Notre porte-parole Clément répond au journal Les Echos Start « Les diplômes 2020 auront-ils une valeur ? Non »

Par UNI Archives

Le 16 avril 2020 à 13h18

UNI

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La crise sanitaire que nous traversons est une situation totalement inédite pour les établissements d’enseignement supérieur, elle va remettre en cause la valeur des diplômes. En effet, des universités fermées jusqu’en septembre, une “continuité pédagogique” difficile à mettre en œuvre à cause de la fracture numérique mais aussi et surtout à cause de l’incapacité de nos universités à avoir des outils numériques performants, la suppression des partiels en présentiel et la mise en place d’examens à distance vont rendre suspectes les notes obtenues dans de telles conditions d’attribution.

Les pétitions qui circulent pour demander l’annulation des partiels ou une moyenne de 10 pour tous, sont des demandes récurrentes de la part de l’Unef et de Solidaires (une fédération de syndicats étudiants français de la gauche radicale) puisqu’ils réclament cela après chacun de leur blocage d’université…

Ces demandes, au-delà du fait d’être totalement absurdes et de représenter un véritable nivellement, sont surtout non-réglementaires.

Il faut rappeler qu’une note, quelle qu’elle soit (10/20, 15/20) ne peut être accordée par défaut, ni à un enseignement, ni à un semestre. Une note doit correspondre à une évaluation d’un travail fait. Un jury doit délibérer sur des notes qui lui sont soumises par les enseignants en se basant sur les copies des étudiants. Si une note était accordée sans s’appuyer sur une copie d’examen la justifiant, la décision du jury pourrait être attaquée pour vice de forme et de fond devant un tribunal administratif.

De plus, la mise en place de ces dispositions pénaliserait en premier lieu les étudiants issus de milieux modestes et serait synonyme de “diplômes au rabais” comparé aux années précédentes mais aussi à venir.

Faute de pouvoir passer les examens en présentiel, la valeur des diplômes et des notes va reposer sur des partiels à distance. Cela signifie qu’il existe un très fort risque de fraude et une belle générosité de la part de certains enseignants sur l’attribution des notes, remettant ainsi en cause la crédibilité des diplômes. Les universités devraient être capables d’assurer la sécurisation de la procédure, de l’identité de l’étudiant qui compose, du sérieux de l’épreuve, du niveau des étudiants, etc. Aujourd’hui la majorité des universités en sont incapables et donc obligées d’assister impuissantes à la dévalorisation de leurs diplômes.

Les étudiants diplômés cette année seront confrontés à deux difficultés majeures pour trouver un emploi. Tout d’abord la crise économique qui suivra cette crise sanitaire impactera directement les jeunes diplômés. Deuxièmement les employeurs ont et auront des inquiétudes quant au niveau des diplômes de 2020 mais aussi quant au niveau de tous ceux délivrés ces deux dernières années. Depuis 2018, les années universitaires sont marquées par des grèves (contre la loi orientation et réussite, par exemple) et des blocages à répétition (contre la plateforme Parcoursup, notamment). Selon moi, ces événements ont perturbé les cours et ont sûrement porté atteinte à la qualité de l’enseignement. Le niveau général des diplômés depuis 2018 mérite donc d’être remis en question.

Retrouvez l’article ➡ https://start.lesechos.fr/apprendre/universites-ecoles/les-diplomes-2020-auront-ils-une-valeur-1195157?xtor=CS2-12

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