Impromptus sur l’actualité générale (X) : idéologie, programme et image de marque (2)…

Par UNI Archives

Le 3 avril 2007 à 16h15

Image Impromptus sur l’actualité générale (X) : idéologie, programme et  image de marque (2)…

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Les récentes déclarations des principaux candidats à la présidence de la République ne peuvent pas manquer d’étonner lorsque l’on observe que les uns ou les autres n’hésitent pas à endosser les références ou les valeurs de leurs présumés adversaires. On a ainsi entendu Nicolas SARKOZY évoquer JAURES et ROYAL vanter les mérites du général de GAULLE.

Cette inversion des références politiques peut laisser songeurs les partisans des deux camps, et les admirateurs des personnages en question se sentent parfois violentés dans leurs convictions.

Mais cette bizarrerie, justifiée par chacun comme une réappropriation « légitime » de l’intégralité de l’histoire nationale et de ses figures, illustre surtout, de façon spectaculaire, la tentative de mener à bien l’effacement des frontières et barrières politiques habituelles, afin de justifier le démarchage du camp d’en face.

JAURES pour SARKOZY, DE GAULLE pour ROYAL, sont appréhendés par ces candidats comme des sésames utiles à se frayer une voie au coeur d’électorats hostiles au premier abord, mais qui pourraient se laisser séduire à l’évocation de leurs icones.

Les valeurs d’autorité et de solidarité ont subi le meme régime, le camp d’en face en faisant un usage renouvelé et parfois iconoclaste : Que n’a-t-on entendu lorsque ROYAL a parlé d’encadrement militaire ; et son affection soudaine pour les symboles de la République (Marseillaise, et drapeau…) concourt à une démarche évidente de séduction de la frange la plus centrale de l’électorat.

Personne ne met plus en avant, parmi les candidats ayant des chances raisonnables de faire un score, aucune des idéologies de feu le 20ème siècle : la remise en cause du capitalisme a disparu des revendications, seul le système libéral économique suscite encore des commentaires, plus de forme que de fond d’ailleurs !

Cette « désidéologisation » générale et le syncrétisme politique auquel nous assistons ont pour effet évident de rendre la campagne moins passionnée, sans plus d’anathème catégorique, et pourtant très technique, avec un ensemble de mesures proposées aux Français qui visent à répondre aux problèmes concrets de l’électorat.

Les futurs électeurs se voient donc proposer non plus des doctrines clefs en main prétendant changer profondément l’avenir ou le sauvegarder, mais des espèces de boites à idées sensées répondre à l’ensemble de leurs (parfois prétendues…) préoccupations.

Les caractères et personnalités des différents concurrents sont aussi mis en avant par des équipes de campagne imprégnées par la culture publicitaire plus que par celle de la politique, et l’on peut avoir parfois la sensation de se trouver devant un choix de lessives ou de Karchers…

Car cette campagne médiatique, plus que les deux précédentes, vise aussi à installer chacun des principaux protagonistes dans des créneaux bien distincts : à ROYAL l’incarnation de la bonne petite mère de la nation -tendance assistanat et infantilisation généralisés ; à SARKOZY la capacité à gouverner et à présider avec conviction et autorité ; à BAYROU l’anti-tout, désireux de réaliser l’union sacrée des inconciliables ; et à LE PEN, quatrième homme trop vite ignoré, la réaction et l’extrémisme grossier…

Le marketing politique jouera-t-il son role ? Suffira-t-il à faire élire le meilleur des poulains, ou le mieux emballé des produits politiques ?

L’effritement de la madone des socialistes, et le dégonflement du phénomène BAYROU, qui ont constitué des moments forts de la longue course d’bstcles de la présidentielle, viennent, chacun à leur tour, confirmer la grande fragilité de ces constructions promotionnelles, et le recours de plus en plus intensif aux bons vieux meetings confirme que les candidats ont conscience de la nécessité de toucher directement, physiquement et émotionnellement les électeurs potentiels. Une fois la présentation faite (plus ou moins bien…), il faut confirmer son image de marque par des prestations concluantes et emballantes.

A ce jeu, deux experts se distinguent, qui ne surprennent pas grand monde tant leur réputation était déjà faite en ce domaine : le vieux briscard LE PEN, toujours en forme devant les foules, et Nicolas SARKOZY, dont les prestations reflètent, coup après coup, l’étendue du talent de tribun et d’agitateur d’idées…

Les discours de l’ancien ministre de l’Intérieur expriment peu à peu sa vision du monde, et des réformes indispensables, dans tous les domaines, avec calendriers et projets réalistes, financements et partenaires.

P. MOREL

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