n’aime pas les visites groupées.

Sitôt entrés, la visite commence. Où il est question de taille des pièces, de meubles qui restent ou qui partent, des règles de vie commune. Vite fait, bien fait, c’est maintenant mon tour. Tom me demande quel est mon métier. Démasqué ! Non, je viens pas pour louer…

Dans le salon mansardé du logement de 100m2, Tom prend le temps de m’expliquer sa technique d’approche. Ca commence par une visite d’appartement presque traditionnelle. Et plus si affinités : « je leur demande ce qu’ils attendent de la colocation. On parle de tout et de rien ». Le temps, peut-être, de s’imaginer partager au quotidien la salle de bain avec un inconnu.

« Je choisis au feeling », admet-il. « C’est comme choisir un restaurant, il y a un certain nombre de critères ». Il faut dire qu’après quatre ans de colocation dans plusieurs appartements, Tom est un expert de la chose. Mais cette fois, c’est lui qui part. Il aide son colocataire à faire les visites. « Mon premier colocataire est parti emménager avec sa copine. Le deuxième aussi. Et maintenant, c’est moi ».

Regard en coin vers Elisabeth, 23 ans : « On a envie d’être rien que tous les deux ». Elle aussi quitte sa colocation, après avoir terminé ses études en juin. Pour la vie à deux, ils sont parés : « On a l’habitude de partager, ce sera plus simple ».

Un partage pas toujours évident : « C’est sûr, il y a les petits aléas de la coloc. Mais tu ne demandes pas un copier-coller de ta personnalité ». Tout de même, il faut un mode de vie commun. Dans cette colocation de jeunes actifs, pas question de faire la fête tous les soirs : « On est plus souvent en train de faire des thés que de sortir la bière ».

Pourquoi avoir choisi la vie à plusieurs ? « C’est un point de passage entre les parents et la vie conjugale. Quand j’ai fini mes études, je voulais quitter le cocon familial. Pour la colocation, on n’a pas vraiment le choix avec les salaires qu’on a. Parce qu’après avoir payé le loyer, il faut que tu bouffes. Et que tu vives, pour ne pas rester entre quatre murs ». Autre raison : « Il y a aussi une question de contact, pour connaître d’autres personnes ».

On sort de la ville pour se rendre chez Anne, 30 ans, à HOENHEIM. Sourire timide et l’air tranquille -on repense à son annonce : « Je suis zen, ouverte d’esprit, je joue de la guitare »-, elle fait visiter son petit appartement décoré avec soin. Rangé au cordeau. « La chambre vous plaît ? » Heu, en fait, je fais une enquête…

Sans se démonter, Anne, explique qu’elle est ici propriétaire, et qu’elle met à disposition une chambre « pour financer l’appart ». Depuis deux ans, elle partage le quotidien avec des inconnus de passage. « J’avais remarqué qu’il y avait une demande pour la courte durée. Par exemple, les étudiants ne restent pas longtemps. Ca m’arrange, parce que j’aime bien me retrouver seule. Et puis, quand tu fais une colocation sur un an et que tu as mal choisi… »

Justement, pas trop difficile de choisir son futur coloc ? « Si. En général, les gens viennent tout nickel. Et après, tu vois leurs petites manies. » De plus, une femme seule se doit d’être vigilante : « Il y a beaucoup plus de mecs qui cherchent une colocation que de nanas. Il faut bien mettre les points sur les « i » ». Vient ensuite la phase d’apprivoisement rapide : « D’abord, je leur montre comment ça se passe. Après, on essair de faire connaissance. »

Ses critères de choix ? « Il faut qu’il soit indépendant. C’est pas nécessaire d’être amis et de faire des sorties ensemble quand on est coloc. » Ce qui la rebute ? « Qu’il soit malpropre ». Ce qu’elle voudrait ? « Quelqu’un avec qui j’ai plein de goûts communs, qui fait les choses sans que j’aie besoin de les lui demander, qui ait du respect. »

Après l’homme idéal, le colocataire idéal. Sans doute plus facile à trouver… »

COMMENTAIRES : le système de colocation a effectivement des avantages certains, comme la division du loyer entre plusieurs payeurs, l’assurance de jouir d’un espace plus grand à meilleur prix et avec des équipements plus nombreux et une convivialité très souvent présente. Le maximum raisonnable est de trois ou quatre personnes, pour des surfaces de 100 à 140 mètres carré, et des prix charges incluses pouvant atteindre les 1200€. (Au-delà, on entre dans les appartements de luxe voire grand luxe selon les villes).

La colocation suppose par ailleurs une assurance habitation par personne titulaire du bail, que l’on préfèrera à une assurance collective, plus difficile à muter en cas de départ d’un des titulaires.

Le souci, évidemment, c’est l’instabilité permanente de la colocation, avec des départs des uns ou des autres, pour des motifs parfois bidons. Les propriétaires et-ou gestionnaires sont de ce fait assez réticents, et posent des conditions restrictives en cas de changements (limités en nombre, dans le temps, pour des raisons strictement énumérées…). Vivre ensemble suppose s’accepter, et l’enfer peut vite s’installer en cas de différends graves.

La colocation est à recommander par conséquent à des bandes d’amis, plutôt anciens, ou des gens posés, avec des cautionnaires solidaires sûrs, des moyens financiers suffisants, et des têtes bien froides… Et surtout en espérant qu’aucn sinistre de quelque nature ne se produise pendant la location, car ni les propriétaires, ni les assurances n’aiment à devoir se dépatouiller de situations locatives alambiquées et-ou complexes.

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