De la restauration de la confiance…

Par UNI Archives

Le 6 janvier 2008 à 19h07

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Les récentes manifestations de corporatisme et de l’égoïsme catégoriel que nous avons connues au cours du mois de novembre dernier, révèlent à nouveau s’il en était besoin, le mal profond dont souffre notre société.

Alors qu’il était question dans les réformes ainsi contestées de débloquer des situations manifestement sclérosées -régimes spéciaux, autonomie des universités-, tout ce que notre pays peut compter de réfractaires, de contestataires et d’opposants systématiques a utilisé ces occasions ou ces prétextes pour agiter à nouveau les vieux gris-gris éreintés hérités du 20ème Siècle.

Tout cela ne serait rien en définitive, sauf l’une des dernières tentatives pathétiques des archéo lénino-marxistes de bloquer toute réforme, s’ils ne savaient parfaitement réveiller les peurs et faire retentir les à-prioris enfantins de la population française.

Dans un pays où plus de 70% des gens considère sans ciller que la mondialisation et le libéralisme sont des dangers ; dans un pays où l’illusion de l’Etat-Providence et de l’Etat protecteur demeure tenace ; dans un pays où la réussite personnelle et la richesse sont toujours considérées comme des signes de l’injustice sociale ; dans ce pays, la défiance, le soupçon et la discorde ont encore de beaux jours devant eux.

Cette défiance, ce soupçon, souvent nourris par la rancoeur et l’insatisfaction personnelle, sont des moyens puissants pour ceux qui savent les utiliser à dessein, afin de maintenir le pays -et toute la société-, dans cette espèce de mollesse défaitiste et d’immobilisme général qui handicapent notre pays.

La défiance, le soupçon, la peur de l’avenir suscitent, auprès des foules bernées, le rejet de tout progrès, le désir d’assistanat, la demande d’un peu assuré plutôt que d’un beaucoup soit-disant incertain. Les sciences sont perçues comme suspectes de manipulations, y compris génétiques ; les techniques doivent être, croient-elles, subordonnées au « principe de précaution », synonyme en réalité d’immobilisme et de décrochage économique. Tout est « dangereux », surtout potentiellement, et les héros de nos temps aveuglés sont les prêtres sourcilleux et moustachus de l’écologisme radical ou/et « bobo con ».

Plus de 70% des Français sont habités par ces « certitudes » mortifères, et les gouvernants de rencontre, obsédés par les sondages et les sautes d’humeur d’une opinion versatile et si mal informée, n’hésitent pas à faire assaut de démagogie flatteuse, quel que soit leur bord. On a inscrit dans la Constitution (quel symbole lorsque l’on sait l’importance de ce texte !) le « principe de précaution » ; on a adopté des moratoires aux recherches fondamentales ; on a pu organiser des « Grenelles… », à seule fin de donner le sentiment fugace de l’action politique et de la prise en compte des « problèmes » de la population…

Nos partenaires, surtout européens, observent, depuis bien trop longtemps, et jugent avec sévérité, cette tendance française aux exceptions de toutes sortes, pleurnichardes, luddistes, archaïsantes et foireuses. Tout en profitant de notre inaction pour accroître leur avance scientifique, technologique, économique et, par conséquent, politique.

Dès lors, la seule question à laquelle il faut répondre est celle des moyens à mettre en oeuvre pour débloquer le plus vite possible, et les mécanismes, et les énergies, et les moyens pour permettre à la France de repartir en avant, avec toute la légitime confiance en l’avenir que ses importantes capacités devrait lui fournir ! Il faut emporter les Français dans le mouvement vertueux de l’action et de l’effort.

Nicolas SARKOZY est-il l’homme de la situation ? Celui qui voulait être l’homme de la « rupture » ne s’est-il pas déjà laissé engluer dans la colle infecte des manoeuvres politiciennes et des tiédeurs attentistes ? Si le gouvernement se félicite si peu d’avoir mis fin aux grèves des transports et des facultés, n’est-ce pas parce que les syndicats ont réussi à vider de leur substance les textes et mesures envisagés ?

Espérons que non. Que les électeurs ne perdent pas confiance en l’homme du langage de vérité élu en mai 2007, pour que l’ensemble du pays soit peu à peu persuadé et convaincu de la justesse et de l’utilité des réformes annoncées et mises en oeuvres !

Seul un gouvernement mené par un chef confiant et sûr de lui a les moyens psychologiques et politiques pour rendre confiance au pays, à toutes les catégories sociales, qui tireront profit des réformes fructueuses entreprises.

