Les effectifs étudiants en Alsace : une augmentation trompeuse ?

Par UNI Archives

Le 10 décembre 2004 à 10h43

Image Les effectifs étudiants en Alsace : une augmentation trompeuse ?

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Le présent article reprend une partie de l’article des D.N.A. du 2 mars 2004 de Fabien FENT, paru sous le titre « Davantage d’étudiants pour des diplômes plus attractifs », auquel nous ajoutons nos commentaires…


« En 2003/2004, l’effectif estudiantin a augmenté dans toues les universités d’Alsace. Ces institutions et le Pôle Universitaire Européen de Strasbourg vont collaborer plus étroitement dans le cadre d’une « dynamique inter-universitaire ».

Si l’augmentation est la moins significative à l’Université de Haute-Alsace [N.D.L.R. : Mulhouse](+1,4% soit 112 étidants supplémentaires pour un total de 8137 étudiants inscrits), c’est « parce que 55% des étudiants concernés sont dans des filières professionnelles à entrée sélective, où les places sont limitées », remarque Guy SCHULTZ, président de l’U.H.A. En effet, l’augmentation à Mulhouse et Colmar a surtout gonflé les rangs de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines (Gestion et Droit, notamment).

Tandis que les 3,9% de hausse enregistrés à l’Université Robert-Schuman (Strasbourg III, 9079 étudiants en 2003/04) s’expliquent, selon la présidente Florence BENOÎT-ROHMER, par « le fait qu’il y a plus de reçus au bac, et parce que les diplômes sont de plus en plus attractifs ».

A Marc-Bloch (Strasbourg II), où les effecifs ont monté de 4% (soit 512 etudiants supplémentaires, pour 13373 inscrits), la plus forte progression a eu lieu en Théologie et en Lettres Modernes. « Il y a aussi eu une forte poussée du nombre d’étudiants étrangers sur le 3ème Cycle (257 inscriptions supplémentaires, un record) », indique le président François-Xavier CUCHE. Les nationalités les plus représentées sont les Luxembourgeois, les Marocains et les Algériens, les Allemands et les Grecs. »

Les étudiants, notamment asiatiques, contribuent aussi pour une bonne part (à raison de 11%) à l’augmentation des effectifs de l’université Louis-Pasteur (Strasbourg I, +5,5%, soit 934 étudiants de plus, 18055 inscrits) pour cette année. L’augmentation est surtout marquée en second cycle, ce qui fait dire à son président Bernard CARRIERE : « La période critique est peut-être derrière nous. En tous cas, cette hausse traduit l’attractivité en recherche de l’université. » »

Cet article des Dernières Nouvelles d’Alsace (D.N.A.) est une incontestable bonne nouvelle pour l’ensemble du Campus, des étudiants , de la ville et de la région. En effet, cela traduit la bonne réputation d’ensemble de nos établissements universitaires, auxquels il conviendrait d’ajouter l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur de notre région, puisque ceux-ci, poursuivant une hausse régulière de leurs effectifs depuis cinq années, ont encore gagné 2,4% d’étudiants en plus.

C’est une bonne nouvelle donc, mais qu’il faudrait nuancer selon les universités. Ainsi, l’augmentation des effectifs à Strasbourg II (Humanités) s’est concentrée dans les filières les plus « professionnalisantes » de l’établissement : Théologies, langues appliquées et traduction, Histoire… Certaines de ces facultés ont eu la chance d’avoir à leur tête des directeurs ou doyens dynamiques, qui ont multiplié les accords d’échanges, de formation et d’entraide avec des entreprises ou institutions.
Les Théologies sont devenues depuis trois années les premiers centres d’enseignement en Europe Occidentale pour les clercs orthodoxes, coptes ou calvinistes…. L’Institut des Traducteurs et Interprètes-Relations Internationales (I.T.I.-R.I.) a multiplié les conventions pour devenir le centre de formation en langues de référence de nombreuses institutions européennes !

De même, l’Université Louis-Pasteur, qui a la réputation d’être la mieux dotée financièrement de France, bénéficie de nombreux partenariats avec des groupes industriels, qui co-financent avec largesse les laboratoires de pointe de cet établissement à la réputation scientifique incontesté. Pratiquement, l’U.L.P. pourrait fonctionner sans étudiants de 1er et 2ème cycles et sans budget alloué par l’Etat, grâce aux royalities encaissées du fait des nombreux brevets déposés par les chercheurs !

A l’Université Robert-Schuman, la qualité de l’enseignement incontestable a établi depuis des dizaines d’années la réputation d’excellence de Strasbourg III, et la sévérité de la notation a préservé la pertinence des diplômes attribués sur le marché du travail. Malheureusement, les péripéties de gestion administrative et financière qui ont durement marqué l’établissement ont contribué à jeter, si ce n’est le discrédit, au moins la suspiscion sur une université dont les diplômes demeuraient jusqu’alors sans discussion. Par ailleurs, le manque d’ouverture sur le monde du travail, et l’absence totale d’une politique des langues pertinente, augmentent indéniablement le retard pris par notre université juridique. On notera aussi l’hérésie persistante du rattachement à cet établissement d’I.U.T. de chimie, d’informatique ou de gestion, alors que les facultés en rapport sont de la responsabilité de Louis-Pasteur (Strasbourg I).

Autant de motifs qui plombent l’attractivité du Campus de Strasbourg, et qui viennent relativiser l’effet d’annonce d’une augmentation peut-être simplement mécanique…

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