Qui a peur des réformes ?

Par UNI Archives

Le 7 octobre 2005 à 16h11

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Avant-Propos : QUI A PEUR DE LA REFORME ?

« Soyons honnêtes. La confusion perceptible à Berlin, après les élections de dimanche a de quoi nous faire sourire, nous ,vieux pays latin, souvent agacé par la logique imperturbable et les constructions impeccables de nos voisins allemands. Pourtant, même dans l’impromptu que nous jouent à leur corps défendant les duettistes Angela et Gerhard, il est des leçons à méditer de ce côté-ci du Rhin. D’abord, les réformes. Si l’on garde en tête que les éléments les plus fondamentaux de l’Agenda 2010 [N.D.UNI. : les programme de réforme du SPD], présentés par le chancelier sortant (réforme de la santé, des retraites, réduction de la durée des indemnités de chômage, baisse de l’impôt sur le revenu…) ont été votés avec le soutien des Verts et de l’opposition chrétienne-démocrate et libérale, ce sont 87% des Allemands qui ont validé leur principe. Soit exactement le deux fois plus que la proportion de Français qui avaient, par exemple, soutenu le projet de Constitution européenne. Là où les avis divergent, c’est sur le rythme des réformes de l’Etat providence. A Nicolas SARKOZY en particulier de méditer l’insuccès d’Angela MERCKEL, très desservie par l’irruption à ses côtés dans la campagne de l’idéologue de la flat tax, Paul KIRCHOFF.

Ensuite sur la gauche. Les spécialistes français de la culture d’opposition au sein du Parti socialiste ont tort de se réjouir des 9% obtenus par Die Linke, le parti « de rupture » auquel s’est rallié Oskar LAFONTAINE. Car ce score s’est construit essentiellement sur le désarroi des populations de l’Est, où le rival de Gerhard SCHRÖDER a concentré 25% des suffrages. En revanche, à l’Ouest, il n’en a recueilli que 4%. Mais les 54 députés ainsi engrangés sont bien ceux qui font défaut au parti social-démocrate pour continuer à gouverner. Ainsi se vérifie une fois de plus ce constat, que les « nouveaux socialistes » français devraient ne pas oublier : c’est la gauche qui a fait battre la gauche.

Enfin, dernière leçon, sur la différence entre les hommes politiques et les hommes d’Etat. A aucun moment Gerhard SCHRÖDER n’a cédé à la tentation de la démagogie, même quand les scrutins des élections intermédiaires des Länder étaient dévastateurs pour son parti. Capable de faire la différence entre ces éruptions protestataires et les vrais enjeux électoraux, il n’a pas eu la tentation d’aller racoler à sa gauche pour construire une majorité bancale, et contraire à ses convictions. Peut-être va-t-il le payer demain ? Mais, cher Laurent FABIUS, même en politique, la fin ne justife pas toujours les moyens. »

Vincent BEAUFILS.

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