Société d’aujourd’hui, nation de demain…

Par UNI Archives

Le 10 août 2008 à 18h31

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Depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la notion de nation a été régulièrement combattue, et son exaltation dénoncée comme le signe d’un nationalisme dévoyé, devant mener nécessairement aux débordements guerriers des deux conflits mondiaux.

Au cours des Années Folles, puis durant les années Trente, la nation avait déjà pris, pour une partie de l’opinion publique et des partis politiques, l’aspect de la destruction et de la folie -les tranchées ayant été une expérience inouïe de ce point de vue. Mais la Deuxième Guerre Mondiale a franchi une étape supplémentaire dans la barbarie et l’outrance nationaliste, le nazisme subordonant tout à un sentiment national dévoyé au service d’une doctrine inhumaine et assassine (les Camps de la mort en étant le symbole aberrant !)…

De ce fait, et malheureusement, nation et patriotisme subirent simultanément l’anathème prononcé contre les éléments d’identification au pays et au peuple, que les communistes en particulier eurent beau jeu de présenter comme autant de symboles des fascismes. L’amour du pays devint donc suspect et l’internationalisme, politique ou intellectuel, habilement utilisé par les Soviétiques, eut les faveurs des milieux dirigeants pendant plus de trente ou quarante ans.

L’évolution politique des anciens empires coloniaux, l’intervention américaine au Vietnam, l’opposition des Blocs, furent autant d’occasions pour rejeter les identités nationales qui sont pourtant la richesse des peuples. Langue, histoire, culture, traditions et vie commune furent dénoncées comme les chaînes employées par les classes dirigeantes pour contraindre les classes populaires ou laborieuses à se couler dans le moule réducteur des sociétés capitalistes.

Car nation et capitalisme, patriotisme et économie de marché, fascisme et mode de vie américain, entre autres, furent vite assimilés et mis sur le même plan pour être mieux dénoncés, les espaces socialistes supposés non nationaux et nationalistes servant de contre-exemples lumineux.

Que n’a-t-on pas fait en son nom, la nation, et seulement du mal, toujours du mal, tout ce négatif au détriment de l’homme, alors que l’internationalisme n’a toujours été que l’occasion d’échanges, d’enrichissement et de partage ? Evidemment…

On peut s’inquiéter parfois du degré de décomposition ou d’ignorance des fondamentaux concourrant à forger l’esprit d’appartenance et la fierté d’être membre de cette nation remarquable qu’est la France. Ainsi, le détricotage systématique qu’ont subi les enseignements du français, de l’histoire et de la culture générale française depuis 1968, a eu pour effet de jeter des générations de lycéens et de nouveaux citoyens dans la confusion et la cacophonie politique et philosophique régnant actuellement. Depuis les années 1980, tous les dénonciateurs de la nation ont entrepris de réécrire l’histoire nationale au détriment des héros au profit des contre-exemples des pages sombres de notre pays ; de relativiser et d’abaisser de façon dramatique le niveau culturel des élèves et des citoyens en proclamant toute activité humaine « culturelle », et le rap aussi digne d’intérêt que la peinture de VERMEER ; ou bien encore, plus simplement, en suscitant la dénaturation et la déréliction des valeurs morales et humaines des habitants de la France, qui peuvent hésiter à se dire Français, une fois gobées les horreurs alignées contre le pays.

Mai 1968 fut en France plus qu’ailleurs l’un des moments emblématiques de ce mouvement de combat contre la nation, et ce d’autant plus que les suites données à ces événements, avec en particulier les profonds bouleversements au sein de l’Education nationale (programmes, méthodologies diverses et variées, philosophie générale de l’enseignement, nouveaux rapports enseignants-élèves, etc.), ont été considérables, et pour une bonne part déplorables. Ces modifications au sein de l’Ecole favorisèrent en même temps la lutte engagées par les contempteurs de la nation, qui purent réviser facilement les programmes dans le sens du relativisme, de la ringardisation et de la dénonciation franche du concept de nation.

Cette présentation péjorative de l’ensemble des éléments constitutifs de l’esprit d’appartenance à la nation, à la France, a accouché de la société du début du 21ème Siècle dans laquelle nous évoluons aujourd’hui, et que l’on peut souvent ressentir comme une société divisée, communautarisée, opposée, ghettoïsée et éclatée… Le bilan est parfois terrible de ses dysfonctionnements. On pourrait même penser que toute idée de nation française aujourd’hui serait devenue illusoire et dépassée.

A notre sens, tout cela est faux, rien n’est perdu ni définitif. Les très nombreux chantiers de réforme nécessaires pour relever le pays et l’Etat sont autant d’occasions de réaffirmer l’idée de nation, puisque les idées de pays et de nation sont mélées aujourd’hui de façon inextricable avec notre machine d’Etat. Ce qui a été défait peut être refait, et l’honneur du pays, l’amour de la nation française et le respect de l’Etat pourront être inculqués à nouveau au peuple français et à la jeunesse, qui en est l’avenir.

