Lu dans le BP du 03/07/07

Par UNI Archives

Le 3 juillet 2007 à 9h52

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Université : Le projet de réforme sur la sellette

A Dijon, plusieurs syndicats envisagent de lancer des actions afin d’obtenir le retrait du projet de loi sur l’autonomie des universités. La réforme inquiète les étudiants et les enseignants, mais la mobilisation s’annonce assez compliquée… pour cause de vacances.

L’amphi-théâtre Roupnel de l’Université de Dijon semblait démesurément grand hier, à l’occasion de l’assemblée générale des syndicats d’enseignants et étudiants, à propos de la réforme des universités.
Peu de mobilisation
Seulement une dizaine de personnes y avaient pris place… « C’est les vacances ! » lançait l’un des participants, déçu du si peu de mobilisation, tandis que Danièle Patinet, responsable Snasub-Fsu (personnels Biatoss) et Marc Neveu, secrétaire académique Snesup-FSU (enseignants-chercheurs) rappelaient que plus d’une centaine de personnes avaient afflué vendredi matin lors de la préparation des assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche ; et que l’on y avait débattu pendant trois heures du même sujet.
Une synthèse, traduisant l’état d’esprit général, a été rédigée…
Ce document, soulignant un certain nombre d’inquiétudes doit être adressé au Rectorat et à la Préfecture demain, jour où le Ministre de l’enseignement et de la recherche Valérie Pécresse présentera son projet de loi sur l’autonomie des universités en Conseil des ministres.
« Une autonomie… de façade »
« La quasi-unanimité des personnes présentes, excepté les représentants de l’Uni, considère que l’autonomie n’est qu’une autonomie de façade », dénonce Marc Neveu.
« On met en cause les missions fondamentales des universités en les faisant dépendre des besoins des entreprises locales ! »
Et d’ajouter : « Les petites et moyennes universités, comme celle de la Bourgogne, seront réduites à des collèges universitaires…
Seules les universités riches, en Ile-de-France, en Rhône-Alpes et en Alsace, auront des moyens.
Les filières non économiquement rentables risquent de disparaître, ce qui nuira à des universités pluridisciplinaires comme la nôtre…»
Un choix de société
Autres interrogations, le problème de gouvernance ; à ce titre, le renforcement des pouvoirs du président « qui n’appartient plus forcément à la communauté des enseignants-chercheurs…» est considéré comme dangereux ; la diminution de la représentation des étudiants et des personnels Biatoss (ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers) est critiquée.
Pour Stéphane Kotovtchikhine, ancien vice-président de l’université, il y va d’un « choix de société ».
Il évoque le risque d’augmentation, à court terme, des frais d’inscription, pour créer des revenus aux universités. Et de comparer avec des systèmes en vigueur à l’étranger.
Aux Etats-Unis, un étudiant rembourse parfois toute sa vie les emprunts qu’il a contractés pour payer ses études.
Une enseignante chinoise a pris la parole pour témoigner, dire que dans son pays les frais d’universités s’élèvent à plus de dix fois le salaire moyen : « Eux aussi sont passés par l’autonomie. »
Des actions à la rentrée
Bref, les inquiétudes, y compris celles concernant les statuts des personnels, sont au cœur de plus vives préoccupations.
Deux représentants de l’Unef de Dijon, participant hier à la rencontre, ont indiqué qu’ils engageraient des actions dès la rentrée pour aboutir à un « retrait du projet de loi ».
« Mais beaucoup d’étudiants ne voudront pas s’investir le jour de la rentrée », ont-ils également objecté…
En attendant, chacun a décidé de se lancer dans une « grande opération de sensibilisation ».
A suivre.
A.-F. BAILLY

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