Lettre ouverte au comité de mobilisation de l’Université de Provence

Par UNI Archives

Le 9 mai 2009 à 18h39

Image Lettre ouverte au comité de mobilisation de l’Université de Provence

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Samedi 9 mai 2009.

Mademoiselle, Monsieur,

Ma démarche va très probablement vous surprendre mais laisser la situation se dégrader serait une folie que l’on peut encore circonscrire. La crise rencontrée par notre Université, et dont les étudiants sont les premiers à souffrir , tendant à se prolonger, un effort s’impose. En effet, quelle crédibilité aurons-nous, demain, nous, mouvements étudiants, de toutes orientations idéologiques, si nous continuons ainsi à nous livrer une guerre clanique, minable et misérabiliste? Je sais bien, trop bien hélas, que mes méthodes ne furent pas toujours celles mises en avant par l’UNI, mais est-ce en se complaisant dans un passé maintenant révolu que nous pourrons avancer, ensemble, vers l’Université de demain? Est-ce en nous battant les uns contre les autres que nous pourrons proposer de vraies solutions? Nous sommes, je pense, d’accord sur ce point: il faut tirer partie de nos erreurs, de nos errances, et reprendre un débat qui n’a pas eu lieu.
Il faut replacer les étudiants au centre de nos échanges, dans un respect mutuel et durable. C’est à eux que je pense en rédigeant ces lignes, au delà de toute prise de position, de toutes idéologies, de tous engagements. C’est à eux qu’il convient de penser avant d’agir, à eux aussi de retrouver une place centrale dans nos actions, qu’ils cessent de se sentir otages de luttes qui ne devraient pas être politisées. L’Université n’est pas une arène, se donner en spectacle peut paraître amusant mais il serait préférable de ne pas avoir à rire afin d’oublier que l’on aimerait pleurer… Aujourd’hui, la situation se dégrade et nous nous retrouvons dos au mur. Les examens approchent, les cours n’ont pas eu lieu, ou dans des lieux indécents qu’il conviendrait de ne pas trop citer. Remercions les professeurs qui ont tenu leurs engagements moraux envers ceux qu’ils forment en dispensant malgré tout leurs enseignements.
Certains parlent déjà de ne partir que sous la pression des armes, de la violence. Est-ce là, réellement, ce que nous souhaitons donner comme image? Est-ce là, vraiment, ce que nous souhaitons tous? Est-ce là, vraiment, la meilleure des solutions, celle que vous jugez la plus à même de porter vos idées, vos idéaux? Je condamne, fermement, toute action violente. Il convient donc de trouver une solution rapide, tout en poursuivant les échanges avec les étudiants et personnels de l’Université de Provence, mais pas ainsi. Je comprends toutefois que face à l’inertie apparente, certains s’engagent dans des voies qu’il est aisé de condamner. Or, ce n’est pas un renoncement que de poser les fusils et les remplacer par des mots. Ce n’est pas un renoncement que de dire qu’après tout, maintenant, les conditions d’un vrai débat, d’un échange constructif sont réunies et, qu’ensemble, nous trouverons des solutions bien plus efficaces aux problèmes rencontrés par l’Université, bien plus efficace déjà que nous livrer une guerre dont les victimes sont ceux que nous prétendons défendre.
Je vous propose donc de nous rencontrer lundi 11 mai et de trouver des solutions de première nécessité, lesquelles devront garantir un environnement de négociations sain et respectueux de toutes les positions en présence.
Vous remerciant par avance et ne doutant pas de la considération toute particulière qui sera offerte à ma requête, je vous confie non pas mes meilleurs espoirs mais ceux de toute l’Université, celle là même qui souffre tant de voir ses fils se battre sans raisons réelles.

N. M. d. F.

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