Lu dans la Gazette de Côte d’or 22/11/07

Par UNI Archives

Le 22 mars 2007 à 15h39

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Modèle ou parodie de démocratie ?

Lors de la dernière assemblée générale, une large majorité d’étudiants a voté contre la poursuite du blocage du bâtiment Droit-Lettres de l’Université de Bourgogne. Pour autant, le vote lors de ces AG pose question.
Difficile de comprendre un mouvement étudiant pour qui ne suit pas le déroulement d’une assemblée générale. Véritable Agora estudiantine où toutes les opinions sont a priori libres de s’exprimer même si cela n’exclut pas la manipulation, la désinformation ou les attaques sans discernement contre le camp adverse. Toute AG étudiante qui se respecte et cela depuis le mouvement étudiant de mai 68 ne saurait se parachever sans un vote à main levée. Et c’est là que le bât blesse. Pour les uns ces votes ne sont qu’un simulacre de démocratie.

La première AG étudiante du mardi 13 novembre dernier tenue à l’initiative du collectif contre la loi Pécresse s’est terminée par un vote qui aurait donné une majorité pour le blocage du bâtiment Droit-Lettres de l’Université de Bourgogne (UB). Or, de l’avis de nombreux observateurs à l’instar de Sophie Béjean, présidente de l’UB, « il était difficile d’établir une conclusion nette de ce vote car les étudiants étaient extrêmement partagés ».
Du coup, un nombre croissant d’étudiants syndiqués ou non se prononcent pour un vote à bulletin secret avec liste d’émargement. Simon, étudiant en première année de droit : « le vote de cette AG s’est déroulé durant les heures de cours. Or l’administration devrait suspendre les cours pour que chaque étudiant puisse y assister. Sinon, c’est faire le jeu des bloqueurs.
Je ne comprends pas que depuis tant d’années, on ne soit pas capable de mettre en place ce type de vote à bulletin secret avec une question claire prédéfinie pour éviter ensuite toute contestation du vote. »
Des arguments que partagent la FED (fédération des étudiants de Dijon), structure de représentation majoritaire au sein de l’UB et l’UNI qui a lancé le collectif Stop la Grève.
Sylvain Comparot, président de la FED : « Nous sommes contre le blocage car nous sommes pour la liberté d’étudier de chacun. C’est pourquoi, nous avons demandé à la présidente de l’UB de mettre en place une consultation avec liste d’émargement et bulletin secret par bâtiment. Le problème est qu’on ne peut pas discuter des modalités du vote avec le collectif pour l’abrogation de la loi car, pour eux, seul le vote à main levée est légitime ».
Jean-Baptiste Mandron, président de l’UNI va plus loin : « C’est à la présidente d’assurer la liberté de circuler et d’étudier dans l’UB. Ce qu’on veut avec le collectif Stop à la Grève qui regroupe tous ceux qui refusent le blocage, c’est récupérer notre liberté d’étudier ».
Si la présidente de l’UB, Sophie Béjean, condamne le blocage « car c’est un moyen d’action illégal », elle n’a pas pour autant à organiser un vote à bulletin secret. « Si je suis sollicitée par les représentations étudiantes, je peux mettre à leur disposition les moyens d’un tel vote mais en aucun cas l’organiser. Car, s’il y avait un vote majoritaire pour le blocage, je serais alors obliger de le cautionner. C’est aux étudiants à mettre en place les modalités de ce type de vote ».
Du côté du collectif pour l’abrogation de la loi Pécresse et des syndicats UNEF et FSE, on se montre clairement opposé à un vote à bulletin secret. Elodie, membre du collectif : « Les AG avec vote à main levée s’inscrivent dans la tradition du mouvement ouvrier et étudiant. Et ce sont les seules souveraines. Le blocage est le seul moyen de libérer du temps aux étudiants et d’avoir un débat sur la loi. Pour nous, le débat sur la loi Pécresse est plus important que le blocage. Et si les cours continuent, les étudiants se mobilisent moins ».
Et le président de l’UNEF, Charly Janodet d’enfoncer le clou : « Pour nous, il ne peut y avoir d’AG sans débat. On boycottera toute AG à bulletin secret ».
Finalement, ça ne sera pas la peine au vu du résultat du vote de l’AG de mardi dernier où une majorité claire et indiscutable s’est prononcée contre la poursuite du blocage.
Tout est bien qui finit bien. Partisans et opposants au blocage louent le sens des responsabilités de chacun. Tous ont pu s’exprimer librement et la démocratie a triomphé. En attendant le prochain round, dès aujourd’hui, puisque le collectif pour l’abrogation de la loi Pécresse a convoqué une nouvelle AG. Et non plus à 10 h mais à midi.

par Xavier Gauthier – 22/11/2007

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