Coup de force à l’université du Havre

Par UNI Archives

Le 19 mai 2003 à 20h51

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L’UNI – Le Havre (La droite universitaire) condamne avec la plus grande fermeté la décision prise en Assemblée Générale vendredi dernier à l’université du Havre de bloquer l’accès de ses composantes ce jour (19 mai), laquelle condamnation fera l’objet d’un tract diffusé dès aujourd’hui sur le campus.

En effet dès 07h00 ce matin, tous les accès à l’université étaient bloqués par des piquets de grève mêlant personnels IATOSS (SGEN-CFDT), enseignants (SNESUP) et étudiants (SUD-Etudiant et UNEF) qui avaient préalablement pris le soin de barricader les portes d’entrée avec des chaînes en fer, empêchant ainsi près de 2000 étudiants d’aller en cours et compromettent la tenue des premiers examens (notamment la filière IUP – Commerce et Vente).

Ce nouveau coup de force est à mettre en rapport avec une motion présentée par l’intersyndicale gréviste de l’université du Havre lors du Conseil d’administration du 15 mai dernier qui menaçait déjà le ministère de l’Education Nationale de ne pas faire passer les examens aux étudiants si celui-ci décidait de ne pas abandonner l’avant-projet de loi sur l’autonomie des universités. Il faut malheureusement souligner le soutien apporté par tous les élus étudiants (SUD-Etudiant, UNEF et Flèche) à la motion présentée par le SNESUP et relayée par l’équipe dirigeante de l’Université. L’UNI qui condamne cette motion en tous ses termes a voté contre et constitue le seul syndicat à n’être pas tombé dans le piège du corporatisme, et encore moins dans le piège ainsi tendu par les « jusqu’au boutistes » du statu quo.

En l’espace d’une semaine on est ainsi passé du coq à l’âne, l’intersyndicale effectuant une pirouette en substituant le refus de cet avant-projet à la réforme des retraites contre laquelle tous les syndicats s’étaient la semaine dernière opposés et alors même qu’on est en passe de trouver un accord à ce sujet. Cela révèle une attitude irresponsable et scandaleuse des syndicats qui espèrent sans doute effectuer cette année le troisième tour social râté de l’an dernier. Décider ainsi de prendre en otage l’avenir des étudiants reflète le mépris affiché des syndicats qui n’ont pour seuls intérêts que de servir les leurs.

Le blocage organisé de l’université depuis maintenant une semaine vient à contre-courant d’une conception du service public fondée sur la poursuite de l’intérêt général. Il serait illusoire de croire que ce chantage de grande envergure aurait pour seul but de rendre service aux étudiants qui pour la plupart sont à deux semaines des examens et ne demandent qu’à pouvoir les préparer dans les meilleures conditions (grève de nombreux services administratifs : secrétariats de filières, Bibliothèque universitaire, Reprographie, occupation d’amphithéâtres,…). Les syndicats et élus affichent ainsi un égoïsme sans précédent en décidant ni plus ni moins de brader l’avenir des étudiants…

L’UNI qui aujourd’hui est la seule force de l’université à agir dans l’intérêt des étudiants souhaite une grande fermeté de la part du gouvernement face à ce type d’agissements trop fréquents pour être justifiés et dont la conséquence directe n’est autre que de faire primer les intérêts catégoriels de certains au détriment de celui des étudiants et donc de l’intérêt national, dans ce qui ressemble étrangement à une forme moderne de la lutte des classes !

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