Parlement européen (I) : quelles alliances ?

Par UNI Archives

Le 19 décembre 2009 à 11h50

Image Parlement européen (I) : quelles alliances ?

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Notre ami Geoffroy DELCOURT a compilé un ensemble d’articles et informations relatifs au Parlement européen et au fonctionnement des institutions européennes.

Remaniés au début du mois de décembre 2009, nous publions à nouveau ces articles au fur et à mesure de leur mise à jour indispensable du fait des derniers développement de l’actualité…

Ci-dessous un premier article sur l’assemblée sortante avant les élections de juin 2009. Un constat clair sur le fonctionnement alambiqué de ce cénacle peu connu à tort en France !

« Dans toute assemblée démocratique, une majorité (un parti ou une coalition de partis) cohabite avec une ou des oppositions. Au Parlement européen aussi. Mais avec d’infines variantes…

Une vraie majorité politique n’existe pas, et n’a jamais existé dans l’hémicycle de Strasbourg.

Avec 288 députés sur 785, le Parti Populaire Européen (PPE) dont font partir les CDU/CSU allemands et l’UMP française, était le groupe le plus important de la législature sortante. Avec, il est vrai, les Conservateurs britanniques qui, dès juillet, quitteront le PPE pour sans doute prendre la tête d’une formation eurosceptique.

Depuis les élections de 1979, le PPE et les socialistes du Parti Socialiste Européen (PSE) sont les partis dominants, suivis par les libéraux de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ALDE), dont sont membres les MoDem français. Numériquement, ces « libéraux-sociaux » constituent un « groupe charnière » et avaient d’ailleurs durant la législature 1999-2004 partagé la présidence de l’assemblée avec le PPE. Mais ces libéraux laïcs et fédralistes sont à la tête de tous les combats politiques. Voilà pourquoi la cohabitation avec l’ALDE et le PPE où -surtout depuis l’élargissement à l’Est- siègent des élus très conservateurs, est difficile. En même temps, dans les questions économiques, tout oppose libéraux et socialistes…

Curieusement, c’est entre le PPE et le PSE que les atomes semblent les plus crochus dans le pragmatisme du quotidien. Il est vrai que jusqu’à présent le groupe PPE était présidé par l’Alsacien Joseph DAUL totalement appuyé par les 49 députés CDU/CSU allemands, et le PSE par l’Allemand Martin SCHULZ. Or, à Berlin, CDU/CSU et SPD forment la coalition gouvernementale. Le copromis à l’allemande est en quelque sorte reporté au niveau européen. Ce qui n’empêche pas d’âpres négociations et quelques beaux coups de gueule dans l’hémicycle.

A l’exception des Verts europhiles, les autres groupes pèsent peu.

Les souverainistes « modérés » de l’Union pour l’Europe des Nations ‘UEN sont divisés en tendances antagonistes, de même que les souverainistes plus « intégristes » de Indépendance et Démocratie (IN/DEM) dont beaucoup flirtent avec l’extrême droite déclarée. Cette dernière, malgré quelques tentatives, a été incapable de former un groupe durable car toujours en proie auw querelles de personnes et de chapelles…

Reste l’extrême gauche de la Gauche Unitaire Européenne (GUE). Elle rassemble elle aussi des éléments disparates avec des progressistes, des communistes modérés comme Francis WURTZ, et d’autres sortis tout droit du « Jurassic Park » d’avant la chute du Mur de Berlin de 1989.

Cette constellation pourrait changer avec les élections de juin. Les pronostics tablent sur une extrême gauche plus importante, la percée d’un rassemblement d’eurosceptiques mené par les Conservateurs britanniques, et l’élection de plusieurs députés nationalistes ou d’extrême droite. Ils seront d’autant plus incapables de s’unir que les règles de formation des groupes vont changer (voir l’article en rapport). Ces députés siègeraient alors en tant que « non-inscrits », sans influence autre que celle du droit de parole.

Mais, malgré des glissements de sièges, l’ossature du Parlement ne devrait guère bouger autour du PPE, du PSE, des Libéraux et des Verts.

C’est au sein de cette grande alliance de circonstance que sont prises les décisions en fonction d’au moins trois « majorités » : la majorité politique (clivahe droite-gauche), la majorité europhile (le vote le plus « européen) et la majorité sociétale. Et entre ces trois majorités, que de compromis possibles, de surprises, aussi ! On a vu récemment les UMP français votre contre leur groupe, avec la gauche et les Verts, sur un texte d’origine polonaise voulant définir la famille… avec la femme confinée au foyer.

Enfin, sauf pendant la législature 1999-2004, PPE et PSE se sont toujours partagé la présidence de l’assemblée, deux ans et demi pour chaque groupe. Mais la règle n’est pas fixée… »

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