Pour ce faire, il faut tout d’abord revenir aux principes élémentaires et fondamentaux de l’éducation et de l’instruction. Education ? Que les parents reprennent leur rôle premier d’éducateurs et de responsables des actes de leur progéniture, sans plus accepter de faux-fuyants ou d’excuses pseudo psychologiques ou sociales. Une bêtise, une punition, et l’engagement de la responsabilité y compris financière des familles, sont des moyens simples de rendre aux parents autorité, droits et devoirs (ces derniers ayant été trop souvent oubliés ces derniers temps…).

Instruction ? Que l’on arrête enfin de demander aux enseignants, qui n’ont pas été formés pour cela, et qui ne veulent pas remplir ce rôle, de jouer aux animateurs ou aux assistants sociaux. Leur première tâche est de dispenser l’instruction publique et de professer les programmes nationaux d’enseignement. On aura eu soin au préalable d’expurger ces derniers de toutes les considérations pédagogistes sidérantes et parasites, qui nuisent depuis si longtemps à la cohérence et à l’efficacité des leçons des enseignants.

En même temps, l’administration devra reprendre en main son organisation et revoir sa philosophie générale, en abandonnant les idées fumeuses de co-gestion de l’école avec les parents, qui doivent être respectés mais qui doivent rester à leur place, c’est-à-dire en soutien d’une autorité enseignante refondée. La parole de l’enseignant doit retrouver sa suprématie, vis-à-vis des élèves, des collègues, de l’encadrement et de sa hiérarchie. La solidarité et l’accompagnement sont indispensables pour que les professeurs de quelque niveau que se soit se sentent armés de tous les outils nécessaires à leur métier et de la liberté indispensable à l’accomplissement de celui-ci, revalorisé.

On n’oubliera pas de préciser qu’il est faux de dire que l’enfant est capable de formuler et de créer son propre savoir ; que le travail, en particulier l’apprentissage par coeur et la répétition des exerices, est indispensable pour former son intelligence, sa culture et sa réflexion, car, avant de penser pas soi-même, il est inévitable d’avoir à penser avec et par les autres, afin de connaître ses maîtres et pouvoir modeler par la suite sa propre opinion, et son libre arbitre.

Car ne nous y trompons pas : pour redonner toute sa force à l’idée de nation, et multiplier les raisons d’en être fier et de s’en sentir le dépositaire autant que le continuateur, il faut nourrir les citoyens en devenir et les adultes désabusés à tort, en favorisant le développement culturel, économique et social de la société française. Le but doit être de cultiver les sources d’émulation et de développement personnel au sein de cette communauté nationale, aujourd’hui si éclatée !

Appartenir à la nation française, et le revendiquer avec fierté, ne peut se ressentir naturellement que si la grande communauté nationale, la seule communauté qui vaille, offre toutes les occasions de s’épanouir en son sein. Promouvoir notre culture, notre histoire, notre langue, nos traditions, favoriser la réussite de chacun, sont les moyens les plus efficaces de tisser entre les membres de la communauté nationale -nationale ! – les solidarités permettant de fusionner les différente catégories et groupes qui composent de fait notre peuple.

La gauche n’a cessé depuis trente ans de fragmenter le peuple français en sous-catégories et groupes, d’autant plus faciles à manipuler qu’ils se retrouvent spécialisés et divisés en parts plus petites. LES jeunes, LES étudiants, LES musulmans, LES homosexuels, LES fonctionnaires, existent-ils vraiment en tant que groupes constitués ? Nous pensons que non, mais que s’affirmer les représentants, auto-proclamés, de ces différents groupuscules ou catégories factices, permet de s’octroyer un pouvoir, rarement constructif mais surtout de nuisance politique, ce qui contribue à fragiliser le corps unique de la nation ou du peuple français en l’harassant de revendications égoïstes.

Il faut remettre ces groupes factices à leur place réelle, en finir avec leurs représentants par usurpation et ramener leurs revendications à leur juste mesure, c’est-à-dire l’outrance, c’est-à-dire l’insignifiance en somme. La nation rassemblée à nouveau pourra répondre aux attentes multiples et diverses de ses citoyens, lorsque ceux-ci, responsables et conscients de l’étendue de leurs moyens d’action civiques, activeront les voies légales et politiques normales pour faire connaître leurs aspirations et les besoins de la population française.

On évitera ainsi les activités démagogiques, destabilisatrices, inutiles ou outrancières qui avilissent et ridiculisent actuellement le corps politique, trop porté à répondre aux sollicitations des démagogues et de populistes de tout poil. Cela assurera la disparition salutaire des trop nombreux groupuscules agitateurs, démagogues et profiteurs, et favorisera l’émergence d’un nouveau tissu social et associatif débarassé de l’ancienne logorrhée socialiste et gauchisante. Voilà notre but au fond, et les quelques voies à explorer pour y parvenir.

Depuis quarante ans maintenant, notre Mouvement est de ceux qui luttent sans relâche pour ramener la société française à la raison et vers l’harmonie sociale, en s’appuyant sur le socle national solide dont notre pays dispose avec bonheur. Combien de pays, combien de nations jouissent-ils de tant d’un héritage si riche et de tant d’atouts culturels, économiques et politiques pour parvenir à cette saine restauration de ses valeurs substancielles ? Fort peu, et c’est pour cela que l’espoir demeure bien sûr, et que les heurts connus au cours de ces quarante dernières années ne sauraient être constitutifs que d’un accident fortuit de l’histoire de la nation française…

MOREL Philippe

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