Grand débat : Macron évite les vraies questions

Grand débat : Macron évite les vraies questions

La lettre d’Emmanuel Macron est celle d’un technocrate qui prend les problèmes par le petit bout de la lorgnette. Voilà qui n’est guère surprenant de la part de quelqu’un qui, rappelons-le, a été Secrétaire général adjoint du cabinet de François Hollande avant d’être son Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et qui, à ces titres, a largement participé, tout au long du quinquennat de François Hollande, à nourrir la colère qui explose aujourd’hui.

Ainsi, sa lettre met l’accent sur des questions accessoires : faut-il rendre le vote obligatoire ? Faut-il modifier le rôle du Conseil économique, social et environnemental ? Même lorsqu’il aborde la question sensible du nombre de parlementaires, il oublie le problème le plus important : la déconnexion inédite de sa majorité parlementaire avec la réalité du quotidien de ses électeurs.

Ce faisant, Emmanuel Macron néglige l’essentiel, montrant une fois de plus qu’il ne comprend pas le peuple français et singulièrement la France qui vit au-delà du périphérique.

Dans la lettre d’Emmanuel Macron, on ne trouve pas un mot sur la délinquance, pas un mot sur la justice, pas un mot sur les zones de non droit ou sur les poches salafistes. Pas un mot non plus sur la jeunesse, sur la crise de l’autorité à l’école, sur les révolutions technologiques qui bousculent nos modes de vies. Les solutions que les Français pourraient proposer à ces égards ne l’intéressent pas. C’est donc que, contrairement à ce qu’il dit, ces questions sont interdites. Ce ne sont pas les seules.

Une autre question interdite concerne l’Europe qui n’est aucunement abordée. Emmanuel Macron craindrait-il que les Français rejettent l’Europe hyper-technocratisée qu’il incarne, celle qui produit des directives au kilomètre, étouffant jusqu’à l’asphyxie les Français ?

En réalité, le grand débat ne pourra être utile que si le gouvernement rompt avec le mépris et l’arrogance qui, depuis deux ans, l’ont rendu sourd à toute proposition qui n’émanait pas de l’entourage immédiat du Président. L’UNI, comme d’autres, en a fait l’amère expérience à l’occasion des débats factices qui ont précédés les réformes de l’enseignement supérieur.

En résumé, Emmanuel Macron ne pose pas les bonnes questions, et, de toute façon, n’écoute jamais les réponses.

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Publié par UNI

Par l’éducation, pour la Nation.
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