Entretien avec Philippe Charaix, président de l’OFUP

Par UNI Archives

Le 12 octobre 2005 à 15h28

UNI

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Depuis quelques semaines, une polémique enfle sur les campus à propos de la présence de l’OFUP, au sein des universités. La FSE multiplie les actions pour demander « l’expulsion » de cette société des campus. Monsieur Philippe Charaix, PDG de l’OFUP répond à nos questions :

• Pouvez-vous nous présenter l’OFUP et ses principales missions ?

Depuis plus de 30 ans l’OFUP bâtit chaque année un catalogue presse en collaboration étroite avec les éditeurs. Ce catalogue comporte aujourd’hui 370 titres particulièrement choisis pour accompagner le cursus universitaire des étudiants. Certains de ces titres sont introuvables en kiosque. Il est intéressant de noter que moins de 7% des abonnements souscrits auprès de l’OFUP concernent des titres loisirs.
La mission de l’OFUP est de présenter cette offre de presse au monde étudiant avec un rôle important de conseil.
A cet effet 2500 étudiants sont recrutés formés et encadrés chaque année pour aller à la rencontre des autres étudiants et lycéens.
Ils disposent pour cela de moyens importants comme les tables de presse ou sont présentés la plupart des magazines du catalogue, des descriptifs détaillés des magazines permettant à l’étudiant de se déterminer en bonne connaissance de cause, d’analyse des titres par filières de formation.
Ce sont chaque année au total plus d’un million d’étudiants et de lycéens qui bénéficieront de ces conseils personnalisés. 200 000 d’entre eux choisiront de s’abonner à un magazine.

• L’OFUP est souvent présentée comme le premier employeur étudiant, quelle est votre politique en matière de recrutement, et quelle expérience peuvent en tirer les étudiants ?

L’OFUP propose chaque année 2500 postes à des étudiants et reçoit pour cela prés de 20000 candidatures.
Pour la plupart des étudiants retenus il s’agit du premier véritable emploi
Plusieurs types de fonctions sont proposées : courtier, responsable de centre, de ville, de zone, responsable de la distribution des catalogues.
Les fonctions d’encadrement donnent lieu à des formations de 1 à 3 semaines dont un séminaire d’une semaine sur le campus d’HEC.
Les fonctions de courtier donnent lieu à une formation dispensée par les encadrants étudiants.
Les valeurs de responsabilité, travail en équipe, dépassement de soi sont au cœur de notre philosophie d’entreprise.
Nombreux sont les anciens de l’OFUP qui reviennent vers nous en témoignant de l’importance qu’a eu pour eux leur passage à l’OFUP dans leur parcours professionnel.

• Le travail de « vendeurs conseil » OFUP est-il conciliable avec les études ?

Les courtiers représentent la grande majorité des emplois. Le choix du statut de VDI (Vendeur à Domicile Indépendant) permet à l’étudiant de conserver la totale autonomie de son temps de travail.
Les encadrants ont un statut de CDD, de 10 à 20 heures par semaine. La plus grosse partie de leur activité se situe avant la reprise des cours en juillet et en septembre.
L’activité se situe en général sur le lieu même d’études de l’étudiant, lui évitant ainsi des pertes de temps en transports inutiles.
Tout étudiant qui souhaite interrompre sa collaboration avec l’OFUP, s’il estime par exemple qu’il ne sait plus concilier OFUP et études peut le faire.

• Comprenez-vous l’attitude de la FSE qui exige que les vendeurs de l’OFUP ne puissent plus être présent au sein des universités ?

La question est avant tout celle de la presse au cœur des lieux de vie des étudiants. En voulant interdire l’OFUP sur les campus c’est la présence vivante de la presse qui est chassée des campus. L’OFUP reste à l’écoute des Universités et au premier lieu de leurs Présidents pour adapter sa présence aux exigences des établissements.
Il ne nous a pas été possible malgré nos propositions répétées de dialoguer avec la FSE pour leur faire découvrir la réalité des pratiques de l’OFUP. Faute de ce débat il nous est difficile de comprendre l’attitude de la FSE.
Nous croyons en notre mission et nous en sommes fiers.

• La présence de l’OFUP sur les universités est-elle réellement menacée ?

L’OFUP est une petite entreprise de 46 collaborateurs permanents. L’empêcher d’exercer sa seule activité est bien sur de nature à menacer son existence.
Quelques établissement ont fait ce choix .
L’OFUP n’a par exemple aucune activité de diffusion de Presse en dehors du monde étudiants, lycéens et enseignants.

Mais le plus important n’est pas l’OFUP mais les offres de presse proposées aux étudiants.
Seule l’OFUP a su jusqu’à ce jour leur proposer une offre aussi adaptée à leur besoin et avec les réductions les plus fortes (jusqu’à 80% par rapport à l’achat au numéro).

Les premiers perdants au retrait de l’OFUP seraient donc les étudiants, tant pour la presse que pour les emplois.

Les autres perdants seraient les éditeurs de presse et en particulier ceux dont la diffusion n’est pas assurée ou peu assurée par la vente en kiosque et ceux à faible diffusion pour lesquels l’OFUP est un canal indispensable.

Notre volonté est très clairement de continuer à remplir notre mission de diffusion de la presse aux étudiants.

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