«Les citoyen.ne.s ont-iels le pouvoir?» : À l’IEP de Lyon, l’écriture inclusive jusque dans les partiels

Article du Figaro étudiant, publié le 13 janvier 2023

Par Rémy Perrad

Le 16 janvier 2023 à 15h14

UNI

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Les élèves de première année de l’IEP lyonnais ont découvert que leur sujet de partiel employait le pronom «iels» et l’écriture inclusive.

«Les citoyen.ne.s ont-iels le pouvoir en démocratie?» À Sciences Po Lyon, l’écriture inclusive s’invite jusque dans les sujets de partiel. Ce mardi matin, les élèves de l’Institut d’études politiques (IEP) avaient le choix entre deux dissertations de sociologie politique: «Inégalités politiques et inégalité sociales» et l’autre, sur la démocratie, rédigé en écriture inclusive.

Une formulation qui n’a pas plu à certains étudiants. Inscrite en première année à Sciences Po Lyon, Daphné* avoue avoir été exaspérée en découvrant son sujet de sociologie politique. «Je fais partie de la minorité d’élèves qui pense que ce langage n’a pas sa place dans les IEP» explique-t-elle.«L’écriture inclusive n’est pas reconnue par l’Académie française, et je considère qu’elle relève d’une volonté idéologique de transformer la langue.»

L’intitulé de ce sujet est d’autant plus singulier, qu’en plus des points médians employés dans «citoyen.ne.s» pour évoquer les genres masculins et féminins, il utilise le pronom «iels». Ce néologisme, considéré comme«rare» par le dictionnaire le Robert est issu d’une contraction des mots «ils»et «elles». Selon Daphné, même Sciences Po Lyon utilise rarement ce pronom: «L’IEP emploie l’écriture inclusive, dans toute sa communication et dans une partie des sujets, mais personnellement, je n’avais encore jamais vu ce mot à Sciences Po Lyon», déclare l’étudianteAvant de poursuivre: «Mais c’était un partiel de sociologie. Et les enseignants dans cette matière sont souvent les plus marqués par l’idéologie woke.»

Si les étudiants interrogés affirment qu’ils ne sont pas obligés d’employer l’écriture inclusive, certains s’inquiètent des répercussions s’ils décident de ne pas l’utiliser. «On ne nous menace pas de nous enlever des points pour cela, mais dans la mesure où une grande majorité d’élèves tend à l’appliquer, le fait d’y renoncer vous désigne de facto comme un étudiant récalcitrant», indique Antoine*, en troisième année à Sciences Po Lyon. Et d’ajouter: «Quand on voit à quel point certains d’entre eux sont militants, on peut se demander s’ils ne le prennent pas en compte dans leur notation.»

Sciences Po Lyon n’est pas le seul établissement à employer l’écriture inclusive dans les sujets des partiels. Le 5 janvier, à Nice, le syndicat étudiant de droite UNI révélait que l’université Côte d’Azur en usait également pour ses élèves de licence en droit. Rémy Perrad, le délégué national du syndicat étudiant avait alors déclaré sur Twitter: «Si l’écriture inclusive est utilisée dans un énoncé d’examen, c’est que son usage dans la copie est quasi obligatoire.»

Ironie du sort, une consigne ajoutée au bas du sujet proposé à Sciences Po Lyon oublie d’être inclusive. Le sujet précise que: «Les étudiants internationaux sont autorisés à disposer d’un dictionnaire billingue». Pour être tout à fait cohérent les concepteurs auraient dû écrire «Les étudiant.e.s»mais il semble que dans cette matière, les règles sont si contraignantes, que même les spécialistes les plus chevronnés peinent à les appliquer. Contactée, la direction de Sciences Po Lyon a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas répondre aux questions du Figaro Étudiant ce jeudi 12 janvier.

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