Education : l’orthographe des lycéens de plus en plus catastrophique !

Par UNI Archives

Le 12 avril 2005 à 10h18

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A l’heure où les « syndicats » lycéens tentent de déstabiliser le fonctionnement des établissements, les Dernières Nouvelles d’Alsace publient le 3 avril dernier un article consternant sur le niveau de plus en plus exécrable des lycéens dans le maniement de la langue française… A méditer longuement…


Article paru le 3 avril 2005, page Région 1 :

 » Plus d’un élève sur deux ne maîtrise pas l’orthographe de base, en seconde générale et technologique. C’est le constat établi par le collectif « Sauver les lettres », qui procédé à sa propre évaluation à la rentrée 2004.

Quelques 2300 lycéens de France ont plaché sur une dictée (Alphone DAUDET) donnée à la session 1998 du brevet et sur six questions de grammaire. Résultat ? 56,4% des jeunes ont eu zéro à la dictée, et près de 13% un maximum de 4,5/20 ! « Catastrophique ! », commente « Sauver les lettres ».

La maîtrise de la langue s’est fortement déteriorée en peu de temps. En l’an 2000, seulement 28% des lycéens soumis au même exercice avaient récolté zéro à la dictée. Le collectif juge pourtant « relativement simple » le texte d’Alphonse DAUDET. A chacun d’apprécier.

En Alsace, une classe du Robert-Schuman de Haguenau a participé à l’opération 2004, et ne s’en est pas trop mal sortie [U.N.I. : si on veut…]. Sur 31 copies, 5 ont eu zéro (15 à 20 fautes), et 18 ont décroché 10/20 ou plus. « Je suis content pour l’orthographe, mais pas pour la grammaire, tempère Sébastien LUTZ, le professeur de Lettres de la classe. Peu d’élèves sont capables de citer les règles d’accord du participe passé, et une majorité ne sait pas fabriquer un exemple de sujet inversé… »

Les résultats du test de « Sauver les lettres » sont-ils représentatifs de l’état de l’orthographe chez les jeunes ? Il semble que oui.

« Je m’arrache les cheveux quand je corrige : environ 80% des élèves font beaucoup de fautes d’orthographe, grammaticale ou lexicale« , dit Martine MEYER, professeur de Lettres au lycée Blaise-Pascal de Colmar, en seconde et en 1ère (scientifique).

« Les élèves, explique-t-elle, connaissent les grandes règles, mais ils ne les ont pas intégrées ». Les fautes les plus courantes sont classiques. En seconde, les jeunes peinent encore à différencier les à/a, on/ont, son/sont, ces/ses, ce/se. Ou le participe passé de l’infinitif 1er groupe.

« Je trouve des fautes que je n’avais jamais vues auparavant, comme si les élèves réagissaient davantage à l’oreille, poursuit Martine MEYER. Il n’est pas rare de rencontrer « sait le jour » pour « c’est le jour », « mettre » pour « maître », « ensaigner » pour « enseigner ». Les verbes et leur conjugaison déstabilisent les lycéens, qui donnent du « je vous en prient » ou du « je vous recommanderez ».

« Sur une classe de 35 élèves, seuls deux ou trois sont capables d’écrire une page sans erreur : tous les autres ont des difficultés d’orthographe parfois très lourdes« , dit Thierry GRENIER, professeur de Lettres au lycée Marc-Bloch de Bischheim.
« Si on utilise un lexique élargi, exact et précisz, rapidement les élèves ne nous comprennent pas. »

Au fil des ans, la situation s’est « aggravée », dit Thierry GRENIER, qui n’entend pas toutefois céder à une « méditation morose » sur le passé. « Je veux que les élèves acquièrent les outils critiques pour comprendre le monde. C’est à cela que sert l’étude de la littérature. Tant pis s’ils ne connaissent pas Racine… » [U.N.I. : quel beau professeur que voilà !…]

« Les lycéens ne comprennent pas les textes, ni les questions posées : c’est la première difficulté« , témoigne Olivier FISCHER, jeune professeur de Lettres à Blaise-Pascal. « L’orthographe est sinistrée, même les bons élèves« , précise-t-il, en regrettant que le système sanctionne si peu les fautes : « Au bac, on nous demande d’enlever trois points maximum pour une copie truffée d’erreurs. »

Geneviève WINTER, inspectrice d’académie-inspectrice pédagogique régionale (IA-IPR), ne nie pas le problème d’orthographe, ni son accentuation. Mais elle l’inscrit dans une évolution globale : « Le niveau de langue des élèves a baissé, comme celui des adultes. Tous les jours, je vois d’énormes fautes dans les quotidiens les prestigieux… »

Que fait l’Education nationale ? « Ce chantier est prioritaire », assure Geneviève WINTER, en expliquant : « On essaie d’engager les professeurs de toutes les disciplines à exercer une veille permanente sur la qualité de la langue des élèves. » La dictée, à son avis, n’est pas un outil absolu : « La maîtrise de la langue s’acquiert tout autant par la correction de son propre écrit. »

Que pense l’IA-IPR du test de « Sauver les lettres » ? « On peut être désemparé devant l’écriture de DAUDET [Voilà l’explication ! L’écrivain écrit trop bien !], qui n’est pas un grand écrivain, mais un admirable styliste », laisse tomber Geneviève WINTER [Merci pour le styliste…].

Autre bémol : « Les élèves ont travaillé hors contexte d’enseignement« , sans le support d’un cours ou d’un corpus de textes. [Et que feront-ils une fois hors l’école, confrontés à une multitude de textes de tout type, sans « support » ni « corpus » ?]

L’exemple de Sébastien LUTZ permet peut-être d’espérer. « Petit, j’étais abonné au zéro en dictée, raconte le professeur de Lettres. Et je n’ai plus fait de fautes, presque du jour au lendemain, à la fin collège. Par quel miracle ? L’histoire ne le dit pas . Peu importe tout compte fait. On a tous besoin d’un peu de merveilleux. »

COMMENTAIRE : si nous avons donc bien compris le message, le niveau général est devenu épouvantable (au sens strict du terme), mais il ne faut pas s’en inquiéter plus que de raison, puisque même les adultes deviennent incultes. Entre abrutis on se comprend, et l’inspection académique n’y trouve rien à y redire en vérité… Tout va bien dans le meilleur des mondes, et surtout inscrivez vos enfants dans des institutions enseignant encore le français, ça peut aider…

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