La Philosophie du désordre

Par UNI Archives

Le 8 novembre 2006 à 22h08

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Les socialistes ont une philosophie morale et politique objectivement fausse. Leurs grilles d’analyse intellectuelle, issues d’un marxisme jamais renié, ne leur permettent pas de comprendre les logiques qui sont réellement à l’oeuvre dans la vie sociale et économique moderne. Leur doctrine rejette délibérément, ou ignore, les valeurs et les vertus qui conduisent les natures humaines, individuelles et sociales à leurs accomplissements. Par ailleurs, ils sont animés de ressentiments. Ce déficit d’analyse et cette passion fournissent le fil directeur d’à peu près toutes leurs politiques.

Les socialistes ne savent pas produire de richesses, parce qu’ils ne comprennent pas les vertus du travail, l’esprit d’entrepreneuriat, le rôle social de la propriété privée, la valeur des relations contractuelles librement nouées, la logique auto-organisatrice du marché, en bref ils ne peuvent appréhender la réalité économique moderne.

C’est pourquoi de plus en plus ils marchent sur les plates-bandes des soit-disants altermondialistes. Ils regrettent qu’il y ait des pauvres, et par ailleurs ils jalousent les riches. Leur grande recette est donc de mélanger les richesses. Ils le font par le vol fiscal, la redistribution présentée sous le beau nom de solidarité, mais dont les bénéficiaires ne sont nullement les pauvres, mais la fonction publique, leur électorat. Ce dernier point apparaît de plus en plus aigüe. En effet, les baby-boomers, après avoir profité d’une des périodes les plus fastes du siècle au plan économique, ont organisé un système social qui leur garantit des vieux jours prospères au détriment des classes d’âge plus jeunes, condamnées à une faible croissance. La guerre que les vieux livrent sourdement à leur progéniture est servie par l’un de nos travers, le refus d’envisager l’avenir. D’où l’endettement de la France, qui découle de cette cécité collective. D’où le médiocre investissement dans l’enseignement, alors que la montée en puissance des pays émergents commanderait que nous travaillions davantage les spécialités économiques de demain. D’où enfin notre aversion au travail, qui nous fait travailler moins que les autres, partir en retraite plus tôt avec des pensions qui sont augmentées par le biais de manifestations, et revendiquer continuellement. Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut voir, surtout quand il y a un intérêt puissant.

Les socialistes ne savent pas produire de sécurité, car ils ne croient pas à la responsabilité individuelle. Ils pensent que les délinquants sont les victimes d’un ordre social injuste et que la loi n’est que l’instrument qui permet à la classe dominante de perpétuer sa domination. Ils ne croient donc pas au caractère dissuasif de la sanction pénale. Ils ne veulent pas employer la force pour faire respecter le droit. La notion même d’ « ordre » est, à leurs yeux, « fasciste ». D’où une augmentation « cachée » de la délinquance sous leurs gouvernements dont nous découvrons enfin l’ampleur. Tout ce qu’ils savent faire quand il y a trop de délinquance, c’est de mélanger les délinquants et les non-délinquants par ce qu’ils appellent la « mixité sociale », comme si noyer le problème était la même chose que le résoudre. Mais ils ne font alors qu’étendre la maladie et miner le lien social sur des zones toujours plus vastes. Cette idée de gauche a ruiné les finances de l’Etat, en donnant des subventions dans tous les sens, sans prendre le problème à bras le corps, là encore pour assouvir leur électorat. Mais pire, ils ont divisé les Français en faisant de certains des « aigris » de la vie politique, faisant ainsi le lit des extrêmistes.

Les socialistes ne savent pas non plus produire de bons élèves, puisqu’ils ont systématiquement dévalorisé, dans l’école, où ils tiennent le pouvoir depuis des décennies, tout ce qui peut y faire éclore les talents. Chez les élèves : l’effort, la discipline, la concentration, la sanction. Chez les maîtres : l’amour du savoir, la rigueur, le dévouement. Chez tous : l’intelligence, l’émulation, le désir de l’excellence. Leur grande recette est donc de mélanger les bons et les mauvais élèves. D’où la carte scolaire, le collège et le lycée unique, les « classes hétérogènes » qui sous prétexte de ne laisser personne à la traîne, tire tout le monde vers le bas, l’alignement des programmes vers le bas, des méthodes annihilistes, avec ce beau résultat d’avoir d’ores et déjà stérilisé l’esprit de plusieurs générations de Français. Les élèves ne savent plus lire, ni compter, encore moins penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu’on ne veut le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d’années ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde. La « Nouvelle Pédagogie » a fait ses preuves : l’école a cessé d’être un moteur d’un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors que faire ? Tout est lié, et l’école demeurant la clé de voute de la vie sociale, les élèves qui connaissent l’échec scolaire finissent pas venir remplir les rangs des « aigris » du système favorisant le plus souvent les extrêmistes de tout bord.

