La sélection aujourd’hui

Par UNI Archives

Le 27 novembre 2004 à 21h39

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L’avis de l’UNI sur deux grands thèmes du débat :

– Faut-il instituer de la sélection à l’entrée des universités ?
– Que dire du système des grandes écoles ?


A la première question, la réponse de l’UNI est claire. Non, il ne faut pas instituer de sélection à l’entrée des universités. L’université est un lieu de savoir qui doit être ouvert à tous. Soit, mais une proportion incroyable d’étudiants ne tirent aucun bénéfice de leur passage à la fac, sortant peu ou pas diplômés. Très peu ne redoublent pas. Et quand ils quittent le système universitaire, ils ne sont pas préparés pour affronter le marché de l’emploi.
Cela, nous l’avons remarqué il y a longtemps et l’investissement de l’UNI sur le sujet est ancien. Pour autant, si une sélection drastique ne résoud rien, l’angélisme avec lequel se présentent certains étudiants aux portes de l’université doit être combattu. Et il est la principale cause de l’échec à l’université. Car, les clefs de la réussite sont connues : motivation et bonne orientation.Voila, d’une certaine façon, les deux mamelles de la réussite à l’université.

La motivation dépend des étudiants et on n’y peut pas grand chose. L’orientation, elle, dépend en grande partie du système éducatif.

Une meilleure orientation est nécessaire

Trop peu d’informations sont données aux jeunes, que ce soit au collège ou au lycée. Cela débouche à une découverte trop tardive des cursus qui leurs sont offertes : fac, prépas, concours divers, études courtes, longues…
Le panel est vaste et seuls les étudiants les plus informés en profitent. Une orientation intelligente doit être donnée.

Certes, il existe des passerelles, voire la possibilité de changer de cursus. Les réorientations sont monnaie courante, mais il s’agit, dans un grand nombre de cas, d’une erreur originelle de trajectoire qui était évitable.

Mais, pour l’étudiant, le problème ne s’arrête pas là…

Une fois l’année scolaire lancée, l’étudiant découvre qu’il doit se prendre en main, qu’il doit continuer à construire son projet professionnel, faire des stages, trouver des contacts dans les entreprises… Le diplôme ne suffit pas…et il vaut mieux le savoir avant d’arriver en deuxième année de master!

Les succès de la sélection

Depuis quelques années, les universités font des efforts très appréciables dans le but d’orienter les étudiants, de se rapprocher du monde professionnel, mais elle a aussi développé la sélection. Il y a toujours eu un certain nombre de cursus à effectifs réduits : n’est-ce pas logique ? On progresse toujours mieux dans une classe de vingt que dans un amphi de trois-cents personnes.
Et c’est ainsi, que la sélection est restée présente au sein de l’université. Ce phénomène a été maintenu dans un grand nombre de cursus pour lesquels il n’est pas possible d’admettre tous les étudiants qui se présentent. C’est le cas de la fin de la première année de médecine.

Les formations réduites offrent divers intérêts : efficacité, professionnalisation, et ouverture vers d’autres horizons.
C’est le principe des DEA, DESS mais égaalement des DUT, licences pro.

Parallèlement, les grandes écoles sont toujours aussi bien cotées. A l’exception de certaines universités prestigieuses et certains cursus en leur sein, ces formations ont un grand succès, n’en déplaise à leurs détracteurs.Et le recours à la sélection n’est pas étranger à ce succès. Pour ces écoles, la réussite ne dépend pas du nombre de diplômés, mais de l’intégration professionnelle des étudiants.

L’ascenseur social : en panne

Aujourd’hui, d’aucuns s’accordent sur ce constat, l’ascenseur social est en panne presque partout en France.
Il est connu que les universités ne permettent pas aux étudiants issus des milieux les plus défavorisés de rivaliser avec les autres. De même, les grandes écoles, bien souvent, semblent bien éloignées pour des jeunes issus de ces milieux.
Néanmoins, il demeure un type de formation qui remplit encore une fonction d’ascenseur social : les IUT et BTS, formations courtes, professionnalisantes, permettant un bon encadrement de l’étudiant.
Celles-ci opèrent une sélection à l’entrée et cette dernière ne semble pas, au contraire, rebuter les étudiants dits de « milieu modeste ». C’est pour cela que l’UNI rappelle régulièrement son intérêt pour ces cursus qui, bien souvent, permettent un accès à un grande école.

La promotion sociale est un sujet d’actualité sur lequel l’UNI a déjà pu prendre position de nombreuses fois. La priorité est de permettre à tous les exclus de l’ascenseur social de se retrouver sur un pied d’égalité avec les autres. Pour cela, il faut restaurer l’égalité des chances. Cela ne peut pas se faire par le nivellement par le bas et les mesures rétrogrades de discrimination positive, mais par la création de structures permettant une meilleure orientation des étudiants, développant et soutenant l’ambition de chacun, en fonction de ses aspirations personnelles mais également de ses qualités et capacités.

Pour conclure

Le refus absolu de la sélection n’est plus soutenu que par une frange de minoritaires que son idéologie aveugle.

L’application de ce principe a été un échec et quand l’ascenseur social est en panne, les solutions doivent être cherchées ailleurs. Certes, les barrières financières qui existent encore souvent, constamment citées comme un facteur d’inégalité par rapport à une juste sélection, perdurent. D’après les étudiants de l’INSEEC, qui avaient souvent souscrit un emprunt afin de payer les frais de scolarité de leur école, l’aspect financier ne peut pas être constamment invoqué comme un obstacle insurmontable. Qui veut la fin, veut les moyens…
De nombreux efforts doivent encore être faits pour améliorer la situation des étudiants : qualité des études, débouchés professionnels… L’UNI y travaille depuis plus de 40 ans avec pragmatisme et ambition.

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