Moyen-Orient : le fanatisme et l’impuissance…

Par UNI Archives

Le 1 janvier 2010 à 14h10

Image Moyen-Orient : le fanatisme et l’impuissance…

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Chronique de Alain-Gérard SLAMA, in Le Figaro du mercredi 16 décembre 2009.

Pendant que le monde -occidental, voire simplement germanopratin ?- se prenait de passion pour le discutable « réchauffement climatique » à Copenhague (pour les résultats médiocres que l’on sait !), la situation moyen-orientale n’a jamais été aussi figée, faite d’imprécations, de haine, de rancoeurs et d’ambitions recuites.

Une chronique pénétrante.


 » Tandis que les chefs d’Etat de gouvernement de la planète, réunis à Copenhauge, s’effordent de répondre au défin du réchauffement climatique, l’attention des opinions publiques se détourne du Moyen-Orient, où pourtant se déroule un conflit qui engage, lui aussi, le destin du monde. Sans doutle la lassitude s’est-elle emaprée des peuples depuis un demi-siècle que ce conflit se prolonge. Mais il s’installe en ce moment dans une impasse qui, aux approches du premier anniversaire de la révolte de Gaza, le 26 décembre, laisse craindre un nouveau conflit. Ainsi avons-nous appris que Benyamin NETANYAHOU autorisait la construction de neuf cents logements supplémentaires dans les Territoires occupés à Jérusalem-Est, ce qui représente une violation caractérisée de ses engagements. Devant une telle provocation, le président OBAMA ne pouvait faire moins que de se déclarer « consterné« . Ce qui a donné au numéro deux d’Al-Qaida, Ayman AL-ZAWAHIRI, l’occasion de dénoncer la « campagne croisée et sioniste » des Etats-Unis et des dirigeants arabes.

Au début de cette semaine, une déclaration de la présidence suédoise de l’Union européenne, appelant à faire de Jérusalem la capitale commune d’Israël et d’un futur Etat palestinien, a rendu manifeste les divisions des Européens sur le sujet. Pour couronner le tout, des colons extrémistes, hostiles au « gel » des constructions nouvelles dans les Territoires occupés, ont mis le feu à la mosquée du petit village palestinien de Yassouf, en Cisjordanie.

On ne saurait imaginer blocage plus complet. Ce blocage est d’abord le fait des deux camps antagoniste, incapables de résister à la pression de leurs formations extrémistes. C’est le résultat d’un climat de violence endémique, plus ou moins contrôlé par Israël, certes, mais qui se nourrit du bouclage de la zone de Gaza, et qui, en rendant impossible le fonctionement normal des institutions, fausse le jeu de la démocratie. C’est aussi la conséquence de l’exploitation par les deux nationalismes des ressorts du fanatisme religieux. Ce fanatisme n’est plus seulement celui des frères musulmans du Hamas, manipulés par l’Iran. Il s’étend par contre-coup dans les rangs des colons et jusqu’au sein de l’armée israélienne.

VALERY note, dans ses Cahiers, que « le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens« . Le problème est que, dans des sociétés de plus en plus fragiles, les « moyens » sont de moins en moins capables de maîtriser les « extrêmes« , en sorte que les dégâts provoqués par ces derniers deviennent vite irréversibles. Quand bien même le conflit du Moyen-Orient serait, à sa source, un heurt entre des revendications nationales, l’onde de choc propagée depuis le conflit israélo-palestinien favorise le transfert en termes religieux des frustrations sociales et la vulnérabilité aux consignes fondamentalistes des victimes de la globalisation dans les mégapoles du monde.

Rarement l’ardente obligation d’arrêter le processus qui rapproche le Moyen-Orient d’une nouvelle guerre aura revêtu un tel caractère d’urgence. Et pourtant, le blocage qui empêche de trouver une issue rencontre sa principale cause dans l’impéritie des puissances. Car enfin, les « moyens » désireux d’aboutir à la paix ne manquent ni à Ramallah ni à Jérusalem. Elie BARNAVI vient encore de le rappeler, dans un très précieux bilan, « Aujourd’hui, ou peut-être jamais. Pour une paix américaine au Proche-Orient« . Si l’on excepte le Hamas et AHMADINEJAD, qui veulent éradiquer Israël de la carte, la réalité, deux terres, deux peuples, s’impose. Elle a été reconnue par le long processus de paix engagé sous CARTER à Camp David et repris sous CLINTON en 2000. Ce processus a certes échoué, pour des raisons qui tiennent à l’éclatement de la société paelstinienne et aux maladresses des dirigeants israéliens. Mais des éléments d’accord ont été acquis sur ces points entre Israéliens et Palestiniens. Même les sujets les plus litigieux ont fait l’objet d’avancées, comme la reconnaissance du nouvel Etat palestinien et de ses frontières, la rétrocession des colonies en dehors des blocs annexés le long de la Ligne verte, le problème de Jérusalem, la question des réfugiés palestiniens et le statut du Golan syrien indispensable à la sécurité d’Israël et dont RABIN s’était engagé à se retirer.

La solution du problème israélo-palestinien passe par la mise en place d’une force d’interposition, militaire et civile internationale, qui seule permettrait aux négociations entre les deux partenaires-adversaires de se poursuivre dans la paix. Compte tenu de la faiblesse de l’Union européenne, on attendait d’OBAMA une initiative dans ce sens. Son inertie dans ce domaine a beau s’expliquer en partie par ses difficultés intérieures, la déception qu’elle provoque est un terrible aveu d’échec. Comment espérer en effet que la communauté internationale s’entende sur les réponses à apporter à la crise financière et écologique mondiale, quand elle n’est même pas capable de rétablir la paix sur territoire trente fois plus petit que le Texas ? »

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