L’université fait ses comptes

Par UNI Archives

Le 12 août 2007 à 18h36

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Réforme générale de l’Enseignement supérieur et projet local de fusion des Universités du Campus strasbourgeois agitent actuellement le monde plus ou moins feutré de l’Académie de Strasbourg.

Un article général de présentation des trois entités universitaires de Didier ROSE, paru le 26 juin dernier dans les D.N.A., permet de prendre la mesure du poids humain et financier des établissements supérieurs principaux à Strasbourg…

« Les universités d’Alsace disposent, par étudiant, d’un budget annuel de 6500€, largement dépendant des subsides de l’Etat. Les seuls salaires des personnels à sa charge représentent 54% de cette somme. Chaque étudiant verserait en moyenne 270 euros d’inscription par an.

En voilà un travail qui tombe à point nommé ! Au moment même où le gouvernement parle gros sous, un album de chiffres-clés des universités d’Alsace a été livré par l’Observation régional de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnel des etudiants (ORESIPE). Bel exercice de statistiques appliquées au monde de l’enseignement universitaire. D’où ressortent quelques constats souverains.

1. L’université attire

Ensemble, les quatre universités d’Alsace totalisent la bagatelle de 48000 étudiants : soit l’équivalent de la population réunie de deux villes comme Schiltigheim et Bischheim.

> L’université Louis-Pasteur (ULP) est la plus grande : 18000 étudiants, soit une ville comme Sélestat ou presque comme Saint-Louis.

> L’université Marc-Bloch (UMB) suit : 12000 étudiants, soit une entité de la taille de Guebwiller.

> L’université Robert-Schuman (URS) totalise 10000 étudiants, soit l’équivalent de Molsheim.

> L’université de Haute-Alsace (UHA) compte 7500 étudiants, soit une ville comme Thann.

L’ULP et l’URS ne cessent d’attirer de nouveaux étudiants tandis que l’UHA baisse légèrement et que l’UMB recule un peu plus franchement. Au total, l’université attire davantage, en Alsace, que dans le reste de la France : ses effectifs globaux (+ 0,8% l’an dernier) progressent plus vite que la moyenne nationale.

2. Plutôt une fille, plutôt d’Alsace

Les étudiants sont plutôt des étudiantes en Alsace : elles représentent 56% des inscrits. Elles sont sur-représentées dans les langues (73%), les lettres et arts (69%) ou encore le droit et sciences-po (63%). Chute libre en revanche dans les sciences dites « dures » : elles n’y sont que 26%.

Près de 70% des étudiants en Alsace ont obtenu leur bac dans la région (et même 78% à l’UHA, qui a un recrutement clairement plus local).

Un étudiant sur cinq n’est pas de nationalité française, près de la moitié d’entre eux étant originaires d’Europe. Un tiers des étrangers vient d’Afrique.

96% des étudiants sont localisés à Strasbourg (75% à elle seule) ou Mulhouse. Viennent ensuite par ordre décroissant Illkirch, Colmar, Schiltigheim et Haguenau.

3. 144 millions d’euros… plus les salaires

L’Etat ajoute 168 millions d’euros de frais de personnel aux 144 millions de budget des universités alsaciennes, soit 312 millions au total.

Par étudiant, le coût moyen d’une année est de 6500 euros, avec de fortes disparités suivant les filières. Cette enveloppe par étudiant est de :

– 10000 euros à l’ULP,

– 5600 euros à l’UHA,

– 4200 euros à l’URS,

– 3900 euros à l’UMB.

D’où il ressort que les sciences des chiffres consomment davantage en moyenne que les lettres ou le droit, par exemple.

Au total, les quatre universités emploient plus de 6600 personnes, des enseignants dans plus d’un cas sur trois. L’université Louis-Pasteur concentre à elle seule 60% de ces effectifs salariés.

4. Des ressources propres minoritaires

Hors les salaries payés par l’Etat et les dotations officielles de fonctionnement ou contrats pluriannuels, les universités d’Alsace ont des ressoures propres. Mais elles demeurent trop limitées pour assurer leur financement. 31% du budget hors salaires provient :

– des contrats de recherche (13 millions d’euros par an pour 107 unités) ;

– de la formation continue (9 millions) ;

– des prestations de services (9 millions) ;

– des droits d’inscriptions, que l’on peut évaluer en moyenne par an à environ 270 euros par étudiant, avec de fortes disparités selon les filières et les diplômes.

A noter, en complément, que la taxe d’apprentissage apporte un peu moins de 2 millions par an. La région Alsace (surtout), les conseils généraux et les autres collectivités locales financent, ensemble, 3 millions d’euros par an. »

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