Les socialistes ne savent pas produire de l’art, parce qu’ils ne croient ni au génie, ni aux chefs-d’oeuvre. Avec Bourdieu, ils ont horreur de toute « distinction ». Ils mélangent donc artistes et non-artistes, décrètent que les rappeurs valent Mozart, les tageurs Vermeer et les « spect-acteurs » les acteurs. Le fruit de ces beaux principes est que là où l’art est contrôlé par les socialistes, c’est-à-dire dans la quasi-totalité des structures publiques françaises, il s’abîme dans une sordide médiocrité. L’on constate que des subventions de l’Etat servent à la réalisation d’un clip et d’une chanson incitant à la haine de la police (mairie de Nantes).

Les socialistes ne savent pas produire le bonheur de la vie privée, car, ne voulant qu’une seule grande famille sociale, ils ont juré la fin de la vraie famille et y ont grosso modo réussi. Ils ont méthodiquement démantelé les cadres juridiques qui la protégeaient. Leur intuition profonde est qu’il ne doit plus y avoir homme et femme, époux et épouse, père et mère, parent et enfant, petit garçon et petite fille. Détestant ces différences qu’ils appellent des « inégalités », ils ne veulent que des « pairs », dressés les uns contre les autres et accrochés à leurs « droits ». Peu leur importe que ces atomes sociaux, sans patrimoine, sans passé, sans espace de vie autonome, se retrouvent bientôt asservis à l’Etat-Providence. Et c’est en cela que l’UNEF (syndicat d’étudiants de gauche) propose la création d’un statut social, permettant à chaque jeune de bénéficier d’une allocation d’autonomie et d’un logement autonome. Proposition séduisante mais ô combien perverse. En effet, sous prétexte d’un système archaïque de bourses, d’un nombre accru d’étudiants et le fait que de plus en plus d’étudiants doivent se salarier pour étudier, l’UNEF propose ce qui s’apparente bel et bien à un RMI jeune. Derrière cette pensée louable, se cache en réalité une volonté de casser le lien entre l’étudiant et ses parents, en bref d’individualiser toutes les relations qui existent dans ce pays. C’est le paradoxe de la gauche que de clamer haut et fort une solidarité sans faille et de l’autre côté de vouloir sans cesse individualiser l’homme, briser tout lien social.

Enfin les socialistes ne savent pas, et c’est le résumé de ce qui précède, produire la civilisation. Ce n’est pas étonnant, car il faut, pour accomplir cet improbable miracle, infiniment de science, d’intelligence, d’art, de génie, en un mot il faut de l’esprit, notion qui n’a pas sa place dans leur philosophie matérialiste. Donc, au lieu de défendre la civilisation occidentale, ou de prôner un dialogue des civilisations où chacune chercherait à discerner et à adopter le meilleur des autres, ils optent pour leur mélange, c’est-à-dire pour le « métissage culturel » et le « multiculturalisme ». Ayant toujours comme objectif les diverses élections, ils « prennent soin» de leur électorat, par de belles propositions : droit de vote des étrangers, élargissement du regroupement familial, nationalité donnée aux enfants scolarisés…car derrière les « sans-papiers » se trouve l’extrême-gauche avec notamment des personnages comme Richard Moyon coordonnateur de Réseau Education Sans Frontière, membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Mais, pas plus que la science ne progresse par le mélange des théories vraies et fausses, une civilisation ne peut vivre avec des valeurs et des institutions procédant d’une réduction au dénominateur commun. Partout où l’on voit ses formules à l’oeuvre, on constate perte de repères et démoralisation.

En un mot, la philosophie socialiste produit de l’échec et du malheur parce qu’elle produit du désordre. Or elle domine l’esprit en France depuis des lustres, et a empoisonné une bonne partie de la droite. Ne doutons pas que ce soit là, la cause la plus profonde du recul actuel du pays. On tente d’expliquer ce recul par des causes économiques, sociologiques, politiques voire géopolitiques. On a raison, mais il faut ajouter qu’il y a une cause profonde derrière toutes ces causes, la cause première, c’est la vision fausse de l’Homme et de la société qui a été introduite dans notre pays par la philosophie socialiste, et diffusée hélas par l’école. Il n’y aura pas de renouveau en France tant que ne reviendront pas dans l’esprit public des philosophies plus vraies, critiques, mais non hypercritiques et nihilistes, et qui rendront mieux justice aux formes appelées par la nature et construites par l’histoire pour l’Homme et non pour certains hommes ou pour une partie d’un électorat. Pour cette raison également, chacun des politiques devrait méditer la maxime de Clemenceau : « Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire ».

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