Rennes II, ou le mythe de la Commune.

Par UNI Archives

Le 15 novembre 2007 à 21h45

Image Rennes II, ou le mythe de la Commune.

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Dans tout mouvement de contestation, les leaders cherchent des références pour s’appuyer sur des exemples d’actions à suivre. En général, bien souvent ce fut la révolution d’Octobre 1917, mai 68, les mouvements de 1995 ou encore la mobilisation de 2006 lors du CPE. Toutefois, les étudiants de Rennes II semblent dépassés, dans le temps et les idées, leurs camarades dans les références historiques pour alimenter leur mouvement. Ainsi, sur le fronton du bâtiment B du campus de Villjean de Rennes II, pouvons lire, écrire à la bombe de peinture, « Vive la Commune ». La Commune de Paris de 1871 annonce les grandes révolutions victorieuses du XXe siècle, qui d’ailleurs s’en réclament explicitement. Marx, opposé tout d’abord à une révolte armée des ouvriers de Paris, se rallia, après la journée du 18 mars, à la Commune. Lénine, parlant des événements de 1917 en Russie, rapprochait les soviets de l’organisation de la Commune de Paris : la source du pouvoir n’est plus dans des lois préparées par un Parlement, « mais dans l’initiative venant d’en bas », des masses populaires. À la suite de Marx et de Lénine, Mao Zedong et Fidel Castro se sont ralliés à ces analyses de la Commune et en ont tiré les principes de leur action révolutionnaire, le fondement de leur pouvoir totalitaire. Premier pouvoir révolutionnaire prolétarien, la Commune de Paris a, en 70 jours d’une existence tumultueuse, symbolisait en réalité l’égalitarisme liberticide.

Sur le point des méthodes, les étudiants semblent s’être mieux imprégnés des idées de Jules Vallès, de Proudhon ou de Bakounine que de nos auteurs. Point commun encore, entre les étudiants qui dégradent leurs propres universités (tags, bris de verre, vols de matériels, portes des amphis du XIXe siècle enfoncées, livres rares brûlés…), et les Communards qui détruisirent l’Hôtel de Ville, le Palais de Justice dont la Sainte-Chapelle, le Palais des Tuileries… Seul le Louvre échappa à la destruction grâce à l’intervention de Gustave Courbet. Paraphrasant l’abbé Grégoire, nous dirions que ce sont des Vandales à l’image de leur référence.

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