Mais qu’est-ce qu’un gouvernement confiant ? Aujourd’hui, il semble qu’il faille que, dans notre pays, ce soit tout d’abord un gouvernement compétent et reconnu comme tel. Les nominations des différents membres du gouvernement FILLON ont pu -et c’était là l’un des objectiffs évidents ! – susciter des commentaires effarés de la part des observateurs nationaux et internationaux. Plus que les choix de personnes et de profils, le recrutement hors des frontières naturelles du camp présidentiel a ravagé toutes les lignes, destabilisé tous les à-priori et empêché les habituelles critiques de l’opposition, dépouillée de la plupart de ses figures -compétentes par ailleurs… Ces choix parfois audacieux (AMARA, BESSON, HIRSCH) et symboliques (KOUCHNER, DATI, YADE) ont été consolidés par ceux de spécialistes (LAGARDE, BERTRAND, ALLIOT-MARIE) indiscutables. Et même si quelques grincements et défauts de « jeunesse » (accès ou excès de sincérité ?) ont parfois réveillé les railleurs professionnels, les six premiers mois se soldent par l’adoption d’un train de mesures considérable, fidèle au programme de campagne du candidat SARKOZY.

Cette fidélité au programme électoral du président de la République apparaît comme le deuxième élément permettant le retour (ou la renaissance…) de la confiance. Aucune mesure n’est surprenante : toutes étaient annoncées, et si la discussion peut se faire sur les modalités d’application de chacune d’entre elles, les buts et les moyens à mettre en oeuvre étaient présentés bien avant le 6 mai 2007. Aussi, nul ne peut faire l’étonné, et personne à gauche ne s’y essaie d’ailleurs, sauf à risquer le ridicule !

L’opinion publique l’a d’ailleurs compris, la majorité exprimant une large satisfaction quant à l’action gouvernementale (+ de 55% de soutien selon les sondages). D’aucuns pourraient rétorquer que « la croissance ne se décrète pas » et que le « point de croissance » recherché par le président de la République lui échappera étant donné la conjoncture bien mauvaise (hausses des aliments et du pétrole, entre autres…). Mais il sera facile de montrer que la mise en place de nouvelles règles du jeu socio-économique permettra de rendre armes et des atouts à notre économie, y compris en amortissant le choc rude de ces hausses.

La peur actuelle de l’inflation, de la perte du pouvoir d’achat et de l’accroissement des licenciements économiques et à combattre en démontrant la capacité de notre pays à assurer le niveau des salaires et des prix. Ainsi, le gouvernement a déverrouillé le système des heures supplémentaires afin de récompenser ceux qui, travaillant plus, veulent gagner plus ; et puis, les propositions émises par la commission ATTALI et le Conseil Economique et Social pour l’abrogation de la loi GALLAND doivent faciliter la concurrence entre distributeurs, et donc, un maintien ou une baisse des prix des biens de consommation.

Il est certain que, si à la caisse des supermarchés ou à la pompe, la population continue à ressentir -à tort ou à raison, même si la raison semble l’emporter…- l’augmentation inéluctable des prix, les effets néfastes sur l’économie et le climat social seraient catastrophiques : baisse de la consommation globale, épargne en hausse, grogne sociale, défiance grandissante envers un gouvernement dont tout le crédit repose sur l’exigence légitime de défense du pouvoir d’achat, et donc tentation du retour à l’immobilisme et aux contestations les plus farfelues !…

L’énergie déployée par le président Nicolas SARKOZY vise à répondre aux demandes de la population, à faire face aux contraintes conjoncturelles et à appliquer l’ensemble de son programme dans ce contexte. Il a compris les enjeux, et il essaie de rassembler pour mener à bien sa politique les Français éparpillés en chapelles multiples et parfois antagonistes. C’est là le troisième élément majeur de l’action présidentielle : la volonté farouche de rassembler pour que « Ensemble, tout soit possible » selon la formule de sa campagne électorale.

Aller de l’avant et mener les réformes de fond alors même que la conjoncture est incertaine n’est pas une preuve d’irresponsabilité comme tente de le faire les opposants hétéroclites de gauche. En effet, les grands chantier entrepris ont ceci de particulier qu’ils correspondent à des transformations structurelles et non conjoncturelles, qui ont pour but de redéployer les forces vives du pays, qui pourront alors et dans un deuxième temps, faire face en étant mieux outillées aux embûches conjoncturelles que nous subissons actuellement.

En somme, la confiance dont a besoin le pays est à rechercher à la fois par des mesures libératrices des énergies trop longtemps contraintes et par une présentation approfondie aux Français des atouts de notre pays, afin que la raison et le coeur soeint revigorés et que l’envie d’entreprendre apparaisse à nouveau comme un choix ambitieux et raisonnable !

MOREL Philippe

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