Rentrée universitaire 2003 : les chantiers du Ministre

Par UNI Archives

Le 24 octobre 2003 à 0h00

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« Calme ». C’est ainsi que Luc Ferry, ministre de l’Éducation nationale, a qualifié cette rentrée universitaire 2003 lors de la conférence de presse du 22 octobre. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’année sera placée sous le signe de l’apathie. En présence notamment de Josy Reiffers, Jean-Marc Monteil (DES) et Claudine Peretti (DEP), le ministre a expliqué ce que seront les grands chantiers de l’année à venir.

Des effectifs en hausse.
En liminaire, Luc Ferry a tenu à rappeler quelques chiffres. Une bonne nouvelle : Les établissements accueillent, en 2003, 22 000 étudiants de plus qu’en 2002. Concernant les étudiants étrangers, le ministre a admis que la France avait « des progrès à faire ». L’hexagone accueille seulement 9 % des jeunes venant étudier à l’étranger contre 14 % pour l’Angleterre et 28 % pour les USA. Luc Ferry compte bien sur le Conseil National des Étudiants Étrangers pour combler rapidement ce retard. « Les universités françaises ne prennent pas du tout ces étudiants en charge, ils sont livrés à eux-mêmes. » a-t-il constaté. Il a par ailleurs indiqué, que « d’un point de vue personnel », un effort serait à fournir particulièrement à destination de pays tels la Chine, le Brésil ou la Russie.

Autre point cher au ministre : une université qui a les moyens de ses ambitions. C’est pourquoi Luc Ferry a annoncé, dans le cadre de la loi des finances 2004 un redéploiement de l’enseignement scolaire vers l’enseignement supérieur afin d’augmenter de 100 millions d’euros les crédits de fonctionnement et d’investissement.

Le ministre a ensuite détaillé les chantiers poursuivis ou entamés pour cette nouvelle année universitaire.

LMD, autonomie et accompagnement social.

L’harmonisation des diplômes est, bien entendu, au cœur des préoccupations de la rue de Grenelle. Un domaine dans lequel la France serait « plutôt en avance » selon le ministre. 28 universités basculent cette année dans le LMD (Licence Master Doctorat) a-t-il rappelé. Et de répéter les enjeux liés à une telle réforme : la mobilité des étudiants et des chercheurs en Europe, relever le défi de la concurrence, notamment américaine et entrer dans une logique de constitution de pôles d’excellence européens.

L’autonomie des universités a également été à l’ordre du jour. Luc Ferry a rappelé que celle-ci ne signifiait en aucune façon un désengagement de l’État. Il s’agit de « libérer les universités d’un certain nombre de verrous. » La construction d’un modèle européen, véritable alternative au modèle américain, constitue l’une des fins du projet.

Lors de son intervention, le ministre a tenu à « tordre le cou » à une rumeur tenace selon laquelle petites universités et antennes universitaires se verraient petit à petit supprimées. « Ce n’est pas dans les projets du ministère, bien au contraire »a martelé Luc Ferry. Il a en revanche insisté sur la mutualisation des moyens entre établissements, évoquant l’exemple strasbourgeois pour illustrer son propos.

Quant à l’évaluation des universités, elle devra être renforcée. Le ministère compte mettre en place des procédures d’aide à la gestion des établissements.

Autre dessein phare : l’accompagnement social des étudiants. L’attention sera particulièrement portée sur la question du logement. Luc Ferry a rappelé son ambition de réhabiliter 7 000 habitations par an. 5 000 le furent l’an passé. Un chiffre un peu en deçà des vœux du ministre, expliqué non pas par un manque de crédit mais par des retards dans les travaux. La création de cellules de logement étudiant dans chaque académie serait effective et on y constaterait de « bons résultats ». Le ministre a également rappelé qu’il avait obtenu l’annulation de l’application d’un décret pénalisant les jeunes vivant en couple et les étudiants de moins de 25 ans. Quant à la lutte contre l’échec scolaire en premier cycle, elle continue à mobiliser l’équipe ministérielle.

La réforme des droits à Sciences Po : une initiative « légitime et courageuse » selon le ministre.

Interrogé sur le rapport Belloc sur les enseignants-chercheurs, Luc Ferry dit attendre que la discussion s’engage. Le document est encore à l’étude chez les experts du ministère.
Concernant le rapport Debouzie, il a réaffirmé sa volonté de voir réformer la première année d’étude de médecine. Le ministre s’est déclaré favorable à une première année commune à toutes les formations de santé. Quant à la médecine générale, « elle doit devenir une spécialité comme les autres » a indiqué le ministre à la presse.

Revenant sur la réforme des droits de scolarité souhaitée par le directeur de Sciences-Po, Richard Descoings, Luc Ferry a qualifié son action de « légitime et courageuse » tout en reconnaissant que « ce que fait Sciences-Po ne vaut pas forcément pour les universités ». Le ministre a indiqué qu’il réservait la question des droits de scolarité universitaires pour l’année prochaine.

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