Résultats des élections européennes : une abstention record et une percée des droites

Par UNI Archives

Le 8 juin 2009 à 20h43

UNI

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L’UNI, qui a organisé un congrès de l’European Democrat Students (EDS) en avril à Paris, trouve le résultat de dimanche encourageant pour poursuivre la politique européenne de l’enseignement supérieur, et appelle le nouveau Parlement Européen à amplifier la mobilité des étudiants, bientôt 10 ans après le lancement du processus de Bologne.


Le 7 juin ont eu lieu les élections européennes pour élire les députés qui siègeront au Parlement Européen. Ce ne sont pas moins de 375 millions d’électeurs qui ont été amenés à se prononcer. Les résultats reflètent deux grandes tendances en Europe : Une abstention marquée, et la poussée des droites.

1 : Une abstention record

C’est la tendance la plus nette qui puisse être observée : 57.06% des électeurs se sont abstenus. C’est 2.23 points de plus qu’en 2004.

Les pays les plus abstentionnistes sont à chercher à l’est, avec la palme pour la Slovaquie, dont la participation électorale n’excède pas les 19.64%. (Tout en améliorant les 16.97% de 2004)

Il y a un « ventre mou » de pays où la participation est comprise entre 40 et 50 points, tandis que le pays le plus civique est le Luxembourg (91%), suivi de près par la Belgique. (90.39%) Une hypothèse plausible pour expliquer cette forte mobilisation reposerait sur la proximité géographique des plus grandes institutions européennes.

2 : La percée des droites

La Social-démocratie européenne subit un recul très conséquent : Elle enregistre des défaites dans tous les pays membres, à l’exception de la Suède et de la Grèce. Cela dit, même en Grèce la répartition n’est pas si tranchée, avec 9 sièges pour le PSE contre 7 pour le PPE, 3 pour l’extrême gauche et 2 pour l’extrême droite.

En revanche deux pays présentés comme « roses » envoient au final plus de députés au PPE qu’au PSE. Leur classification à gauche découle du fait que le parti dominant est un parti de gauche. Cependant, la division des partis de centre-droit n’empêche pas ceux-ci d’obtenir plus de sièges que le seul parti de dominant.

En Slovaquie, le SMER (gauche) arrive en tête avec 37% des suffrages, mais la droite, divisée entre 2 partis chrétiens-démocrates, 1 parti populiste, et 1 parti extrémiste, envoie 8 députés de droite dont 6 inscrits PPE au Parlement contre 5 inscrits PSE pour le SMER.

En Roumanie, les ex-communistes arrivent très légèrement devant le PDL, (centre-droit), mais le parti ethnique hongrois UDMR ainsi qu’un parti indépendant envoient leurs députés à Bruxelles sous l’étiquette PPE. Un parti ultranationaliste envoie encore un député. Au final, cela fait 14 élus inscrit PPE contre 11 au PSE.

Pour résumer, Suède et Grèce mises à part, l’ensemble des pays européens envoient une majorité de députés estampillés PPE au Parlement Européen.

Autre aspect intéressant, la déroute des « grands » partis de gauche des grands pays de l’UE. Pour diverses raisons, le plus souvent d’ordre national, les formations de centre gauche ne sont pas parvenues à profiter du contexte de crise économique et sociale qui aurait dû faire prévaloir leurs thèses.

En Grande Bretagne, l’usure du pouvoir et le scandale des notes de frais ont précipité la déroute historique du New Labour de Gordon Brown. Avec 15.7% des voix, le parti au pouvoir recueille son plus mauvais score depuis…1918 !

La déprime continue pour le parti démocrate italien, qui perd 7 points par rapport au législatives de 2008.

En Espagne, le Partido Popular arrive en tête pour la première fois depuis 2004 et l’arrivée au pouvoir du PSOE de M. Zapatero. L’écart n’est cependant pas si conséquent, (38.51% contre 42.2), et la porte-parole du PSOE remarquait à juste titre que ce score est le « meilleur(s) (…) de tous les partis socialistes européens. » On peut supposer que le parti a bénéficié pour une part de la « prime de gestion de crise » que les électeurs ont semblé un peu partout accorder aux partis au pouvoir.

En Allemagne, la CDU-CSU d’Angela Merkel creuse l’écart avec le SPD. (30.7% contre 20.8) C’est une demi surprise pour un scrutin qui réussit en général bien au SPD, et un augure favorable pour Mme Merkel en vue des législatives de septembre.

On assiste en parallèle au maintien d’une certaine droite. Dans plusieurs pays des partis populistes d’extrême-droite obtiennent des élus. Le British National Party en Grande Bretagne obtient 2 sièges.

L’emblématique Geert Wilders obtient 17% des voix et 4 députés aux Pays-Bas. En Hongrie, Roumanie, Grèce, Autriche, Flandres, les listes d’extrême droite gagnent 2 sièges.

Globalement donc, les partis de droite sont les gagnants de ce scrutin très marqué par l’abstention. Les partis de gouvernement au pouvoir ne subissent pas de revers et même sortent vainqueurs, à l’exception de la Grèce. Les partis d’opposition tirent leurs épingles du jeu et devancent la gauche.

Parallèlement, certains partis emblématiques du PSE font face à des désastres, en France et en Grande Bretagne principalement, quand quasiment toute la gauche est en recul en Europe.

La conséquence sera une forme de maintien du statut quo, avec Barroso reconduit à la tête de la Commission Européenne et une nouvelle mandature dominée par les conservateurs au niveau du Parlement.


L’UNI, [[attachée aux valeurs de liberté en Europe]], trouve ce résultat encourageant pour poursuivre la politique européenne de l’enseignement supérieur, et appelle le nouveau Parlement Européen à amplifier la mobilité des étudiants, bientôt 10 ans après le lancement du processus de Bologne.

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