Entretien avec Christian Estrosi

Par UNI Archives

Le 4 novembre 2001 à 0h00

UNI

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Action Etudiante : Vous venez de publier un livre sur l’insécurité en France. Vous soulignez que l’insécurité est devenue la première préoccupation des Français, comment expliquez-vous ce sentiment?

Christian Estrosi : En publiant mon livre Insécurité : sauver la République, j’ai voulu apporter le témoignage de l’élu que je suis et qui, chaque jour, sur le terrain, se trouve confronté à la détresse de nos concitoyens désormais victimes de cette montée vertigineuse de la délinquance et qui se sentent abandonnés par les pouvoirs publics. Les socialistes parlent de sentiment d’insécurité pour nier l’évidence d’une insécurité de plus en plus insupportable. Or, aujourd’hui la sécurité est devenu la première préoccupation des Français.

AE : Les chiffres nationaux et officiels de la délinquance et de la criminalité au premier semestre 2001 révèlent une explosion sans précédent de celle-ci. Ces chiffres témoignent-ils d’une faillite de la politique du tout-psychologique au détriment de celle plus répressive ?

CE : Il est évident que la politique du
tout-social a échoué. Il nous appartient de trouver une voie nouvelle entre l’éducation, la prévention et la répression, sachant qu’aucun fait de délinquance ne doit rester impuni. En même temps, les délinquants récidivistes doivent être plus sévèrement sanctionnés. Une réforme du système judiciaire s’impose quand on sait que 70 % des peines, tous faits de délinquance confondus, ne sont pas appliquées.

AE : Partagez-vous le point de vue de Lionel Jospin qui considère que « c’est la société qui est violente » ? N’est-ce pas de sa part plus qu’un aveu d’impuissance, un refus d’agir ?

CE : Lorsque Lionel Jospin considère que « c’est la société qui est violente », il excuse par avance les délinquants qui deviennent ainsi des victimes. Ce tour de passe-passe est un lieu commun de la pensée socialiste. En même temps qu’un aveu d’impuissance, c’est une manière de renoncer à toute répression. Lionel Jospin reste viscéralement anti-sécuritaire, l’action répressive ne s’inscrit pas dans sa logique qui est une logique du renoncement. Finalement, la gauche est rattrappé par la vieille idéologie trotskyste de Lionel Jospin. Sa politique irresponsable et laxiste conduit inévitablement à ébranler toujours un peu plus l’Etat français.

Pour en savoir plus : Christian Estrosi Insécurité : Sauver la République, Editions du Rocher, 13,57 euros .

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